‹ Lycée (volume 2)Chapitre 47 sur 71 · C1K6IS · texte numérisé non relu

C1K6IS

Sans doote» ou» li

ecuLft.

Et qnea est Totre e^oir?

cxacis.

De doigter Uané, de Faimer, de la Toir, D^élre aiaê de ringrate, on de me to^ct d'dle, Ve la pmir.^. \n toîs mafmSUesse mcmmeOc^ jBqporlé malgré mot par de contraires Je frêmb, et j*^;iiore cncor ce qne je

On ne peat guère finir plus &iblement un acte â vivement conomencé, un troisième acte, celui oà Faction doit être dbms sa anse la plus forte. Gengis a grand tort de cBre qu*i/ ignore ce qu'il veut z c*est le cas de répéter ce que j*ai dit ailleurs, que rien n est sl essentiel , dans la &ble dramatique, que de savoir ce qu'on veut, parce qne sans cela ^ rien n*avance. Pyrriras, dans Andro'

VOLTAIRE. L*ORPHELIN DE LA. CHINE. 3oi

maque , sait très-bien ce qu'il veut ; tout amoureux qu il est , il dit formellement ,

Allons aux Grecs lirrer le fils d*Hector;

et sans cela Ton ne tremblerait point pour la mère et pour le fils. Ici tous les nœuds de Tintrigue sont relâchés au moment où il faudrait les res* serrer davantage. Que peut-on craindre désormais pour rOrphelin, pour le fils dldamé, quand Gengis ne veut donner aucun ordre contre eux , quand il ne parle que de sa faiblesse nouifelle , quand cette faiblesse va l'occuper très-inutilement pendant tout le quatrième acte? Avec le caractère de modération qu'il a montré , et l'amour qui le possède, on est trop sûr qu'il ne fera de mal à personne : plus de terreur, plus de pitié. C'est une autre pièce qui commence; il ne s'agit plus que de savoir ce qui arrivera de cet amour de Gengis, et malheureusement on n'en peut rien espérer, ni rien craindre. Il ne reste que la curiosité qui attend le dénoûment; et soutenue par la poésie des détails , elle nous porte , quoique avec langueur , jusqu'à ce dénoûment , qui est fort beau.

Dans cet état de stagnation, Gengis s'abandonne seul à ses pensées , ou s'entretient avec un confident. On lui dit encore que ses menaces n'ont produit aucun effet sur Zamti , qui n'est pas plus disposé à lui céder son épouse qu'à livrer TOr*

C0VB3 PS untRATvmm^

pluelin. Un àespota violent ou ufi amant pasâomié pourrait s'irriter de ^ette r^édbtaiiice. Gengis n'est ni l'un ni l'autre : sa réponse est d'un concjuérant qui a de la grandeur dans Vàme et dans les idées ; mais elle est d'un komnoe <|u'il ne felkît pas faire .aaaioureiix;; et il est très-probable que cet amoi»r tt'a été imaginé que dans le second plan , et pou^r oreaiplir les ùaq actes.

Non, je ne reviens point encor de m& surprise.

Quelft sont donc ces humains €{ue mon bonkeur malbpiMs?

Quels sont ces senttmens qii an fond de no» cliniftts

Nous ignorons encore et ne soupçonnions pas?

A son roi , qui n est plus , immolant la nature ,

L*un Toit périr son fils sans crainte et sans munnttre;

L'autre pour son épouie est prête à sfimmolef :

Hien ne peut les fléohir,. rien ne les fait tremUer.

{lue dis-je? Si j'arrête une vue attentive

Sur cette nation désolée et captive.

Malgré moi je Tadmire en lui donnant deir fetfs.

Je vois que ses travaux ont ins&uit Tuniver»;

Je vois un peuple antique, industrieux, immense;

Ses rois sur la sagesse ont fondé leur puissance ,

Dé leurs voisins soumis heureux législateurs ,

Gouvernant sans conqpéte et régnaïut peur les moBurs.

Le ciel ne nous donna que la force en partage ;

Nos arts sont les combats, détruire est notre ouvrage.

Ah 1 de quoi m'ont servi tant de succès divers?

Quel fruit me revient-il des pleurs de Tunivers?

Kous rougissons de sang le char de la vietoire :

Peut-être qu'en effet il est une autre gloire.

Mon cœur est en secret jaloux die leurs vertus.

