VOLTAIRE. ORESTE
quement à lui du soin de leurs destinées communes. Il craint qu un jour Electre, en concurrence avec son fils Plîstène , ne puisse lui disputer avec avantage le sceptre d'Argos. Il charge la reine de lui proposer l'hymen de Plistène; mais il l'avertit que , dans le cas d'un refus , cette princesse altière doit s'attendre à des traitemens plus durs encore que tous ceux qu elle a éprouvés jusquelà. Comme nous connaissons déjà le caractère d'Electre, et que le poète n'a pas imaginé de la rendre amoureuse de Plistène , une telle proposition, ordonnée par son tyran, et faite par sa mère, annonce une scène orageuse. Vainement Clytemnestre y met toute l'adresse, toutes les insinuations dont elle est capable ; vainement elle lui présente d'abord le passage de l'abaissement à la grandeur, l'héritage de Mycène et d'Argos : dès qu'elle s'est expliquée, dès qu'elle a nommé Plistène , Electre est hors d'elle-même ; et c'est ici un des endroits où Voltaire lui a conservé le plus fidèlement la hauteur et l'énergie qu'elle a dans Sophocle , mais en y mêlant toujours un genre de pathétique qu'elle n'a pas et qu'elle ne pouvait avoir dans la pièce grecque.
A quel oubli, grands dieux! ose-t-on m*inTi(erl Quel horrible ayeoir iii*o8e-t-on présenter!
O sort I 6 derniers coups tombés sur ma famille 1 Songez-Yous au héros dont Electre est la fille ? Madame, osez-yous bien, par un crime nouveau.
IQO COURS DE LITTERATTRE.
Aliandonner Electre aa filftde son bourreau?
Le saug. d'Agamemuon I qui ? moi ! la sœur d'Oresie ,. Electre, ..au fils d'Égisthe, au neveu de Thieste? Ah ! rendez-moi mes fecs , rendez-moi tout Tàfiront Idont la main des l3n*ans a fait nongir mon* front. Bende2>>moi Les hoireurs de cette servitude.
Dont j'ai fait une épreuve et si longue et si nidè. L'opprobre est mon partage ; il convient à mon sort. J'ai supporté la- bonté et w de près la mort :
Voixe Ëgisthe cent fois m'en avait menacée ;
Mais enfin , c'est par vous qu'elle m'est annoncée.
Cette mort à mes sens inspire moins d'effroi
Que les horribles vœux qu'on exige de moi.
Allez, de cet affront je vois trop bien la cause;
Je vois quel nouveaux fers un lâche me propose.
Vous n*avez plus de fils : son assassin cruel
Craint les droits- de ses sœurs au tnSne paternel.
Il veut forcer mes moms à seconder sa n^e.
Assurer à Plislène un sanglant héritage^
Joindre un droit légitime aux droits .des assassins,
Et m'unir aux forfoils par les nœuds les plus saints.
Ahl si' j'ai quelques droits, s*îl est vrai qu'il les craigne.
Dans ce sang malheureux que sa main les éteigne ;
Qu'il achève à vos. jeux de déchirer mon sein ,
Et si ce n'est assez , prétez-lui votre main ;
Frap^wr , joignez Electre à son malheureux frère ;
Frappez, dis^e, à vos coup^je connaîtrai ma mère.
Crébillon demandait comment on pouyait faire pour se passer d'épisodes dans un sujet aussi simple que celui di Electre: c'est en donnant à la fille d'Agamemnon cette force de sentimens , cette éloquence de l'âme , et en la soutenant pendant cinq actes ; c'est en puisant toutes ses ressources dans la nature; et pour peu qu'on se
TOLTAIRE. ORESTS. 19I
mette un moment dan^ la situation d'Electre y ne sent->oa pas que c'est là le langage qu'elle doit tenir? A cette Tiolente apostrophe, Clytemnestre, viTemyent offensée , reprend toute la fierté qui lui est naturelle.
