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téraire^ etc. ; et l'on a prédit que cette guerre finirai t par l'entière destruction de notre scène, qui doit tomber pour faire place à un nouveau système dramatique. D'un autre côté (et cette autre révolte moins maladroitement concertée a été beaucoup plus contagieuse), on a dit hautemept qu'il fallait substituer une nouvelle poésie à la nôtre, qui était trop timide; et, sans examiner si notre langue en comportait une autre , et si nos grands écrivains l'avaient bien ou mal connue , ou a afiecté de répéter sans cesse que le vrai génie poétique consistait dans ce que Racine le fils appelle fort bien des alliances de mots ,• on a dit que Voltaire en avait peu et qu'il était peu poëte , que Racine et Boileau n'en avaient pas assez. En conséquence on a cent fois loué avec profusion , dans de très-mauvais ouvrages, quelques beaux vers qui pourtant n'étaient beaux que parce qu'ils étaient faits suivant les bons principes. Et quant à la foule des mauvais, on n'a guère essayé de les défendre en détail, parce qu'on aurait trop choqué l'évidence ; mais on a toujours répété que c'était là du génie poétique , et qu'il n'y manquait qu'un peu plus de goût. On n'a pas osé non plus soutenir formellement que des ouvrages tombés du poids de l'ennui , après avoir été exaltés, étaient de bons ouvrages; mais on ne parlait de leurs fautes mêmes qu'avec le ton d'admiration qui invite à en commettre de semblables. Il y a des
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les forêts ne %e promènent pas plus qu elles ne vchtent j mais yojez comme le poëte nous conduit |>ar degrés jusqu'à l'idée qu'il veut ofiiir. C'est d'abord Téthfs qui croit voir^ ce n'est pas une réalité ; c'est au travers de ses flots : voilà l'imagination fixée ; il ne reste plus qu'à pouvoir prendre les mâts pour desjbréts mouvantes , et nous avons vu que cette figure ne répugnait pas. Mais quand vous dites jamais plus belles forêts ne vo^ ièrent par les airs , vous entassez trois ou quatre figures les unes sur les autres , dont pas une ne me rappelle des vaisseaux ; et ce n'est plus une image, mais une énigme. Voltaire, dans sa tragédie d'^/zire , a dit en très-beaux vers :
Je montrai le premier aux peuples du Mexicjue L*appai*eil , inouï pour ces mortels nouveaux , De nos châteaux ailés ^i volaient sur les eaux.
Bien n'est plus brillant que cette métaphore, ni «en même temps plus naturel , par la manière dont 4eUe est placée. Car supposons qu Alvarès, n'ayant point à parler des Mexicains ni de l'effet que pro- <luisit sur eux la première vue des vaisseaux européens, eût dit, en parlant du départ de la flotte espagnole pour toute autre expédition,
Et nos châteaux ailés volèrent sur les eaux ,
îl eût fait de la poésie très-mal à propos, il eût ^usé des figures ; car ce n'est pas a lui à voir dans