OBS^TE
XalIatSy comme la reine , implorer la clémence De ces mânes sanglans c[iii demandent vengeance. Le sang «{u*on a versé doit s*expier, seigneur.
Il n'y a rien à répliquer. Egisthe était élevé dans la religion de son pays, et savait que tout meurtre, même légitime, demandait une expiation pour détourner la vengeance des mânes. 11 était donc juste que celui qui avait tué le fils cherchât à apaiser Tombre du père. Mais ce n est pas le seul mérite de cette réponse. Combien ce vers,., qui semble n'énoncer qu'une vérité générale et reconnue.
Le safog qn*on a yerië doit s^expier, seigaenr,
parle d'une manière terrible à la conscience du tyran , sans qu'il puisse ni qu'il ose s'en plaindrel Ce vers , qui est la justification de celui qui le pronoDce, est en même temps }a condamnation de cdiii qui l'entend ^ et la prédiction du sort qu'il doit attendre.
Egistfae met au nombre des récomrpenses qu'il destsne a» meortrier d'Oreste Electre elle-même, qui) lui donne à titre d'esclave; et il demande
:204 COITRS 1» UmâuXlTAE.
€[a*oii loi remette rame. Oresie lu lépoody danâ 5on langage toojouzs éq[iiifoqiie et toofours TTài :
Maïs Fauteiir est attentif à &ire subsister le coo* iraste qallaétaLli entre Eg^sthe et QTtenmestre, et à la coodmre par d^rés à ce que doos Terrons ddle dans les actes soirans: die est réfoltée de cette barbarie oatrageante.
Hob; cet paaner trop loim la Ubr d la
QmÛ porte, ^H
Qin n^oflircnt à mes tckx qpe les
EaCre Fane da ik et la fwW da pôe?
Les dwBX de aa CifîTIr â qô toms JMHry,
El UwwrT^ daas les jeiK ^mat fompc fucsle.
Le saaç de GjtcMMstre am um.mîiiu dOtrskt?
ycm ; tnip dTh uiicm ici s'oiistiBe à ae troubler :
Qaaiid je connais la cramte^ EprtW pest trodUcr.
Ce neavtrier m'aecalile, et je seas que
A porté daas WÊttmcmmrwa
Je ccde, et je Toadrak, daas
Me cacher â la ime, et, s'a K peat. à Boi.
EUe sort. Egistbe engage les deox étrai^cis à £âre pea d'attention à ce premier mouvement de la natmv, qui doit bientôt oéder h Ilntérii. n les invite k prendre part aox ffetes qaH pvepare, mais il ordonne en même temps qnon aille à Épidaure cherdier Flistene, dmit il at*
YOLTÂIRE. OBESTE. :io5
tend la confirmation de tout ce qu'on vient de lui apprendre. H sort, et, après une scène fort coiute entre les deux amis , Pammène épouvanté vient leur annoncer qu'un courrier arrivé d'Epidaure à.rinstant même apporte la nouvelle de la mort de Plistène. Ainsi à peine Oreste a-t-il joui un moment de l'erreur d'Égisthe, qu'il le voit détrompé, et qu'il se trouve lui-même dans le plus pressant danger. Comme toute cette action marche toujours par les ressorts le^ plus simples , et mène toujours avec elle la terreur et la pitié ! Que de ressources l'auteur a trouvées dans ce sujet, où tous les autres imitateurs n'ont cru pouvoir se sauver que par des épisodes !
Ces trois premiers actes, à l'exception de quelques fautes de versification , me semblent parfaits dans toutes les parties; et si les deux derniers étaient partout de la même force , Oreste pourrait être mis à côté de Mérope et parmi les tragédies du premier ordre. Mais les deux derniers , quoiqu'il y ait encore de grandes beautés , quoique le rôle d'Electre y soit toujours soutenu , et que celui de Clytemnestre soit audessus de ce qu'il a été jusqu'ici , n'ont pas en général une marche si sûre , et faiblissent dans des endroits importans. Oreste, au commencement du quatrième , est surpris et alarmé : le fer qu il avait consacré sur la tombe de son père a été enlevé: il craint d'être prévenu par Egisthef
-aoS COUBfi SB UTT£»JiXURE.