J^ai prie , j*ai puni , j*ai pardooDé sans fruit : Va , jiabandonne Éleetre au malheur qui la suit. Va , je mm Cijtemissstre , et surtout je suis reine*; Le sang d*Agamemnon n,*a die dtoits qu'a, ma baiae. * C*est trop flatter la tienne, et, de ma faible main, Caresser le serpent qui déchire mon sein.
Pleure , tomie , gétnis ; j*y suis indifTérenle : Je ue verrai dans toi qu'une esclave imprudente , Floftant entre la plainte et la témérité , Sous la puissante main dé son mailre irrité.
Je faimai malgré toi ; Faveu m'en est bien triste. Je ne suis plus pour toi que la femme d'Égisthe ; Je ne suis plus ta mère , et toi seul as rompu Ces nceuds infortunés de ce coeur combattu , Ces nœuds qu*en frémissant réclamait la nature, Que ma filTe déteste, et qu'il faut que j'abjure.
Il est naturel d'opposer la violence k la violence, et c'est ainsi que doit parler une femme, une reine, une mère frappée par sa fille dans l'endroit le plus sensible. Mais ce qu il y a ici de plus remarquable , c'est qu'à travers ses emportemens on voit toujours en elle le besoin d'être aimée de ses enfans. Cest Ik ce qui la rend intéressante aatant qu'elle peut l'être; c'est là ce qui justifiera sa conduite à nos yeux , lorsque nous la verrons céder aux instances et aux larmes d'Electre pro-
Akl gardez d'abuEcr une âme trop flenailile.
Oreste ? diU»-YOiis.
Oui.
SLBOTIX.
D*un songe flatteur Ne me présentez pas la dangereuse erreur.
Oreste l Poursuiyez... Je succombe « raiteiniê Des mouTemens confus d*espérance et de crainte.
IVHZSS.
Ma sœur, deux inconnus , qu*à travers mille morts La main d'un dieu sans doute a jetés sur ces bords , Becueillis par les soins du fidèle Pamméne... L*un des deux...
ÉLECTaE.
Je me meurs , et me soutiens à peine..« l.*un des deux...
IPHISE.
Je Tai vu . Quel feu brille en ses jeux!
II avait Tair, le port, le firont des demi-dieux : Tel qu*on peint le héros ^i triompha de Troie, La même majesté sur son front se déploie.
A mes avides yeux soigneux de ^arracher Chez Pamméne en secret il semble se cacher. Interdite, et le cœur tout plein de son image, J*ai couru vous chercher sur ce triste rivage. Sous ces sombres cjrpréSy dans ce temple éloigné. Enfin vers ce tombeau de nos larmes baigné»
Je Tai vu, ce tombeau, couronné de guirlandes. De Teau sainte arrosé, couvert encor d*ofIrandes; Des cheveux, si mes yeux ne se sont pas trompés. Tels que ceux du héros dont mes sens sont frappés ; Une épée, et c*est là ma plus ferme espérance, 0*est le signe éclatant du jour de la vengeance. £t quel autre qu'un fils, qu*un frère, qu'un liéroo.
YOLTAIBE. ORESTE. 19$
^Suscité par les dieux pour le salut d'Ai^os , Aurait osé brarer ce tyran redoutable?
C'est Oireste , «ans doute, il en est seul capable; C'est lui^ Je delFAniFoie; ilm^en daigne frvmiir : C'est l'cclair ^ipamit^ la foudre va partir.
Je vous jorois, j'aiteuds tout. Mais n*e9t-ce ipcûnt uo ipiége
Que tend de mon tyran la fourbe sacrilqge?
Allons, de mon bonheur il me faut assurer.
^s étraiigers... Courons; jnon cœur va m* éclairer.
IPHISE.
Pamniéne m*avertit , Pamméne nous conjure De ne point approcher de sa retraite obscure. 11 j Ta de ses jours
Ah ! (pie m'avez-vous dit?