Et, vainqueur, je voudrais égdei^ les nâneus^

Oa ne peut giière faire des vers xnieux pensés ni

YOIiTAIBE. iJoUPHILm BB LA CHINE. 3^

«mieux écrits ^ et Us ont de plus le mérite de pré* parer le dénoûment ; mais il est tout aussi certain que celui qui a tant d'admir^ifiioQ pour les vaincus 'W^eat pas fort à redouter pour eux , et que ce même homme qui , en son absence , nous a donné tant d'alarnabes pendant lespremders actes, semble n'être venu que pour nous rassurer.

La scène où il 'propose à Idamé le divorce , autorisé par les lois tartares, et met à ce prix la vie de l'Orphelin et de Zamti^est aussi bien faite qu elle puisse l'être dans le plan donné. Il lui laisse la liberté de réfléchir surcette proposition. Zamti vient lui en faire une bien différente : il veut se donner la mort pour laisser sa femme maîtresse d'épouser Gengis-Kan. On conçoit bien qu'elle n'accepte ni l'un ' ni l'autre parti : celui qu'elle prend , c'est de profiter de la Uberté qu'on lui laisse , et de la connaissance qu'elle a des routes souterraines pratiquées dans les vastes tombeaux des rois, pour porter l'Orphelin à l'armée des Coréens , dont le camp communique à ces tombeaux, et dont l'approche a été annoncée dans les premiers actes. On apprend , à l'ouverture du cinquième, que la bataille s'est donnée, et que la wictoire a laissé au pouvoir de Gengis-Kan les deux enfans , Idamé et Zamti. Ce dernier effort qu'ils ont tenté contre lui a irrité ses ressentimens; il en déploie toute la violence dans une scène avec Idamé , où le vainqueur ,. menaçant et furieux ,

3o4 OUBS DB UTTÉRATCIUB.

Eût renaître Imtérét avec le danger. Il semble prêt à frapper ses trois yictiines, si le refus cTIdamé les condamne. Elle se jette à ses pieds, et lui demande pour dernière grâce de pouvoir en core une fois consulter son époux et lui parler en liberté : il y consent. La scène des deux époux est tragique.

IDAMÊ.

La mort la plus hoDleuse est ce ijoLon le prépare.

ZAXTI.

Sans doute , et j'attendais les ordres dn barbare; Ils ont tardé long-temps.

IBÂKS

£]i bien 1 écoute-moi :

Ne saurons-nons mourir qae par l'ordre d'un roi? Les taureaux aux autels tombent en sacrifice. Les criminels fremblans sont traînés au supplice; Les mortels généreux disposent de leur sort.

Pourquoi des mains d*un mai Ire attendre ici la mort? L'homme était41 donc n pour tant de dépendance? De nos Toisins altiers imitons la constance r De la nature humaine ils soutiennent les droits , Virent libres chez eux, et meurent à lenr choix. Un af&ont leur siif&t pour sortir de la vie , £t plus que le néant ils craignent l'infamie: Le hardi Japonais n'attend pas qu'au cercueil Un despote insolent le plonge d'un coup d'œil. Nous ayons enseigné ces braves insulaires; Apprenons d'eux enfin des vertus nécessaires; Sachons mourir comme eux.

ZâMTI.

Je t'approuTC, et je crcns Que le malheur extrême est au-dessus des lpîs«

VOLTAIRE. L*ORPHELIN DE LA CHINE. 3o5

Tavais déjà conçu tes desseins magnanimes ; Mais seuls et désarmés , esclaves et victimes , Courbés sous nos tyrans nous attendons leurs coupe.

I D A M É , en iinmt un poignard.

Tiens , sois libre avec moi ; frappe et délivre-nous.

ZAMTX.

Cîell

IDIMÉ.

Déchire ce sein , ce cœur qu'on déshonore.

J*ai tremblé que ma main, mal affermie encore. Ne portai sur moi-même un coup mal assuré t Enfonce dans ce cœur un bras moins égaré.

Immole avec courage une épouse fidèle ; Tout couvert de son sang, tombe et meurs auprès d*elle. Qu'à mes derniers momens j*embrasse mon époux ; Que le tjran le voie , et qu'il en soit jaloux.

Ce dernier trait est de la plus graùde force.

ZIMTI.

Grâce au ciel jusqu'au bout ta vertu persévère ; Voilà de ton amour la marque la plus chère.

Digne épouse, reçois mes éternels adieux; Donne ce glaive, donne, et détourne les yeux.

X D AH i , en lui donnant le poignard.

Tiens, commence par moi; tu le dois.... Tu balances*.

ZAICTI.

Je ne puis.

IDAMÈ.

Je le veux.

ZJLIITI.

Je frémis*

Page 1