il veoJt fu^écipiter son eatrepriae; nuds PyLatde kii repr^eate qu'il faut alitendre Faotioèoey qui dans ce ixèême mome&i tàcbe de rafiseml>ler «c de soulerer les aiicieos serviteuis d'Agaittemnoa , cachés et dispersés dans }es retraites votsÛBies de son tombeau. Pjlade eldiorte «tctput Oreste à fuir la présence d'Electre. Tous d^ix conyi^inent de ^e trouver au même lieu dès que Panunène aura réuni ceux -qui doivent le seconder. H élo^se son ami en voyant paraître Electre; il oonseîlle à ceUe-ci de ne pas se livrer au désespoir , et dat- 4endre tout des dieux , et il la quitte. C'est die qui s'est saisie du poignard déposé sur le tosAemii -elle ne médite rien moins que d'en percer celui qu*dle prend pour le meurtrier de son frère ; Iphise veut en douter encore :
Est-il Lien Tiai qu*Oresle ait péri de sa main? Tarais cm Totr en lui le cœur le plus humain. U partageait ici notre douleur amère :
Je Tai tu révérer la cendre de mon pêne.
Ma mère tmjait auUÊUi, Les coupalîles m^rfdi
Se baignent dans le sang, et tremblent aux aniels :
Ils passent sans rougir du crime au sacrifice.
Esl-ce ainsi que des dieux on trompe la jastice?
11 ne trou^pera pas mon courage irrHé.
Quoi! de ce meurtre affirenx ne a*OKl-il pas Tante?
Égistbe au meurtrier ne m*a-t-il pas donnée?
Ne suis-je pas enfin la preoTe inIbrtnnêCt
La Tictime, le prix de ees neiit attentais
I>ont irous osez doutar qnand jt
YOLTAIJIE. «RESTE. 207
'Quand Oreste au tombeau m*appelle avec son père?
Ma sonir, alil si jamais Electre tous fut chère.
Ayez du moins pitié de non dernier moment :
Il faut qu'il soit terrible, il faut qu'il soit sanglant.
Allez, infonne^TOut de ce que fait Pammène,
Et si le meurtrier n*est point avec la reine.
La cruelle a , dit-on , flatté mes ennemis ;
Tranquille, jdle a reçn Tassassin de son fils.
On Fa "VU partager ( et ce crime est croyable )
De son indigne époux la joie impitoyable.
Une mérel ahl grands dieuxl... Ah! je veux de ma main
A ses jeux, dans ses bras, immoler F assassin.
Je le veux.
La timide Iphîse seSbrce de la calmer , et la conjure de ne rien entreprendre avant qu'elle ait revu Pammène, Suit un monologue d'Electre , •d'un style faible et déclanaatoire.
Euménides , \«nez , soyez ici mes dieux :
Vous connaissez trop bien ces détestables lieux. Ce palais plus rempli de malheurs et de crimes Que vas gouffres profonds regoi^eant de victimes. Finies de la vengeance , armez-vous , armez-moi ; Venez avec la mort, qui marche avec Teffroi.
Que vos fers, vos flambeaux, vos glaives ëtincelient: Oreste , Agamemnon , Electre , vous appellent.
Quand on parle aux Furies , ce doit être en vers d'une couleur plus forte et plus sombre. Crébillon , il faut l'avouer, a ici l'avantage : il est comme sur son terrain quand il est avec l'Enfer, les Ombres et les Furies. Oreste reparaît d'un côté du théâtre, sans voir Electre qui l'observe de l'autre,
208 COURS DE UTTÉHATURB.
et qui épie le momeut de le frapper. 11 aiTéte aisément sa luain faible et furieuse :
Hélut qa'alIiez-TOus fuirc?