'Non : vous êtes trompée,, et le ciel nous trahit. 'Mon frère, après seize ans, rendu dans sa patrie. Eût volé dans les bras ijui sauvèrent sa vie , 11 eut porté la joie à ce cœur désolé :
Loin de vous (uir« Jphise» Il vous aurait parlé. Ce fer vous rassurait , et j*en suis aLirmée, Une mère cruelle est trop bien informée :
J'ai cru voir etj*aî vu dans ses yeux iurterdits JUe barbare plaisir. d'avoir 2>erdu son Gh»
N'importe, je conserve un reste d'espérance.
Ne nk*abandonnez pas , 6 dieux de la vengeance ! Pammènc à mes transports pourra-t-il résister? 11 faut quil.piurle : alUint;«:ienne peuf,in!ar»éter.
'Que toute cette £cène est bien dialoguée! Comme ces interruptions continuelles, ces phrases entrecoupées et suspendues, peignent fidèlement le ; trouble et les secousses d'une âme bouleversée I
196 COURS DE UrrÉRATUBE.
Ce ne sont pas là de ces phrases où Tauteur s'arrête sans raison , de ces points inutiles qui viennent au secours du poëte quand il ne sait plus que dire; ce sont les accens de la nature. Il semble que y dans la même situation , on parlerait avec le même dé^rdre ; et ce désordre n'ôte rien à Télégance, et Télégance n*ôte rien à la vérité. G*est là vraiment la magie dramatique, quen cette partie les modernes ont portée beaucoup plus loin que les anciens.
Electre, qui ne peut deviner la défense que les dieux ont faite à Oreste, doit penser en effet ce qu elle dit ici. Mais quel talent ne fallait-il pas pour tirer tant de beautés d'un moyen qui par lui-même est si peu de chose ! Le fond de cette scène est dans Sophocle ; elle a fourni à Crébillon quelques vers heureux. Voyez ce que Voltaire en a fait : cette succession de mouvemens si variée, si vraie, si rapide; toutes ces émotions qui devù^nnentles nôtres , ce mélange d'espoir et de terreur, cette vivacité, cette vérité de dialogue, tout le feu qui anime cette scène. «Tai cité beaucoup ; je citerai encore : c'est la seule manière de louer un ou^ vrage moins connu, moins apprécié ^ue les autres, parce qu'il a été moins souvent représenté; et je cède au plaisir le plus doux, celui de l'admiration, et au premier de tous les devoirs, celui de rendre justice.
Electre finit cependant par se rendre aux re-
VOLTAIRE, OBESTE. I97
niontrances de sa sœur, et partage ses espérances; elle termine Tacte par ce vers,
Âh ! si TOUS me trompez, tous m*arracliez la vie;
vers qui nous prépare à la pitié qu'elle nous inspirera qusind elle se croira sûre de la mort de ce même frère dont on lui fait espérer le retour et la présence.
Au troisième acte, Oreste raconte à Pjlade qu'il a vu dans le tombeau d'Agamemnon deux femmes qui se sont présentées à lui sous un aspect bien différent.
J*étals dans ce tombeau lorsque ton œil fidèle
Veillait sur ces dépôts confiés à ton zèle.
Xappeiais en secret ces mânes indigues ;
Je leur offrais mes dons , de mes larmes baignés.
Une femme , vers moi courant désespérée ,
Avec des crb afiCreuz dans la tombe est entrée ,
Comme si, dans ces lieux qu*habi(e la terreur,
Elle eût fui sous les coups de «pielque dieu vengeur.
Elle a jeté sur moi sa vue épouvantée t
Elle a TOulu parler, sa voix s*est arrêtée.
J*ai TU soudain , j*ai yu les filles de V enfer
Sortir entre elle et moi de Tabime entrouvert»
Leurs serpens, leurs flambeaux, leur yoix sombre et terrible^
M*inspiraient un transport inconcevable, horrible.
Une fureur atroce; et je sentais ma main
Se lever malgré moi, prête à percer son sein :
Ma raison t'enfu^naît de mon âme éperdue.
Cette femme en tremblant s'est soustraite à ma vue*
Sans s'adresser auxcieux et sans les honorer:
Elle semblait les craindre, et non les adorer.
