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Nous ferons remarquer que chez le blessé de M. Mu- RARD, il y avait bien arrachement du trochiter et désinsertion musculaire, ce .qui confirme pleinement les expériences de GRÉGOIRE.
À cette condition, on obtient l’abaissement de la tête humérale, en luxation sous-glénoïdienne permanente.
On n'a cependant pas réalisé encore la luxatio erecta, car le bras ne se maintient pas en position élevée et retombe quand on l'abandonne. Pour que l'expérience soit complète, 1l faut exagérer ce mouvement de descente. Mais, à ce moment, les pressions ne doivent plus être dirigées uniquement en bas, mais en bas et en arrière. On ne peut transformer la luxation en luxation en arrière, à cause du tendon de la longue portion du triceps, qui s'oppose à une poussée excessive.
Des lésions accessoires accompagnaient la luxatio erecla ainsi obtenue. Les muscles épineux étaient déchirés ou arrachés de leur insertion humérale, et le sousscapulaire largement décollé de {a face antérieure de l’'omoplate. ;
Quant à la capsule, il n'en persistait que la partie antérieure, constituée par le fort ligament pré-glénosous-huméral, et’ la partie postérieure, partie basse de: l'insertion du muscle sous-épineux.
Le paquet vasculo-nerveux de l'aisselle était intact. ”
De ces expériences, Prost conclut : « En somme, le bras étant traumatisé d'une certaine facon, la tête humérale vient occuper la position que nous venons de lui décrire : sous la glène, devant le tendon du triceps, el les causes de sa fixité absolue dans cette position sont les suivantes : tout d’abord la tension exagérée des par-
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lies de la capsule qui sont restées intactes, c'est-à-dire le ligament pré-gléno-sous-huméral en avant, ainsi que sa parlie postérieure. |
« Ce facteur s'oppose à la réascension directe de la lèle dans sa glène, jusqu'à l'abaissement du bras en dehors, la tête étant calée par ailleurs sous le bourrelet glénoïdien.
« Etant donnée, d'autre part, la légère obliquité du bras en haut et en avant, dont nous avons préalablement fait mention, il s'ensuit que la tête n'a aucune tendance à remonter au-dévant de la glène, el la luxation à se transformer en une banale luxation dé l'épaule.
« C'est done en arrière que d'après la direction du bras, la tête humérale aurait tendance à se mobiliser.
« Mais nous croyons avoir suffisamment montré plus haut que le tendon de la longue portion du triceps oppose un obstacle résistant à cette migration, done à la transformation de la luxatio erecta en luxation postérieure. »
Il n’est donc pas juste, ainsi que l’affirme Camier, de dire que la tête humérale passe en arrière du tendon tricipital.
Les expériences ont nettement situé la position des surfaces arliculaires. L'observalion de M. Murarp juslifie pleinement les données expérimentales.
Chez le vivant, un facteur important maintient le bras dans sa fixité absolue : ce sont les muscles dont la conl'action exagérée 1mmobilise l'articulation souffrante. Ils joignent leur action importante à celle des autres causes que nous avons exposées. C'est pour cela que
nous frouvons quelques mouvements possibles chez le
KE CLDERS blessé de M. Murano. Il était en état de shock intense, et, de ce fait, la contraction musculaire, qui n'était pas aussi marquée que d'ordinaire, permettait que l’on imimprimât quelques petits mouvements au membre luxé (1).
(4) Muraro fit sur le cadavre trois tentatives infructueuses pour obtenir une luxatio erecta sans ouvrir la partie inférieure de la capsule ni sectionner les muscles sus et sous-épineux.