‹ Luxations de l'astragale: Un nouveau procédé de réduction par la bande d'EsmarchChapitre 12 sur 29 · PORTER · texte numérisé non relu

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Dans un cas de Thierry la rotation était encore plus complète, la tête de l’astragale se trouvait entre la malléole interne et le tendon d'Achille pendant que la face postérieure se trouvait en avant et en dehors entre le calcanéum, le cuboïde et le scaphoïde. Pendant cette rotation, l’astragale s’était en même temps incliné de telle manière que sa poulie, placée de champ dans la mortaise, regardait directement en dehors.

Dans cette variété de déplacement, le pied n’est pas très déformé. D’apres la description de Foucher, le pied est affaissé et fort aplati; sur son bord interne légèrement relevé se voit une saillie considérable qui paraît être due à la malléole interne et qui est formée par la tête astragalienne placée au-dessous de cette dernière. Dans le cas de Thierry, la saillie osseuse était en arrière de la malléole interne, et le bord externe du pied en abduction était fortement élevé.

49 ROTATION DU CORPS DE L’ASTRAGALE SÉPARÉ DE SA TÊTE PAR FRACTURE DU COL AUTOUR DE SON AXE TRANSVERsaL. — Cette rotation peut amener la poulie à se présenter soit directement en avant, soit directement en arrière.

On n’en possède que deux cas, celui de Guérin et celui de Denonvilliers.

Dans le cas de Guérin « le col de l’astragale à subi un mouvement de rotation sur son axe transversal, de telle sorte que la surface calcanéenne est devenue postérieure et verticale et se trouve sur le même plan que la face postérieure du tibia. Par suite de ce déplacement, la face supérieure est devenue antérieure, et c’est sur son bord postérieur que repose la mortaise tibiale ». La poulie regardait donc directement en avant,

Dans le cas de Denonvilliers, la poulie regardait au contraire en arrière. Le chirurgien avait trouvé le corps de l’astragale séparé de sa tête par une fracture du col : « Il était dans une rotation telle qu’il croisait le calcanéum à angle droit et que sa poulie se montrait à travers les téguments au-dessous et en arrière de la malléole interne. » (Malgaigne.)

Tels sont les principaux symptômes des luxations sousastragaliennes et des luxations totales; bien souvent, par suite du gonflement des tissus, le diagnostic de la variété est, sinon impossible, du moins très difficile à faire ; on ne sent que la tête, la réduction est tentée immédiatement, et si elle réussit, il peut arriver que l’astragale réintègre sa loge sans qu’on ait bien su exactement de quel degré il en était sorti, quelles étaieni les véritables positions occupées par ses diverses parties, de quel côté elles étaient orientées et quels étaient leurs rapports avec la mortaise tibio-péronière et l’astragale ; on ne savait qu’une chose, c’est que la tête était dans telle ou telle position, à cheval sur tel ou tel os, en dehors ou en dedans de lui, faisant une saillie plus où moins appréciable. D'autres fois, au contraire, il y a une vaste plaie à travers laquelle l’astragale se présente, et le diagnostic se fait sans aucune difficulté, presque de lui-même : le toucher ne fait que contrôler ce que l’œil voit, comme dans les cas de Jarjavay et de Follin où l’astragale sorti tout entier n’est plus retenu que par quelques fibres du ligament calcanéoastragalien.

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