OBSERVATION N
(CHARRY, Revue d’Orthopédie, année 1933)
F.., 19 ans, très forte corpulence, fait le 16 septembre 1927 une chute de bicyclette très violente; projeté sur le talus de la route, l’épaule gauche en avant, perd connaissance sous la violence du choc; il est amené avec des con-tusions multiples et en état de choc à la clinique de Saint- Gaudens où il reçoit les premiers soins.
Nous le voyons dans le service, trois heures après l’accident. L’état de choc a disparu; tout le moignon de l’épaule gauche est tuméfié; douleur intense au moindre mouvement; sous la peau tendue, on voit saillir l’extrémité du - fragment interne de la clavicule prête à la perforer. En plus on note une dislocation de l'articulation acromioclaviculaire qu’accuse la sensation classique de « touche de piano ».
La traction sur le moignon de l’épaule en haut et en arrière ne réduit que très incomplètement et n’empêche pas le fragment interne de menacer la peau déjà très altérée en ce point. |
La radiographie dénote une fracture un peu oblique siégeant à l’union du tiers externe et des deux tiers internes de la clavicule en dedans du ligament conoïde, à déplacement classique très accentué, compliquée de dislocation acromio-claviculaire.
, Dans ces conditions, l'intervention immédiate est décidée,
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Anesthésie générale à l’éther.
Incision verticale dans le sillon delto-pectoral à la partie supérieure de laquelle est branchée une petite incision latérale externe; on dissocie l’interligne delto-pectoral; section du deltoïde sur 2 centimètres environ horizontalement sous la clavicule. Découverte de l’apophyse coracoïde, suture coraco-claviculaire au fil de bronze selon la technique habi-
tuelle et fermeture temporaire de la plaie par deux pinces d’Ombrédanne.
Un trait horizontal en plein sur la clavicule, dépassant le foyer de fracture de 4 centimètres environ, est branché sur l’extrémité supérieure de la première incision; deux * vis d'Ombrédanne sur le fragment interne maintenu par le petit davier d’Heitz-Boyer sont aisément placées; une vis sur le fragment interne. Réduction, blocage par plaque et écrous.
Suture de la peau par points séparés.
Le tout a duré 35 minutes.
Suites opératoires simples, apyrétiques. Pansement le 3° jour; ablation des points le 9°, de la plaque et des vis le 17°. Les orifices de sortie bourgeonnants sont touchés au NO3Ag. Cicatrisation complète le 23° jour.
Au 30° jour tous les mouvements sont récupérés sauf la projection en arrière et en haut qui est légèrement limitée.
L’opéré est revu deux mois après; récupération totale des mouvements: pas de douleur ni spontanément ni à la préssion sur le cal qui est régulier.
Le 25 juin 1929, environ deux ans après l'intervention, à le résultat s’est maintenu parfait. Le blessé qui est employé à la gare de la Cie du Midi, porte de lourds fardeaux sur les épaules sans aucune gêne ni appréhension,
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