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CHAPITRE I. — LBS VIEILLES CROYANCES

Athénodore continua imperturbablement son travail. Le spectre lui fit signe de le suivre et le conduisit dans la cour, où il disparut. En y creusant la terre, on trouva un squelette enchaîné. On recueillit les ossements et on les ensevelit selon les rites. La maison dès lors ne revit plus ce visiteur hallucinant. On colportait encore à l'époque chrétienne des contes qui inspiraient d'aussi vaines terreurs. La vie de saint Germain d'Auxerre contient le récit d'un prodige tout pareil à celui que rapporte Pline i.

Suétone n'est pas moins crédule que l'épistolier^. Il raconte qu'après l'assassinat de Caligula, le cadavre, transporté en secret dans un jardin, y fut hâtivement inhumé. Il est bien certain, note l'historien, que les gardiens du jardin furent inquiétés par des ombres jusqu'au moment où ces restes furent exhumés et ensevelis par les sœurs de l'empereur. Dans la maison où celui-ci avait succombé, aucune nuit ne se passa sans quelque cause d'effroi, jusqu'à ce qu'elle-même fût consumée par un incendie. Plutarque^ narre, sans paraître en douter, qu'à Chéronée un certain Damon ayant été tué dans l'étuve d'un bain, pendant longtemps l'on y, vit apparaître des fantômes et l'on y entendit des gémissements, en sorte qu'on en mura la porte. Mais jusqu'à ce jour, ajoute le philosophe, les voisins pensent voir des apparitions et entendre des voix troublantes. On pourrait multiplier les preuves de la crédulité avec laquelle étaient acclieillies ces histoires de lieux hantés par les âmes en peine des « biothanates » *. La Most^llaria de Plante qui, à la suite d'un comique grec a exploité ce sujet au théâtre, prouve que les spectateurs romains, ne devaient pas se moquer de telles superstitions, mais les partager : sinon la pièce eût manqué son effet. La large créance dont jouissaient ces contes fantastiques explique qu'on n'ait cessé de les répéter durant tout le moyen-âge et que de nos jours encore ils n'aient pas perdu tout crédit.

Il n'est pas possible de déterminer jusqu'à quel point persistait la foi en l'ingérence constante des morts dans les affaires des vivants. L'origine de cette croyance, qui se retrouve chez tous les non-civilisés, se perd dans la nuit de la préhistoire, et il est certain que les populations du monde méditerranéen ne s'en étaient point affranchies. Mai's que pensaient des apparitions de fantômes, en dehors de la foule ignorante, les esprits éclairés ? Il

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