‹ Luxations métatarso-phalangiennes du gros orteilChapitre 5 sur 15 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Etiologie et Mécanisme.

La luxation métatarso-phalangienne du gros orteil est

rare si l'on considère le petit nombre d'observations qui en ont été publiées. Malgaigne, en 1855, en avait réuni 19 cas,

dont 10 avec complications. M. Paulel, en 1882, en réunis-

sait 31 cas, dont 19 avec complications. Depuis cette épo-

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que, le nombre des observations ne s'est pas sensiblement

accru, et nous n'avons à enregistrer que 12 cas nouveaux en

E ajoutant les deux cas de Blum et celui de M. le professeur Forque, qui a motivé le sujet de cette thèse et dont nous

reproduisons plus loin l'observation complète.

Sur ce nombre, nous voyons que les trois quarts de ces

luxations se sont produites chez des personnes de 20 à 30

ans et presque toutes chez des hommes. On peut expliquer suffisamment, par le mode de production de ce genre de Done pourquoi les femmes y “An si peu aie

chez des adultes. En effet, en lisant les observations publiées

jusqu’à nos jours, l’on constate que les cavaliers, militaires surtout, et en général les gens de cheval : cochers, palefre-

niers, charretiers, elc., y sont particulièrement exposés.

Presque toujours, un cavalier tombe avec son cheval; le

bout du pied, ne pouvant quitter l’étrier assez rapidement, . vient à toucher le sol en supportant un poids énorme, celui

AE pitt du cheval appuyant sur le talon: alors la phalange:se redresse et se luxe.

Dans d’autres cas, elle se produit à la suite d'une chute d'un lieu élevé ; c'est ainsi que, dans l'observation de Fontagnères, un aliéné tombe sur les pieds d’une hauteur de quatre” mètres ; dans celle de Lagrange, on voit un alcoolique, atteint de pneumonie, se jetant d’un premier étage et se luxant le gros orteil. Dans les deux cas de Bernardet de Warlemond, nous avons à peu près le même mode de production ; dans l’un un jeune homme donnait un coup de pied vigoureux à un âne rétif, dans le second un officier, chaussé de pantoufles et gravissant rapidement un escalier, manqua la marche d'escalier et retomba sur la pointe de l'orteil de tout son poids. lei le poids ou du moins la force agit en déterminant l'extension forcée de l’orteil. Comme nous venons de le voir, bien que, les circonstances dans lesquelles se produisent ces luxations soient très variées, on peut les ramener, la plupart, au même mode de production, car on y retrouve toujours le mécanisme du poids énorme pressant sur le pied, qu'il enserre entre deux forces contraires.

Cependant, nous trouvons un mécanisme différent dans quelques observations ; dans l’un, c’est un charretier dont le bord interne du pied est pris entre le sol et la roue de sa voiture, ici ce n’est plus la phalange qui est repoussée d'avant en arrière, mais c’est le métatarse qui est fortement déprimé.

D'autres fois, la compression à pu avoir lieu dans le sens antéro-postérieur, comme cela se passe chez l'employé de tramways, dont le pied tend à se raccourcir sous l'effet de la pression du marchepied et de la charrette, cette pression se produisant à la fois au talon et au gros orteil.

Ilest intéressant de noter le mécanisme de la luxation chez notre portefaix; il reçoit, étant dans le décubitus

-dorsal sur le dos du pied, un sac d’un poids considérable

tombé d'une hauteur de 3 mètres 50; le sac heurta seule-

ment le gros orteil, et le choc fut localisé au bord interne

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du pied. L'on comprend aisément que le poids joint à la vitesse acquise ait été suffisant pour amener le déplacement dela phalange. -

Mais ces faits sont excessivementrares, etl'on peut dire, en somme, que presque toujours la luxation métlatarso-phalangienne du gros orteik est due à l'eragération du mouvement d'extension ; la cause est, la plupart du temps, soit une chute de cheval, soit une chute d'un lieu élevé ; quelle que soit la cause, le résultat est le même: il en résulte le déplacement de la phalange sur la face supérieure de la tête

métatarsienne avec distension énorme de tous les tissus

situés du côté de la face plantaire de l’article. De quelque manière que survienne la luxation, il est évident qu'il faudra toujours une force énergique pour la produire ; c'est ce qui explique qu'avec le déplacement articulaire l’on observe souvent d’autres lésions concomitantes.

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