‹ Luxations de l'astragale: Un nouveau procédé de réduction par la bande d'EsmarchChapitre 13 sur 29 · DES CAUSES QUI S'OPPOSENT A LA RÉDUCTION DES LUXATIONS DE L'ASTRAGALE · texte numérisé non relu

DES CAUSES QUI S'OPPOSENT A LA RÉDUCTION DES LUXATIONS DE L'ASTRAGALE

Avant d'aborder la question du traitement des luxations de l’astragale, nous allons indiquer les principales causes qui s'opposent à leur réduction, causes qui, dans certains cas, rendent la luxation définitivement irréductible.

M. Bouvart, dans sa thèse inaugurale !, a fait cette étude d’une facon très complète, nous ne pouvons mieux faire que de le citer :

« Les théories invoquées pour l'expliquer (Pirréductibilité) sont nombreuses, et cette multiplicité ne fait que prouver que sa cause absolue nous échappe ou du moins ne saurait être attribuée à une lésion unique.

Desault incriminait l’étroitesse de la déchirure capsulaire qui laisse passage à la tête astragalienne; l'ouverture insuffisante du ligament astragalo-scaphoïdien supérieur étranglerait le col de l’astragale et empêcherait l’os

1 Bouvart, Diagnostic et traitement des luxations sousastragaliennes récentes (thèse de Paris, 1898).

EXD, 3

dm O4 en

de reprendre sa place, ausssi Desault conscillait-il de couper les ligaments s’opposant à la réduction.

Dupuytren, Broca, Nélaton insistent sur l'engagement de l’onglet tranchant qui termine l’astragale en arrière dans la rainure séparant les deux facettes articulaires de la face supérieure du calcanéum ; Malgaigne accepte aussi cette dernière opinion. On a même proposé, pour faciliter ce dégagement, la section du tendon d'Achille et Malgaigne ajoute qu’il a cité un beau succes dans une luxation oblique en dehors (Grosse, 1849).

M. Quénu, en 1882, se basant sur une pièce présentée par lui à la Société anatomique, attaque ces différentes théories, il s'exprime ainsi : « Notre pièce parait porter un coup sérieux à la théorie de l’enclavement de l’onglet, il n’est pas admissible que chez notre homme on n’ait pas fait quelques tentatives pour guérir une déformation si apparente et si gènante pour la marche ; or, nous avons soigneusement noté que l’extrémité postérieure de l’astragale s'était détachée du reste de los, s’était fracturée et avait gardé sa situation normale; ici donc, l’onglet a été absolument innocent.

« La déchirure de la capsule ne nous satisfait pas davantage, elle explique mal l’irréductibilité des luxations en dehors ; les ligaments dorsaux sont en effet très minces ; ils sont forcément rompus, et l’ouverture entre le cuboïde et le ligament astragalo-scaphoïdien d’ailleurs, parfois très déchiré, reste assez grande pour livrer passage à la tête astragalienne.

« Restent les tendons extenseurs qui, dans notre cas, passaient sur la face interne de la saillie osseuse; l’irréductibilité est due à cette tension des extenseurs ou des

Page 1