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jambiers que la tête déplacée devrait refouler et écarter pour retrouver l’orifice qui lui a donné issue. »
À l’appui de cette thèse, M. Desprès a rapporté l’histoire d’une luxation sous-astragalienne, observée à Cochin, pour laquelle il fut obligé de pratiquer l’amputation de la jambe Or, sur cette pièce, à l’amphithéâtre, la réduction ne fut obtenue qu'après la section des tendons.
Le 16 mai 1894, M. Quénu, présentant à la Société de chirurgie une observation de luxation sous-astragalienne en avant et en dehors, abandonne en partie sa première opinion ; dans ce dernier cas, les ligaments astragaloscaphoïdiens étaient rompus, les tendons n’étranglaient pas la tête de l’astragale, et l’auteur arrive à cette conclusion que l’obstacle le plus fréquent à la réduction dans les luxations dorsales en dehors est : l’interposition entre la cavité articulaire et la tête astragalienne du ligament annulaire antérieur du tarse resté intact, interposition qui était réelle dans le cas dont nous parlons, et qui nécessita l'intervention.
Pour se rendre compte du rôle joué par ce ligament dans l’irréductibilité des sous-astragaliennes, M. Quénu a réalisé une de ces luxations sur le cadavre de la manière suivante :
Les ligaments interosseux calcanéo-astragaliens ayant été coupés au préalable et le pied ayant été fixé dans un éteau, il a porté la jambe en dedans de façon à la renverser latéralement sur le pied; or si, dans ces conditions, on tente ce mouvement de renversement, le pied étant en extension, il est aisé de constater, dit M. Quénu, que le ligament annulaire antérieur du tarse est alors tendu, et que l’espace, restant entre le tibia et le bord postérieur
O0 épais de ce ligament, est trop petit pour que l’astragale puisse évoluer au dehors. Si, au contraire, on fléchit fortement le pied sur la jambe, on relâche, outre le ligament annulaire antérieur du tarse, les gaines de l’extenseur commun et du jambier antérieur et, dès lors, un mouvement de torsion et de renversement du pied vers la jambe, fait glisser la tête astragalienne hors de sa cavité.
La conclusion à tirer de cette expérience est donc nette : c’est que le ligament annulaire antérieur du tarse étant intact, la luxation en dehors ne peut se produire que dans la flexion forcée du pied sur la jambe. Une fois l’os luxé, les muscles, comme le fait remarquer M. Quénu, entrent en contracture ; ce sont les plus puissants, ici, comme dans toutes les régions, qui déterminent l'attitude, et voilà pourquoi dans le cas particulier, le triceps surral agissant principalement, l'attitude que l’on observe le plus habituellement est l’extension forcée du pied, extension qui s'oppose à la rentrée de l’astragale en tendant le ligament annulaire antérieur du tarse, et en l’appuyant contre la face inférieure de la tète luxée.
Ces considérations n’out pas seulement un intérêt théorique, mais pratique.
En effet, dans les luxations dorsales, au lieu de tirer le pied dans l’extension, comme le voulait Malgaigne, il faudra d’abord exagérer la flexion du pied sur la jambe et son abduction ; appuyant alors forlement sur la tête de l’astragale d'avant en arrière avec le talon de la main, on ramenera progressivement le pied dans l'attitude normale.
En résumé, de toutes les causes invoquées pour expliquer l’irréductibilité, il nous semble qu'aucune ne saurait
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