Le venger! El sur cpiî
L;i reconnaissance ne tarde pas à s'aclievw, EDe/ peut donner lieu î\ quelques observations. D'abort il n'est pas naturel qu'Oreste , qui n'a quitté Ip lieu de la scène que pour éviter Electre, y i vienne si tôt sans nécessité, et qu'en y revenad il n'aperçoive pas sa sœur. Il y a ici quelques J ^arte qui durent trop long-temps, et Orcste a trop l'air de ne vouloir pas apercevoir Electre." Mais le plus grand défaut de cette situation , c'est ' qu'elle n'est évidemment qu'une copie de celle de Mérope , et une copie très-inférieurp. Le péril du jeune Egîstlie est réel : il est enchaîné et sans défense ; et Mérope , désespérée , est résolue à porter le coup fatal qu'il ne peut détourner si Narbas n'arrive pas. Ici l'on ne peut pas croire Oreste en danger; il lui est trop facile de désarmer le bras d'une femme égarée. Aussi ce coMp de théâtre , qui dans Mérope est d'un si grand effet, n'en produit aucun dans Oreste; et celui même de la reconnaissance est médiocre : on doit
VOLTAIRE. ORESTE. aOQ
convenir qu'elle n'est ni assez bien amenée m assez pathétique. Voltaire s'était cpuisii sur les situations de en genre dans Sémiramis et dans Mérope , et la reconnaissance est certainement plus touchante et mieux exécutée dans Crébillon. Mais, dans le reste de cet acte, Voltaire reprend ses avantages. A peine Oreste a-t-il reconnu sa sœur, qu'Egisthe le fait arrêter avec Pelade, et tous deux sont mis dans les fers. Le danger se trouve au comble; et c'est ce qu'on ne volt ni dans Crébillon ni dans Sophocle. Aucun des deux n'a songé à mettre Oreste en péril , et chez, eux il achève son entreprise sans qu'on ait jamais tremblé pour lui. Cette scène, qui fait naître la terreur, est suivie d'une scène très-intéressante entre Electre et sa mère. Elle se jette aux genoux de Clytemnestre :
Ahl dai^
Si j'ose rappeler vos premier! senlimens.
PardooDez ]iour Jamais me! vaius cmporlement , D'une douleur sans borne effet iDcvilable.
Hélas! daDt les lourmens la plainte e>t excusable.
Peul-«1re que dans eux le ciel vous daigoc oITrir La seule occasion d'eipier des offenses Bout TOUS avez tant craint les terribles vengeanrei Peul-Étre en les sauvant loul peul se reparer.
Quel inlérét pour eux vous peut donc innu
!IIO COUKS DE UTTÉIIAÎXRE
ÊLECTKE.
Vous Tojez qae les dieux out respecté leur y\t;
Il les ont arraehës k la lacr em. taxm :
Le ciel -vous les confie , et yom répondez d'eux.
L*un d*eux.... si tous saviez.... tous deux sont mallieureux.
Sommes-nous dans Ai^os, ou bien dans la Tauride,
Où de meurtres sacrés une prêtresse avide
Du sang des étrangers fait fumer son autel?
£h bien ! pour les ravir tous deux au coup mortel.
Que faut-il? Ordonnez, j'épouserai Plistène;
Parlez , j*embras8erai cette e£ErojabIe chaîne :
Ma mort suivra rbjmen , mais je veux Fachever.
J'obéis , 2j consens.
CLTTEVIfSSTRE.
Voulez-vous me braver?
Ou bien ignorez-vous qu'une main ennemie Du malbeureux Plislénc a terminé la vie?
ELECTRE
Quoi donc? Le ciel est juste I Égislbe perd un fils!
CLTTEMIfESTRE.
De joie à ce discours je vois vos sens saisis.
EliECTEB.
Ahl dans le désespoir où mon âme se noie.
Mon cœur ne peut goùler une funeste joie.
Non, je n'insulte point au sort d'un malheureux,
Et le sang innocent n'est pas ce que je vearx.
Sauvez ces étrangers : mon àaat i»linMdée
Ne voit point d*autre4iibjet, et n'a point dl'antre idée.
CLrTBXNESTEE.
Va , je l'entends trop bien : tu m*as trop confirmé Les soupçons dont Égisthe était tant alarmé.
Ta bouche est de mon sort rinterprète funeste : Tu n'en as que trop dit, Tnii des deux est Orttte.
TOLTAIHE. ORESIT. 311
ELECTRE
Eh bieni 8*il était vrai?
Ce mouvement si prompt et si juste est encore au-dessus du précédent ; il est suMime de vérité. Toutes les raisons possibles le justifient ; Electre ne peut pas supposer qu'une mère abandonne son fils à la mort, et Oreste n'a d'autre défense que sa mère. Elle parait d'abord hésiter; Electre
s'écrie :
II est m»rt, c*en est fait, puisque tous balancez.
CLTTEMIHSSTRE.
Je ne balance point : va , ta fureur nouvelle
Ne peut même affaiblir ma bonté maternelle.
