MÉTHODE SANGLANTE
Si l’on trouve un Traité de chirurgie de l’époque actuelle, et que l’on s’arrête à l’article concernant les luxations de l'astragale, on peut lire que le traitement de ces sortes de luxations se résume dans trois points principaux, sans qu’il y ait un mode spécial pour chaque variété :
Tenter la réduction par des méthodes manuelles ou mécaniques avec l’aide de l'anesthésie ;
Sectionner les tendons ou mettre à nu le col de l’astragale pour enlever les obstacles à la réduction si l’on n’a pu réussir par le premier moyen ; |
Enfin, pratiquer l’astragalectomie si d’aucune façon on n’a pu parvenir à remettre l’astragale en place.
Comme on le voit, nous sommes loin du traitement d'il y à quelques années seulement ; on ne parle plus de l’amputation, si ce n’est comme moyen extrême dans certains grands traumatismes.
L’expectation est également reléguée, elle n’aurait plus d’ailleurs sa raison d’être à l’heure actuelle ; bonne autrefois, où, sans l’antisepsie, on avait souvent autant
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à craindre de l'intervention du chirurgien que du traumatisme lui-même, et qu’on devait d’abord se conformer au vieux précepte : primum non nocere, elle ne peut plus être considérée comme un mode de traitement aujourd’hui ; la chirurgie actuelle sait où elle va, sait ce qu’elle à à craindre et les moyens d’y remédier, elle peut aisément, dans le cou-de-pied, comme ailleurs, pénétrer sans avoir à craindre ces vastes infections qui faisaient autrefois périr la plupart des malades quard l’opérateur ouvrait une articulation.
Il y a done deux grandes méthodes de traitement : l’intervention non sanglante et l'intervention sanglante.
Que la luxation soit sous-astragalienue ou totale, qu’elle soit ou ne soit pas compliquée de plaie, qu'il y ait ou qu'il n’y ait pas de fractures, qu’elle appartienne à l’une ou l’autre des nombreuses variétés que nous avons signalées plus haut, ces deux méthodes sont toujours applicables et se complètent l'une Pautre.
Quoique, pratiquement, le chirurgien ait toujours recours à la méthode non sanglante avant de prendre le bistouri, nous, nous commencerons par lintervention sanglante avant de traiter l’autre méthode, celle-ci faisant plus spécialement l’objet de notre étude.
Par méthode sanglante, nous entendrons tout traumatisme fait par l'opérateur, aussi bien l’ouverture de l’articulation, la section des tendons, que l’astragalectomie partielle ou totale.
Nous n’insisterons pas sur la section des tendons extenseurs, jambier antérieur, péroniers, tendon d'Achille, etc..…, arthrotomie pour récliner ces tendons ou inciser le ligament annulaire antérieur du tarse. Dubreuil, dans sa