‹ Luxations métatarso-phalangiennes du gros orteilChapitre 10 sur 15 · II. — Luxations Compliquées · texte numérisé non relu

II. — Luxations Compliquées

Les expériences cadavériques démontrent que, lorsque l’on cherche à produire des luxations du gros orteil par l’extension forcée, il arrive très souvent que la peau de la région plantaire se déchire et que la tête du métatarsien sort fracturée. Il en est ainsi sur le vivant ; nous devons ajouter tou- - tefois que les fractures métatarsiennes sont assez rares.

Nous ne nous altarderons pas sur l’étiologie et l'anatomie pathologique de ce genre de luxations, qui sont absolument semblables à celles des précédentes, avec une violence toutefois bien plus considérable du traumatisme qui les produit. On n'y voitpas seulement des délabrements locali- sés à l'articulation du gros orteil, mais souvent on constate en même temps d’autres lésions telles que : entorse du côté de l'articulation tibio-tarsienne ou fracture des 2° et3°métatarsiens à leur partie moyenne, comme dans les deux observations de Laugier.D'’autres fois,on rencontresimultanémentune fracture des deux os de la jambe, citée par Larry et Dufour,

ou bien une rupture de tendon de fléchisseur dans le cas de Fontagnères. Nous n’insisterons pas non plus sur les signes que nous présentent les luxations compliquées, car ils se rapprochent trop de ceux des luxations simples, sauf cependant de la déchirure ou de la fracture concomitantes. Ces caractères sont d’ailleurs communs à toutes les plaies et aux

AT MARS fractures en général. Rarement y observe-t-on une hémorragie considérable, à cause du peu de volume des vaisseaux de la région et du mécanisme de la déchirure qui se fait ici par arrachement, e

Quant au pronostic, il nous paraîtra bien plus sombre, indépendamment même de la multiplicité des lésions concomitantes, telles que les fractures et déplacements articulaires amplement suffisants pour ajouter un caractère particulier de gravité. En effet, la sortie et l’étranglement de la tête du métatarsien à travers les téguments apporteront toujours leur contingent de difficultés dans la réduction de la luxation, si d'ailleurs elle n’oblige pas l'opérateur à faire une résection de la partie issue de cet os. De plus, la plaie fera courir toutes les chances d'infection et de complication consécutives, que l’on peut rencontrer en pareille occurrence.

Leur traitement ne diffère pas sensiblement du précédent. La première indication à remplir est de chercher à réduire. Bien que les tractions directes employées dans un certain nombre de cas aient été couronnées de succès, nous les considérons commeirrationnelles,et ces résultats,quoique incontestables, ne sont dus ici qu’à la facilité de réduction découlant des délabrements, parfois extrêmes, du côté des ligaments et des muscles. Le meilleur procédé est celui qui se rapproche de celui que nous avons exposé plus haut pour les luxations simples et qui fut employé par Christophe en 1834. Voici ce qu'il nous en dit lui-même: «Je saisis l'orteil à pleine main, en appuyant les deux pouces sur la tête de l'os sorti des chairs; ceux-ci le maintenaïent en poussant dessus tandis que la main entrainait l’orteil dans la même position où il se trouvait (première phalange en extension forcée) ; je le renversai encore un peu afin de saisir le moins de peau possible, il arriva facilement au niveau de la tête de l'os ë alors je lui.fis faire la bascule pour le remettre dans sa posi-

aturelle, ( en mêrie temps je reportai la tête de l'os en.

au. Toute cette manœuvre se fit presque sans douleur et -

as hésiter i ici non fe à intervenir ain et la é actique en sera la même que dans les luxations simples ; aussi nous dispenserons-nous de la reproduire. «

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