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Dessau

4. CIL, XI, 5357 = CE., 1098 : «Viridi requiesce, viator, herba [, neu fuge si tecum: coeperit umbra loqui ». Sur les vivants conversant avec les morts, cf. Pagenstecher, Unteritalische Grabdenkmàler, Strasbourg, 1902, p. 123 ss., Lattimore, p. 230.

5- Dessau, 8130, cf. 8129 ss. et l'Index, p. 947. 6. Ibid., 1967 ; cf. 8139.

Mais si les modernes n'établissent plus comme les anciens la liaison permanente de rapports répétés entre les habitants des nécropoles et ceux de la cité, si, pour eux, la dépouille qui gît dans le tombeau livrée à la pourriture, ne garde aucune sensibilité, bien des usages qui s'inspirent des convictions périmées n'ont pas été abolis. Offrandes d'aliments et de boissons sur la dalle itumulaire, banquet le jour des funérailles, repas périodiques des parents sur la sépulture, fêtes générales où l'on accueille les âmes des trépassés, toutes ces pratiques d'autrefois sont restées en vigueur en bien des pays, et le folklore abonde en survivances du vieux culte des morts. Les soins rendus à la sépulture n'ont pas cessé de lui être accordés, même par des incrédules ; on continue à cultiver des plantes autour de la pierre mortuaire, à l'orner de couronnes et à allumer des lampes ou des cierges en l'honneur de celui dont les restes achèvent de se dissoudre dans le caveau funèbre. On fête le défunt à l'anniversaire de sa mort, comme de son vivant on le faisait à celui de sa naissance. Les raisons qui ont établi ces coutumes ont disparu, mais la force de la tradition les maintient. Les sentiments complexes que chacun éprouve en accomplissant ces actes rituels se diversifient suivant la mentalité des croyants ou des sceptiques. Si l'on interrogeait les foules qui viennent fleurir la tombe du soldat inconnu ou y ranimer la flamme, et qui font revivre ainsi, sans s'en douter, 'le culte antique des héros, les réponses obtenues varieraient sans doute à l'infini. Les gestes consacrés, que l'on reproduit aux funérailles ou dans les cimetières, ne sont plus, pour les esprits éclairés, qu'un moyen de manifester pieusement par des signes extérieurs leurs sentiments intimes et de marquer la durée de leurs regrets et de leurs souvenirs. Ces pratiques ont perdu pour eux la signification concrète et la portée réelle du temps lointain où l'on croyait généralement qu'un être animé des mêmes sentiments que nous et soumis aux mêmes besoins séjournait là où étaient déposés ses ossements ou ses cendres, où le mort n'abandonnait pas cette terre, qui l'avait engendré, où il restait en communion constante avec ceux qui venaient le réconforter dans sa morne demeure. Mais le commun des hommes ne peut se défendre de l'idée ingénue que sous la pierre scellée ou le tertre gazonné, la dépouille qui est l'objet de sa sollicitude y. reste sensible de quelque façon mystérieuse. Sur les foules traditionnalistes les conceptions qui régnaient aux âges les plus reculés de l'humanité n'ont pas perdu leur empire et, sans le savoir, le vulgaire demeure fidèle à cette religion ■des morts qui de toutes fut la plus primitive et la plus universelle.

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