‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 74 sur 468 · Plante, Caftiv., 998 (V, 4, i · texte numérisé non relu

Plante, Caftiv., 998 (V, 4, i

4. Rohde, tr. fr., pp. 44 ss. ; 168 ss. ; 249 s. — Nilsson, Gr. Rel., I, pp, 425 ss. ;

651 ss, ; 767 ss. ; ... :

peuples agricoles, voulait que le sein de la terre, comme les hauteurs du ciel, fussent le séjour des dieux. C'était de ces dieux chthoniens que dépendaient la croissance de la végétation et la réussite de la récolte. Ils accueillaient aussi dans leurs demeures cachées les esprits des morts qu'on inhumait. Cette croyance primitive et rudimentaire qu'on se faisait du royaume souterrain fut enrichie et. précisée par des récits qui prétendirent le décrire ' . Ces merveilleuses excursions dans les profondeurs de la terre, comme les autres fables mythologiques, durent être imaginées d'abord par la foi populaire. Certaines de ces « Catabases » ou « Descentes dans l'Hadès » furent adoptées et développées par la littérature, d'autres dédaignées ou rejetées par elle, et une minime partie en est parvenue jusqu'à nous. Les descriptions des poètes ont pu broder des arabesques autour de motifs stéréotypés : toute une floraison mythologique et théologique peupla de figures de plus en plus nombreuses le royaume fantastique qui occupait la grande caverne de la terre. Des variations infinies furent exécutées autour d'un thème traditionnel, dont toutefois même les détails furent conservés parfois avec une surprenante fidélité. La description que fait Lucien de Charon et de sa barque reproduit des types fixés au Vie siècle avant notre ère, car elle concorde exactement avec un morceau d'un vase à figures noires 2.

Le peu que nous en connaissons nous laisse entrevoir des Enfers bien différents de ceux qu'a illustrés la poésie lumineuse des Hellènes. La répulsion qu'inspire la mort hideuse et la corruption du cadavre, l'effroi que font éprouver ces abîmes ténébreux, qui engloutissent tout ce qui périt, ont évoqué dans la pensée des foules l'image d'un Hadès plein d'horreur. Ils l'ont peuplé de monstres affreux, de serpents et de bêtes féroces, épouvantement des explorateurs téméraires qui s'aventuraient dans un monde interdit aux vivants ^ Polygnote avait prêté une forme sensible à des appréhensions instinctives de la conscience populaire en figurant dans la Lesché de Delphes Enrynomos, le démon qui mange la chair des défunts et ne leur laisse que les os. Il était d'une couleur bleu-noir, celle des mouches de la putréfaction, et assis sur une peau de vautour, il montrait dans un rictus sa mâchoire menaçante*. Cette conception cruelle des Enfers ne devait jamais s'effacer entièrement ; elle s'est perpétuée comme un courant souterrain dans le folklore de la Grèce, et devait s'affirmer

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