Je le prends sous ma garde. H pourra m'en punir...
Son nom seul me pré|>are un cruel avenir...
N'importe... je suis mère, il suffît : inhumaine,
J*aime encor mes enfans... tu peux garder ta haine*
ELECTRE
Non , madame , à jamais je suis à vos genoux.
Ciell enfin les faveurs égalent Ion courroux ;
Tu veux changer les cœurs , tu veux sauver mon frère ,
Et pour comble de biens tu m'as rendu ma mère l
La fin de cet acte est belle , mais ne saurait toutà-fait compenser, surtout au théâtre , ce que les scènes précédentes ont laissé à désirer pour l'action et l'effet , deux choses si capitales dans les derniers actes d'une pièce.
Au cinquième, Electre avec Iphise est en proie
3ia ' COURS DE LITTÉRATURE.
aux plus vives inquiétudes. Elle ne sait si la reine aura assez de force ou assez de pouvoir pour sauver son fils. Iphise lui apprend du moins que Ojtemnestre a jusqu'ici suspendu le coup mortel et retenu la fureur d'Égisthe, qui n'est pas encore sûr que cdui qu'il tient en sa puissance soit Oreste ; que Pammène excite de tous côtés ses amis à défendre le fils de leur roi :
J*ai YU de vieux soldats qui servaient sous le père S*alteDdrir sur le fils , et frémir de colère : Tant an cœur des humains la justice et les lois , Même aux plus endurcis font entendre leur voix!
Ces vers commencent k faire entrevoir la révolution qui va suivre, Egisthe paraît avec Clytemnestre :
Qu'on saisisse Pammène , et <ju*il soit confronté Avec ces étrangers destinés au supplice :
Il est leur confident, leur ami, leur complice. Dans quel piège efifrojable ils allaient me jeter ! L'un des deux est Oreste, en pouvez-vous douter?
Il reproche à Clytemnestre Tintérét qu'elle prend aux jours de son ennemi : elle y persiste avec fermeté.
Oui, j'obtiendrai sa grâce, en dusséje périr.
L'inexorable Egisthe appelle ses soldats ; Clytem-
VOLTAIRE. ORESTE. 2l3
nestre se jette au-devant d'eux , et Iphise tremblante tombe aux genoux du tyran.
Avec moi , chère Electre , embrassez ses genoux: Votre audace nous perd.
SLBCTRE.
Où me réduisez-vous?
Quel af!ront pour Oreste, et quel excès de lion te! Elle me fait horreur... Eh Bien I je la surmonte. Eh bien! j*ai donc connu la bassesse et Teffroil Je fab ce ^e jamais je n*aurais fait pour moi.
Elle commence un mouvement de supplication que l'inflexibilité de son caractère et son horreur pour Égisthe ne lui permettent pas d'achever ; et , dans la prière qu'elle lui adresse, elle est encore Electre plus que jamais.
Cruel ! si ton courroux peut épargner mon frère, Je ne puis oublier le meurtre de mon père , Mais je pourrais du moins, muette à ton aspect. Me forcer au silence, et peut-être au respect. Que je demeure esclave et que mon frère vive.
ÉGISTHE
Je vais frapper ton frère, et tu TÎvras captive. Ma vengeance est entière : au bord de son cercueil Je te vois sans effet ababser ton orgueil.
C'est ici que Cly temnestre éclate ; et ce qui suit est peut-être ce qu'il y a de plus véritablement admirable dans cet ouvrage ; c'est au moins ce qu'il y a de plus original,
Égisthe, c*en est trop; c*est trop braver pent-étre
aî^ COURS D£ LITTÉRATURE.
Kl lu veuve et le saug du roi qui fut tou maître»
Jo (Icfondrai mon fils, et , malgré tes fureurs.
Tu trouveras sa mère encor plus que ses sœurs.
Uuc veux-tu ? Ta grandeur, que rien ne peut détruire ;
Oreste en (a puissance , et qui ne peut te nuire;
Electre enfin soumise et prête à te servir;
Iphise à tes genoux; rien ne peut te fléchir I
Va , de tet cniâutés je fus assez complice ;
Je t'ai fait en cet lieux un trop grand sacrifice.
Faut-il I pour t^affermir dans ce funeste rang,
Tabandouner encor le plus pur de mon sang?
