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CHAPITRE I. — LES VIEILLES CROYANCES

çante le spectacle de notre terre et, prenant en pitié les âmes d'ici-bas, qui sont ses congénères, elle se mêle à leur société pour redresser celles qui ont failli. Il leur est commandé par Dien de fréquenter notre monde, de s'associer à toutes les espèces d'hommes et à tous leurs sorts, leurs pensées, leurs métiers, de venir en aide aux bons, de venger ceux qui subissent l'injustice et de punir ceux qui la commettent. Cette intervention favorable des esprits des morts dans les moindres affaires de l'humanité était implicitement admise par tous ceux qui leur rendaient un culte pour l'obtenir.. Une telle; conviction explique que ses défenseurs aient aussi facilement ajouté foi aux « épiphanies » de ces protecteurs. Ils étaient d'autant plus disposés à admettre leur réalité, qu'elles leur fournissaient un argument péremptoire à opposer aux négateurs de l'immortalité. Pythagoriciens et Platoniciens pouvaient ainsi confondre les Épicuriens et opposer une preuve décisive à leur scepticisme 1.

Le début des Recûgmtiones^ narre comment Clément de Rome fut dès sa jjcunesse obsédé par le désir anxieux de savoir si l'âme était ou non immortelle. N'ayant entendu dans les écoles des philosophes que de vaines disputes sur cette question toujours controversée, il résolut de se rendre en Egypte pour y obtenir d'un prêtre qu'il évoquât un mort des Enfers, afin d'atteindre une certitude, non en écoutant des discours peut-être fallacieux, mais par une vision indubitable de ses propres yeux. Cependant ayant fait part de ce dessein à un philosophe de ses amis, celui-ci le détourna de recourir à une magie illicite et impie ^ Malgré son éloignement de toute pratique religieuse et son dédain des cérémonies cultuelles, Plotin, par une exception unique dans les Ennéades *, invoque comme motif de croire à l'immortalité, pour ceux qui demandent une preuve sensible, le culte rendu aux trépassés. Lorsqu'elles sont sorties de leurs corps, beaucoup d'âmes ne cessent point de faire du bien aux hommes soit en leur rendant des oracles ou en leur prêtant autrement assistance, et elles montr trent ainsi par leur survie que les auitres âmes aussi ne périssent point. Il n'est pas étonnant qu'on surprenne l'écho de cet argument des théologiens dans l'épigraphie funéraire. Une épitaphe de Rome se termine par les mots : « Toi

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