Lucien, Philo-pseudès, 24 ; cf. Callimaque, Efigr
4. Descriptions des Enfers dans la littérature latine, Ganschinietz, l. c. [supra, p. 65, 1- 4], col. 2417 ss. j Jos. KroU, Gott und Hôlle, p. 381 ss.
y introduire un enseignement et y glisser les doctrines de la vie future qu'avait jadis formulées le pythagorisme et qui jouissaient de la faveur des Romains. Son épopée livresque combine, dans son sixième livre, deux sources, l'une mythologique, l'autre philosophique, non sans qu'il y subsiste des incohérences et même une contradiction fondamentale i. D'après la première est reproduit le décor de l'Hadès grec avec ses acteurs et figurants habituels : le Styx et son dur nautonier, Cerbère aboyant de sa triple gueule, le tribunal où Minos rend ses sentences, les deux routes qui mènent l'une à gauche vers le Tartare, prison dans laquelle sont châtiés les grands coupables des anciennes légendes, l'autre à droite vers les Champs Elysées où les élus, affranchis de tout souci, retrouvent les jouissances de leur vie passée. La philosophie, ou pour mieux dire la théologie, a enseigné à tm poète éclairé, l'origine céleste du principe spirituel qui nous anime, la purification par les éléments et la métempsycose, selon laquelle les âmes se réincarnent après avoir bu les eaux du Léthéi, qui leur enlève la mémoire de leur vie passée *.
Telle quelle, et bien que manifestement Virgile n'y ait pas mis la dernière inain, cette descente d'Énée aux Enfers a été un des épisodes les plus goûtés d'un poème populaire entre tous, et aucun ne fut dans l'antiquité plus abonldamment commentée D'admirables vers répandirent largement dans le public les notions de l'eschatologie qu'enseignaient alors les écoles. Mais ils eurent aussi une influence littéraire prolongée, et le modèle créé par un génie dont tous reconnaissaient la primauté fut imité dans les descriptions que ses successeurs tentèrent du royaume des ombres, même quand ils s'efforcèrent de rajeunir par quelque invention de leur cru un sujet riebattu. Le souvenir de la poésie virgilienne a inspiré la plaisante parodie qui raconte comment fut reçue aux Enfers l'ombre d'un moucheron tué par mégarde"*. On en reconnaît l'empreinte à l'époque des Flaviens dans les Argommiiques de Valerius Flaccus, dans la Thêbaîde de Stace^ et surtout dans les Puniques de Silius Italiens, ^ Quoique celui-ci ait imaginé une topographie toute personnelle de l''empire des morts 1, il se montre à l'ordinaire, dans la conception comme dans l'expression,
I. Boissier, Rel. romaine, II'', p. 263 ss. ; 283 ss. ; Nordcn, o-p. cit., p. 20 ss. — Cf. infra, ch. vi.
a. Cf. Maubert, R. Ph., 1928, LIV, p. 231 ss. ; Kroll, R. E., s. v. « Lethe » ; Nilsson, Eranos, 1943, XLI, p, i ss.