‹ Lycée (volume 2)Chapitre 62 sur 71 · OBSERVATIONS SUE LE STYLE DE TAXCE&DB · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUE LE STYLE DE TAXCE&DB

1 « lUnstfCf cfaeralie» , TCDgeon de la Sicile» Qui daignez, par é^ard mu décltM de mes ans, Fotu mssemdtUr chez moi pour chasser nos trrans. Et former un ëtat triomphant et tranquille, Sjiacnse en ses mmrs a gémi trop ]ong4emps Des dessâns avortés Sun courage inmiUe^ etc.

On s^aperçcHt, dès ce commencement, que le style de Voltaire n'est plus le même. Cette suite de vers prosaïques et trainans; ces phrases qui seraient mauvaises même en prose , s^ous assembler chez moi pour chasser nos tjrrans , comme si c'était nn moyen de les chasser^ que de s* assembler dans la maison d'Argire plutôt qu'ailleurs; ces desseins avortés d!un courage inutile'^ cette tournure, si peu &ite pour la poésie noble, par égard au decUn*y tout annonce la faiblesse et la négligence de diction qui caractérisent cette pièce, excepté dans quelques morceaux de passion. Il serait beaucoup trop long de relever toutes les fautes : je ne m'arrêterai que sur quelques-unes des plus marquantes, ou sur celles qui peuvent fournir des réflexions Qtfles.

2. Dans un sort QvUi noblement élevée, De ma mère bientôt cruellement privée , Je me vis seule au monde , en proie à mon effroi. Roseau faible et tremblant, najrant iT appui que moi, ete.

On sent combien tous ces vers sont défectueux.

VOLTAIRB. TANGRÈDE. 36 1

La disgrâce d'Argire n'est point un sort avili; ces deux adverbes noblement et cruellement font le plus mauvais effet; en proie à mon effroi est vague et dur; et, après roseaujaible et tremblant ^ la fin du vers, n'ayant d'appui que moi y est une cheville.

5 Cette témérUé

Est peu respectueuse , etc.

Il est trop sûr que jamais la témérité ne peut être respectueuse 'j ces deux idées s'excluent : c'est tomber dans ce qu'on appelle le style niais, et c'est tomber bien bas, même pour le talent vieilli.

4. Le sort n'eut point de irait , la cour n'eut point d^ amorce ^ Qui pusseut arrêter ou détourner vos pas , Quand la route par vous fut une fois choisie, Taucrède et Solamir, touchés de vos appas.

Dans la cour des Césars en secret soupirèrent; Mais celui que tos jeux justement distinguèrent , Qui seul obtint vos vœux, qui sut les mériter, En sera toujours digne , etc.

Cette prose rimée , ces vers qui se traînent si languissamment les uns après les autres , ces choquantes impropriétés de termes , des traits et des amorces (\fà\ arrêtent ou détournent des pas , tout cela est fort au-dessous du médiocre , et ne peut se pardonner qu'à la vieillesse. Mais n'oublions pas que, dans les morceaux pathétiques, Voltaire à soixante-quatre ans est encore Voltaire. C'est la

,SB2 COURS DE uirrrâuuniBE.

jB^ide raison qui ait fait naetti^eiGûite piàoeaii rang id^ .celles qui comportent des ^critiques de détail.

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