N aurai-je doue jamais qu'un époux parricide ?
1/un massacre ma fîUe aux campagnes d'AuIide ,
L*autre m'arrache un iîls et l'égorge , à mes jeux.
Sur la cendre du père , à Taspect de ses dieux.
Tombe avec moi plutiVt ce fatal diadème ,
l>dieiix à la Grèce et pesant à moi-même!
Je t'aimai, tu le sais : c*est un de mes forfaits;
Kl li^ crime li^lKÙste ainsi que mes bienfaits.
Mais enfin de mon sang mes mains seront avares ;
3e Tai trop proiUgxié pour des époux barbares :
J'arrêterai ton bras levé pour le verser.
Tremble* tu méconnais... tremble de m*ofienser.
Ntv!^ n<euds me sont sacrés et ta grandevr m*est dicre^
Mais Orfsie est mon fils : arrête et crains sa
Cel;i est neuf dans le sujet , je fai déjà obserré , el pourtant il n y a nen qui ne soit dans la nature ^ et qui ne soit siiffisamnoent modré par tont ce que nous avons tu auparavant. Mais quoi de plus traj^ique. de plus tbéàlraK qne de ^wr celle qui a <kè une èpcase si coopalile éti>e uw ;À sensiMe et si couBracpmse , et d^loxer ei de U natuDf cvtte nx%ne êaq g ie ^pi^eile j trvt dans le cmne? Je ne parie psas de la beanitè
YOLTiJML. OMSTS. 2l5
de la versificatk>n : le tricmiphe du poëte , dans de pareils momeiis» est de se faire oublier ; et je ne m'arrête ffaami ten ifaî semblent ne plus appartenir à son art , et sortir de l^àme du person^ nage ; à des traits tds cpe eeiix^ : Tr&nble , tu me connais.... Ce mot doit faire frénoôr Egisthe^ qui sait mieux que personne de quoi Clytemnestre est capable. Ce mot est aussi le dernier qui lui échappe : on sent tout ee qu'il doit lui coûter à elle-même, et que l'excès du désespoir peut seul le ]ui arracher.
Cependant Ëgisthe ne saurait épargner celui qui a ôté la vie à son fils^ et par qui la sienne propre est depuis long-temps menacée :
OLëUsez, courez; Que tous deux dans Tinstant à la mort soient lirrés.
Mais j dans ce même moment, on vient lui an«noncer quOreste s'est fait reconnaître, que les soldats ont paru émus au nom du fils d'Agamemnon , et qu il est à craindre qu ils ne soient pas disposés a tremper leurs mains dans son sang. Telle est la condition périlleuse des tyrans ; ils ne peuvent jamais être bien sûrs de la fidélité de leurs ficddats : l'obéissance des uns est ^usâ in-» certaine que la puissance des autres est précaire. E{^he y résolu de se &ke obâr j^ sort avec Gy^ temnestre , et la catastrophe est telle qu'on peut l'attendre : un très-beau récit de Pylade en in*
!2l6 COURS DE UtTÉRATUBE.
struit le spectateur. La révolution était faite quand Egîsthe est arrivé y et toutes les circonstances du récit sont d'une exacte vraisemblance. Bientôt on «attend derrière le théâtre Clytemnestre qui crie : Arrête , mon fils i Electre croit qu'elle veut défendre son époux.
Il frappe Égbtlie !... Achève , et sob inexorable : YeDge-DOus, venge-la ; tranclie un nœud si coupable. Immole entre ses bras cet infâme assassin.
CLTTEMNESTRE.
Mon fils!... j'expû*e de ta main.
Oreste rentre sur la scène.
O terre! entr'ouvre-toL Clytemnestre , Tantale , Atrée , attendez-moi; Je vous suis aux enfers...
Ces fureurs brusques , et que rien n'a préparées , peuvent faire croire d'abord qu'il a tué sa mère volontairement. Ce n'est qu'un moment après qu'il dit :
Elle a voulu sauver...
Et les frappant tous deux... Je ne puis achever.
Nous avons vu ce même dénoûment bien mieux ménagé dans Crébillon , et les fureurs d'Oreste bien plus fortement exprimées. Cette fin de pièce et ]a reconnaissance sont les deux seuls endroits où il l'emporte sur Voltaire ; dans tout le reste du sujet ^ il a autant de défauts que Voltaire a