15(8 cotrns ïœ LTTTÉïtATtrKE.
Sur la tombe et sur moi: fixant soi» cbA aride^ D*Oreste en gémissant a prononcé lé nom.
Il y a dans ce court récit de beaux vers ; il y en a^ deux de mauvais : mais cen'est point ua ornement inutile ni déplacé. L'égarement d'Oreste à la vue de sa, mère , et les Furies qui paraissent entre elle et lui, la fureur involontaire qui le saisit, servent à nous le naontrer de loin comme le ministre aveugle de la vengeance céleste. Il demande à. Pammène qui sont ces deux femmes , et il apprend que Tune est sa mère, et l'autre sa sœur Iphise. Pammène lui rappelle les ordres des dieux , qui lui défendent de se faire connaître :
N*oubIiez point ces dieux, dont le secours sensible Vous a rendu la rie au milieu du tréptea Contre leurs volontés si vous faites wft pas , Ce moment vous dévoue à leur haine fatale.
Tremblez, malheureux fils d*AtPée et de Tantale, Tremblez de voir sur rems , en ce» lieux détestés» Tomber tous les fléaux du sang dont voot soilM.
Nouvelle préparation du dénoûment justifié par la désobéissance JOreste, diaprés les idées religieuses des anciens, qui doivent dominer dans un sujet mythologique.
Pammène quitte Oreste et Pyladc pour se rendre auprès d'Égisttie , et lui annoncer que Fun de ces deux étrangers Ta déliwé de son eaoïemî. Un esclave porte Vurne qui doit le tromper. Éîcctre
TOLTAIBB. ORESTE. I99
paraît avec Iphise dans renfoncement. Elle a déjà vu Pammène dans l'intervalle du deuxième an troisième acte , et il^a en soin de faire évanouir toutes les espérances qulphise lui avait données. Iphise lui montre ces deux étrangers.
L'un d'eux est ce héros dont les traits m'ont frappée.
ÉLSCT&E.
Hélas l ainsi^que tous j'aurais été trompée.
C'est ici la scène douloureuse et terrible , imaginée par Sophocle et perfectionnée par Voltaire. Dans le poète grec , Electre croit tenir les cendres de son frère, et leur adresse les plaintes les plus touchantes; mais elle croit seulement qu'il a péri dans les jeux olympiques , et sa méprise et ses regrets font toute la situation. Ici Oreste est forcé de lui laisser croire qu'elle a devant les yeux le meurtrier de son frère , en même temps qu'elle embrasse ses tristes restes. La situation est double , et n'est pas moins violente pour le frère que pour la sœur; elle est dignement remplie par le poëte , et le style est d'un pathétique déchirant. Mais il faut voir cette scène au théâtre , il faut y entendre les sanglots et les gémissemens d'Electre ; il feut voir cette infortunée princesse se ressaisir avec une violence désespérée de ces cendres qu'on, veut lui arracher par pitié, retomber à demi morte sur les U marches du tombeau de son père, et pressant dans ses bras cette urne trompeuse^ se rassasier du plai-
aOO COURS DE LITTÉRATURE.
fiir funeste de la couvrir de larmes et de baisers. Elle s'étonne de la compassion qu'Oreste ne peut cacher , et de l'impression qu'il fait sur elle :
Non , fatal étranger, je ne rendrai jamais *
Ces présens douloureux que ta pitié m'a faits. C'est Oreste, c*est lui : vois sa sœur expirante L'embrasser en mourant de sa main défaillante.
