‹ Lycée (volume 2)Chapitre 4 sur 71 · MÉROPE · texte numérisé non relu

MÉROPE

£h! seigneur, excusez sa jeunesse imprudente: Élevé loin des cours, et nourri' dans les bois, 11 ne sait pas encor ce qu'on doit à des rois.

Ce mouvement , d'autant plus vrai qu'il est mvolontaîre , et cette imprudence maternelle, qui révèle ce qu'elle veut cacher , et qui expose le fils qu'elle veut défendre, est d'une vérité sublime : c'est la nature surprise dans son secret. C'est une beauté du premier ordre , et bien supérieure au mérite de la situation. Le poète prolonge avec un art que le génie seul peut soutenir ce trouble si pressant et cette crise si violente qui fait palpiter le spectateur.

4^ COLRS DE LITTÉRATUBE

POLTPHOIfTE.

Qu'en tends-je? Quel discours! quelle surprise extrême t Vous 1 le justifier !

MÊROPE.*

Qui! moi, seigneur?

POLTPHOIfTE.

Vous-même, De cet égarement sortirez-vous enfin?

De votre iîls , madame , est-ce ici Fassassin?

IIÉROPE.

Mon fils, de tant de rois le déplorable reste, Mou fils, enveloppé dans un piège funeste, Sous les coups d'un barbare....

iS3ii:ME, à part»

ciel ! que faites-Tous?

POLTPBORTE.

Quoi! vos regards sur lui se tournent sans courroux? Vous tremblez à sa v-ue, et vos ^eux s'attendrissent? Vous voulez me cacher les pleurs qui les remplissent ?

iiérope«

Je ne les cache point; ils paraissent assez:

La cause en est trop juste, et vous la connaissez.

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