OBSERVATION V
De JossE (résumée).
Un maréchal des logis du 5° régiment de dragons, âgé de 25 ans, allait à la manœuvre à côté de son escadron. Son cheval, en tournant le coin d’une rue, manqua des quatre jambes et tomba de tout son poids sur le pied du cavalier. Blessé par l'éperon, le cheval voulut se relever et tomba une seconde fois sur le même côté avant que le pied du militaire fût dégagé. Cette double chute occasionna les désordres suivants : luxation complète de tous les doigts du pied en dehors, plaie transversale au côté interne de l’articulation du gros orteil, ouverture de cette articulation, sortie de la tête du métatarsien, seconde plaie se portant obliquement de la tête du premier métatarsien jusqu’au côté externe du calcanéum ; fracture des deux derniers os du métatarse, contusion forte et générale. ;
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Peu d'heures après l'accident, on chercha à réduire la luxation, mais l'extrémité saillante du premier mélatarsien opposa à toutes les tentatives une résistance insurmontable. On se décida à retrancher la portion d'os issue à travers les parties molles. Cette résection fut pratiquée suivant les règles de l’art. La réduction devint alors excessivement facile ; les derniers orteils reprirent presque d’euxmêmes leur position normale. Il ne survint aucune réaction. Le gonflement du cou du pied disparut le lendemain ; le blessé ne souffrit en aucune manière : il n'eut pas le moindre mouvement de fièvre. Au douzième jour, la suppuration était à peine sensible, et la cicatrisation, déjà avancée, fut achevée au vingt-cinquième jour
Quarante jours après L'accident, ce militaire put reprendre son service L’articulation resta mobile et souple, et aucun des mouvements ne fut perdu.
OBsERVATION VI (Résumée)
communiquée par DEMARQUAY
Dans la soirée du 26 janvier 1869, le nommé X... cocher, âgé de 23 ans, fit une chute de cheval, et la jambe gauche fut prise -entre le sol et l'animal, qui lui-même s'était renversé.
Le gros orteil, monté sur le dos du métatarsien, n'avait pas subi de déviation. Il existait au bord interne du pied une plaie longitudinale de 5 centim., laissant échapper la tête du premier métatarsien. Ce dernier os avait subi un mouvement de rotation sur lui-même, une de ses faces latérales étant devenue supérieure.
Il s'agissait de savoir si, outre les lésions apparentes, il n’en existait pas dans les parties profondes. En saisissant
er la partie osseuse qui faisait saillie, on imprimait à l'os tout entier des mouvements beaucoup plus étendus que ceux que permet l’articulation‘du premier mélatarsien avec le premier cunéiforme. Il était toutefois impossible de faire subir à los un mouvement de rotation qui pût ramener ses faces dans leur position normale. Existait-il une luxation de l'extrémité
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postérieure du métatarsien ou bien était-ce une fracture de À cet os? Dans tous les cas, la réduction était impossible, et 3 Demarquay se décida à pratiquer l'extraction du fragment N antérieur dans le cas de fracture ou de l'os entier dans le cas de luxation Après anesthésie du malade et agrandissement : de la plaie, il fut facile de suivre l'os avec le doigt. Pas de fracture. L'extrémité postérieure du métatarsien, portée en à dehors, était engagée sous le deuxième. Le tendon du long péronier, qui faisait au fond de la plaie une saillie facile à 3 sentir avec le doigt, semblait être Le seul lien qui retint l'os à
dans sa nouvelle position. Une fois ce tendon sectionné, il fut 1 : z 5 = ë x A E “ facile d'enlever le mélatarsien. Depuis l'opération, l’état du
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malade est très satisfaisant. Les douleurs, vives les premiers Jours, ont aujourd'hui perdu beaucoup de leur intensité.