Et Oreste est là ; il est témoin de ce spectacle. Si ce n'est pas là de la tragédie, où est-elle? Les beautés succèdent aux beautés : Oreste ne peut pas résister long-temps à des angoisses si déchirantes ; il est prêt à se trahir. Arrive Egisthe, tout plein de la fausse joie que lui a donnée le récit de Pammène; Pammène et Clytemnestre le suivent : tous les personnages sont sur la scène , et le sujet y est tout entier. Que l'on songe combien Egisthe doit se croire sûr de son bonheur en voyantÉlectre dans un état de mort, étendue sur les marches du tombeau , et cette urne dans les mains : est-il possible qu'il n'y soit pas trompé ? Ainsi la grandeur des effets ajoute à la vraisemblance, ailleurs si souvent forcée quand il s'agit d'abuser un tyran ; ainsi Electre, Clytemnestre, Oreste, Egisthe, éprouvent tous en même temps des impressions différentes, produites par la même cause, sans que le spectateur puisse se dire que rien de ce qu'il voit a pu se passer autrement : c'est la perfection* Egisthe s^écrie dans sa joie insultante et féroce :
Qu*on aie de ses mains ces dépouilles d'Oretie.
YOLTAIRE. OBESTE. 301
BLXCTIB.
Barbare! arrache-moi le seul bien qui me reste, Ti^e, avec cette cendre arrache-moi le cœur; Joins le père aux enfaiis, joins le frère à la sœur. Monstre heureux, k tes pieds Tois toutes tes yictimes, Jouis de ton bonheur, jouis de tous tes crimes. Contemplez ayec lui des spectacles si doux, Mère trop inhumaine I ils sont dignes de tous.
Iphise emmène sa malheureuse sœur ; et la scène suivante , où Egîsthe et Clytemnestre demeurent avec Oreste et Pylade, oflfre encore une nouvelle situation aussi bien entendue, aussi bien soutenue que tout ce qui a précédé. Ces scènes où un personnage parait sous un nom supposé sont d'un effet tbéàtral, mais d'une exécution difficile. Il faut une mesure bien juste pour que celui qui se cache ne dise rien qui ne convienne à son caractère, en même temps qu'il ne dit rien qui puisse le trahir. Ce langage à double entente, qui doit être clair pour le spectateur sans être com-» pris des autres personnages, est un effort de l'art: je n*en citerai qu'un seul exemple. Égislhe veut connaître celui qui lui a rendu un si important service; il s'informe de sa naissance et de son nom.
ORESTE
Mon nom n'est point connu.... Seigneur, il pourra Tétre Mon père aux champs trojens a signalé son bras, Aux jeux de tous ces rois vengeurs de Ménélas. II périt dans ces temps de malheurs et de gloire Qui des Grecs triomphans ont suivi la victoire.
202 COURS se LITTEBATURE.
Ma xnére m^abandonne , et je suk sans secours; Des CD Demis cruels ont poursuiyi mes jours; Cet ami me tieut lieu de fortune et de père.
J'ai recberclié Thonneur et htayé la misère.
Seigneur, tel est mon sort.
U ne dit pas un mot qui ne soit vrai, paa un qui ne porte coup , et pas un dont Égisthe ni Clytemnestre puissent comprendre le véritable sens. Mais Voltaire a voulu aller plus loin ; il a voulu se jeter dans un de ces embarras où nous aimons à voir le poëte dramatique , pourvu ^tfil sache en sortir. Vous vous rappelez que Cljtemnestre , comme entraînée par une force supérieure dans la tombe de Tépoux dont elle dcMt bientôt satisfaire les mânes, y a vu Oreste que la piété filiale y conduisait. Elle a été frappée de son aspect , et , lorsqu'elle le revoit devant Egisthe , elle éprouve un saisissement involontaire; elle ne peut soutenir la vue du meurtrier de son fils.
Ûu*il 6*écarte, seigneur :
Son aspect me remplit d'épouvante et d*horreur. C'est lui que j'ai trouvé dans la demeure sombre Où d*nn roi malheureux repose la grande ombre% Les déliés dn Styx marchaient à ses côtés.
Un fait de cette nature ne peut pas échapper aux soupçons d'Egisthe ; et Ton ne peut s'empé-^^ cher de frémir pour Oreste lorsque le tyran lui dit :
Qui? vous? Qu'osica-Toiift iaire em ces lieux écartés?
VOLTAIRE. ORESTE. 2o3'
La questïOiR e&i embarrassante , et il n'est pas aisé de prévoir 1» réponse. La connaissance des moeurs anciennes l'a fournie au poëte.