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Platon, Phédon, 107 D

3. Boyancé, Les deux démons -personnels (R. Ph. 1935, p. 189 ss.).

4. Ch. Michel, Les bons et les mauvais esprits dans les croyances populaires (R.H. L.R., nouv. sér., I, 1910, p. 195 s.) ; Christensen, La démonologie iranienne, Copenhague, 1941, p. 71 ss.

5. Wellhausen, Reste arab. Hpidentums^, iSgy, p. 1^0; Jaussen, Arabes du pays de Moab, 1903, p. 318 ss. ; Encycl. de l'Islam, s. v. « Djmn », p. 1077.

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sur les champs et les bois, étaient les hôtes des arbres, des sources, des antres obscurs, cependant leur domaine préféré était l'air. Si les trois autres éléments •produisaient des êtres animés, qui leur étaient propres, à plus forte raison cet air, principe de vie, ne pouvait en être privé '. Ainsi naquit la croyance que les, haleines des mortels, âmes sorties de leurs corps, devenaient des démons^. Ceux-ci eurent désormais une double origine : les uns n'avaient ' jamais été soumis à la condition humaine, les autres, leur existence ici bas révolue, avaient abandonné la terre.

Cette assimilation devait avoir sur le développement des doctrines eschatologiques une influence profonde par suite de l'importance grandissante que les philosophes donnèrent à la démonologie. La croyance aux démons ou, génies était si répandue, si fortement ancrée dans la conscience populaire que les théologiens ne purent en faire abstraction ; et la spéculation philosophique, aussi incapable de l'éliminer que la foi en l'existence des dieux, dut lui accorder une place dans ses systèmes. Lorsque le siège d'une Divinité, conçue comme transcendante, eut été transporté au-delà du monde sensible, aucune communication directe ne parut plus possible entre elle et l'homme ou la nature. Les démons qui volaient dans la zone sublunaire entre les cieux et la terre, devinrent les intermédiaires qui faisaient communiquer le divin et le mortel, Platon, qui a exprimé à leur sujet des opinions singulièrement flottantes, a hasardé, dans un mythe du Banquet, une définition de leur activité qui devait agir indéfiniment sur le développement de la philosophie; postérieure comme sur celui de la religion ^ : les démons y sont présentés comme « le lien qui unit le Tout à lui-même » . Ils sont chargés de transmettre aux dieux les prières et les offrandes des humains, à ceux-ci les injonctions' et les révélations du ciel. « La Divinité ne se mêle pas à l'homme et cependant la race des démons, qui sont nombreux et de toute espèce, rend possible aux dieux le commerce et les entretiens avec les hommes, pendant la veille et pendant le sommeil » . Ce rôle des démons systématisé dans l'Académie, eii/ particulier par Xénocrate *, devint pour les Platoniciens im élément indispensable de toute leur construction cosmologique et théologique, un des trois

1. Diels, Philodemos {Abh. Akad. Berlin, 1916), p. 23 ; cf. Symbol., p. 115, n. z. — Apulée, De deo Socratis, 15. Valette, of. cit. [infra, note 3], p. 232.

2. Diogène Laërce, VIII, 32 ; Vil, 151. Cf. A. Delatte, Vie de Pythagore, Bruxelles, 1922, pp. 129, 227 ; Symbol., p. 121, n. ; Andres, /. c. [supra, p. 78, n. 4], p. 298.

3. Platon, Banquet, zoza-zo^a. Cf. Paul Valette, L'apologie d'Apulée, Paris, 1908, p. 226 ss.

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