I. Cf. injra, ch
3. Pseudo-Clément, Recogn., I, 5 -, cf. Fr, Boll, Zeitschr. Neuiesf. Wiss., 1916, XIX, P- 139 ss.
3- Cf. CCAG, VIII; 3, p. 136; Vin, 4, p. 257 : Le prêtre égyptien demande à Thessalos s'il veut s'entretenir avec l'âme d'un mort ou avec un dieu.
4. Plotin, IV, 7, 15 (Bréhier, p. 188). Cf. Xénophon, Cyrop., VIII, 7, 16 ss. ; Aris- 'tote, Eudème, fr. 44 Rose = Plutarque, Consol. Apoll., vj.
qui lis ceci et doutes qu'il y ait des Mân,es, invoque-nous en faisant un vœu et tu comprendras » ^
Mais à ces ombres compatissantes, dont les épiphanies sont comparables à celles des dieux, s'opposaient les spectres dont l'imagination craintive d'une foule crédule redoutait l'hostilité. Le peuple romain, comme les autres, a cru aux fantômes dangereux dont on distinguait parfois dans les ténèbres les formes indécises, « Larves », revenues sur la terre, dont le paysan du Latium croyait entendre gémir la nuit dans les forêts la voix troublante, ou. apercevoir aux carrefours les simulacres d'une maigreur cadavérique ^. Ces esprits souffrants et errants de ceux qui s'en étaient allés, faisaient du mal aux morts comme aux vivants ; les âmes des trépassés avaient à lutter contre eux et ils troublaient en cette vie la raison ou altéraient la santé des possédés dont ils s'étaient emparési. Une plèbe inculte n'était pas seule à appréhender la malignité des revenants. Parmi les philosophes ceux qui, comme les disciples de Pythagore et de Platon, donnaient dans leur système une large place à l'intervention des démons aériens, acceptaient sans sourciller les superstitions vulgaires et s'attachaient à les justifier. Le platonicien Apulée 3, accusé de s'être servi d'un squelette pour pratiquer des opérations magiques, menace le calomniateur de la vindicte d'Hermès psychopompe : « Puisse l'intermédiaire entre le monde supérieur et le monde infernal te faire toujours rencontrer les figures des morts ; qu'il mette sous tes yeux tout ce qui existe, n'importe où, d'ombres, de Lémures, de Mânes, de Larves, toutes les apparitions des nuits, toutes les terreurs des bûchers, tous les épouvantails des tombeaux. » Dans le Philopseudès de Lucien, c'est le Pythagoricien Arignotos qui se fait l'avocat du spiritisme le plus invraisemblable *. Que les romanciers aient accordé à cette fantasmagorie une place dans leurs fictions, pourrait n'être qu'un moyen de leur donner l'attrait d'un merveilleux purement imaginaire ^ Mais de graves historiens ne se sont pas fait faute de rapporter comme réels les plus effarants prodiges®.
L'existence des fantômes était, il est vrai, repoussée nécessairement par les, Épicuriens pour qui l'âme se décomposait dès l'instant du décès, et plus
1. CIL, VI, 27365 = Dessau, 8201 a. Cf. Friedlânder-Wissowa, Sittengeschichte,HV^i p. 321 ; Lattimore, p. 92.