Tibulle, I
7. GaUetier, pp. 52 ss., 202 ss. ; 259 ss. Cf. Brehlich, Asfetti, p. 14 ss. ; Lattimore, Pp. 87 ss., 313 ss. ; G. Picard, C.R. Ac. /«.fcr., aosept. 1946. Stèle d'Albano, /«/ra, pi. IL
style versifié. Les fables grecques étaient, nous le voyons ici, devenues familières, même à des gens dont les incorrections de langage et de prosodie trahissent la médiocre culture^. Ces demi-lettrés avaient la tête farcie des morceaux récités à l'école, et ils s'en appropriaient la parure érudite. Presque absentes à l'époque républicaine, ces mentions des Enfers et de leurs habitants obligés vont se multipliant avec une fréquence croissante jusqu'au temps des Flaviens, et l'habitude d'y recourir était si fermement établie, si rigoureusement imposée par l'exemple des grands poètes, que nous voyons aux siècles chrétiens les épigrammes composées pour des trépassés continuer à répéter les mêmes lieux communs. Des âmes pieuses se sont conformées sans scrupule à cette tradition scolaire, et n'ont pas répugné à utiliser ces clichés païens, si usés à force d'avoir servi que leur empreinte première s'était effacée. En dépit de leur foi sincère, ils ne renonçaient pas à un artifice de rhétorique, dont personne n'était dupe. La poésie chrétienne devait y avoir recours jusqu'au moyen-âge^, la Renaissance et l'époque du classicisme en user et en abuser encore. Cette persistance de l'ancienne phraséologie, regardée comme poétique, indique suffisamment qu'elle ne répondait à aucune conviction religieuse. Et de fait, pour citer cet exemple, dans la vingtaine d'inscriptions latines qui mentionnent les Champs Elysées, on ne trouve exprimée aucune croyance eschatologique, sinon parfois l'idée morale très générale qu'ils sont le séjour heureux des âmes qui l'ont mérité par leur piété ^«.
La preuve la plus frappante que les fables infernales ne sont dans la poésie funéraire que des ornements de style, les oripeaux sous lesquels, des rimailleurs tardifs dissimulaient leur pauvreté, c'est qu'elles sont totalement absentes des épitaphes latines rédigées en prose, qui se comptent par dizaines de milliers;. Cette défroque littéraire dont se revêtaient les épigones est une part de l'héritage d'un formulaire de convention.
L'examen de la sculpture funéraire fortifie ces conclusions. Parmi les motifs si variés qui décorent les sarcophages ou les stèles sépulcrales, le nombre de ceux qui reproduisent des scènes , des Enfers, est si restreint que ces morceaux de sculpture forment vraiment l'exception qui confirme la règle ; et encore plusieurs des figures dont l'imagination des Grecs avait peuplé l'Hadès n'ont-elles été admises sur ces monuments qu'à cause du sens symbo-