F. LEMOINE
des vaisseaux des châteaux ailés. Mais le cas est bien diffërent. // a montré le premier à des peuples nouveaux un appareil inouï pour eux
Voilà rimagination préparée. En prose , il aurait achevé ainsi , de nos vaisseaux qui leur semblaient des châteaux ailés ; mais c'eût été trop languissant en vers. Tout ce qui précède rend le sens suffisamment clair. Il a recours à la figure rapide de l'ellipse : il s'exprime comme si c'était pour luimême que ces navires fussent des châteaux ailés , parce qu'on ne peut pas s'y méprendre ; et , conservait la marche poétique sans blesser la vraisemblance , il peut dire ,
L* appareil , inouï pour ces mortels nouveaux , De nos châteaux ailés qui volaient sur les eaux.
Et cette ellipse , qu'on entend très-bien , est une nouvelle beauté et une finesse de l'art. Remarquons encore la fiUation des idées , si essentielle au style. S'il eût donné au mot de châteaux toute autre épithètfe que celle d^ ailés , le vers perdrait beaucoup. Mais ailés amène naturellement qui volaient sur les eaux, et c'est ainsi qu^on est tout à la fois naturel pour contenter la raison , et hardi pour satisfaire la poésie.
Je me suis un peu étendu sur cet article pour faire bien sentir que l'effet des figures dépend toujours de la vérité des rapports physiques ou moraux et de la liaison des idées. On peut juger
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combien il faut de. talent pour y réussir. Aussi les figures, bien employées, sont une des parties principales du grand écrivain ; mais les employer mal est à la portée de tout le monde. En voilà beaucoup à propos d'une métaphore ; mais on connaît le mot de Marcel : que de choses dans un me-nuet ! Et en passant du petit au grand ( car il faut bien soutenir notre dignité ) , on nous permettra de dire : que de choses dans un beau vers I Mais ce n*est pas assez que les figures soient parfaitement justes, il faut encore qu elles soient adaptées à la nature du sujet. Ce vers du Saint-Louis vjue j'ai cité tout à ITieure,
L*or de son pavillon jouait avec le vent,
indépendamment de ses autres défauts , a celui de pécher contre la convenance de ton ; car , en supposant même que Vor pût Jouer avec le v&it, et que Vor , qui n'est ici que figuré , pût , par une autre figure, être personnifié (ce qui est ridicule), jouer avec le vent serait encore une expression au-dessous du style noble , et indigne de Tépopée. Ceci tient aux nuances du langage. Se jouer peut entrer dans le style le plus oratoire et le plus poétique : la fortune se joue des grandeurs , le zephyr se joue dans lefèuiUage, etc. Tout cela est fort bon. Mais jouer peut être difficilement audessus du familier , parce qu'il rappelle trop l'idée des amusemens puérils.
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Ce n'est pas tout encore : quand même les figures seraient toutes excellentes en elles-mêmes , il faut en user avec sobriété ; car c'est un ornement , et il faut le ménager ; c'est un art , et il ne faut pas trop montrer l'art ; c'est une partie de l'art , et ce n'est pas à beaucoup près l'art tout entier. Ils se trompent donc étrangement ceux, qui affectent de vouer à cette espèce de beauté une admiration si exclusive, qu'ils semblent ne reconnaître, ne sentir en poésie aucune autre sorte de mérite. Il n'est que trop commun de voir de prétendus juges r^ fuser leur estime à des ouvragies écrits avec la plus heureuse élégance, et qui réunissent l'intérêt du style , la noblesse , l'harmonie et le sage emploi des figures. Tout cela n'est pas assez pour eux : il n'y a , disent-ils , rien gui étonne , rien (Textra" ordinaire; enfin point d'alliance de mots. C'est ce que j'ai entendu dire de la Henriade , même k des gens d'esprit ; car la mode se mêle de tout , et l'on parle aujourd'hui des alliances de mots , comme si elles n'étaient découvertes que d'hier : il faut donc en parlericî. Ce qu'on appelle alliance de mots est une espèce de métaphore plus hardie que les autres : die consiste dans le rapprochement de decEX idées , ^deux mois, qui sendident s'exclure , comme dans ce vers^de Corneille :
Et monté sur le faite il aspire à descendre.
// désire descendra serait très-simple. Mais le mot
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aspire suppose un objet élevé , et pourtant s'applique ici à descendre. De là , l'énergie de la pensée et de l'expression. Le vœu de l'ambition qui est ordinairement celui de monter, est ici de descendre. Racine trouvait ce vers sublime , et il s'y connaissait. Lui-même a su employer cette figure, et plus souvent que Corneille. Il dit dans Britanmeus :
Dans une longue enfance ils Tauraient fait vieillir,
L* enfance et la vieillesse semblent s'exclure. Elles sont ici réunies, et le sens est trop clair pour être expliqué. L'idée est moins forte , moins profonde que celle du vers de Corneille ; mais vieillir dans une longue enfance est une métaphore bien singulièrement heureuse , et une de ces expressions que Boileau appelait trouvées.
Le père du Glorieux dit à son fils qui se jette à ses pieds , en le priant de ne pas se découvrir :
^ ^ Tentends : la çanîté me déclare à genoux
Qu'un père malheureux n est pas digne de tous.
La vanité à genoux semble offrir deux choses contradictoires. Ce vers est admirable et du très-petit nombre de ceux qui prouvent que la comédie peut quelquefois s'élever au sublime.
Voilà de beaux exemples d^alliances de mots.
Il y en a une peut-être au-dessus de toutes les
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autres : elle est de Voltaire à qui l'on reproche de n'en pas avoir. Gengiskan , dans la tragédie de r Orphelin de la Chine , veut exprimer le vide que la grande fortune avait laissé dans son àme avant qu il aimât Idamé :
Tant d*états subjugués ont-ils rempli mon cœur? Ce cœur, lassé de tout, demandait une erreur Qui pût de mes ennuis chasser la nuit profonde, Et qui me consolât sur le trône du monde.
Consoler sur le trône du monde ! quel sentiment à la fois touchant et profond ! et comme ces deux idées , qui paraissent si loin Tune de l'autre , sont ici naturellement réunies! Joignez-y l'harmonie du vers, et vous trouvez tous les mérites ensemble.
Il est pourtant vrai qu'en général il est moins riche en figures que Racine ; mais aussi Racine est supérieur dans cette partie, comme dans toutes les autres qui regardent le style , à tous les poètes français. Et ce qu'il importe d'observer , et ce qui achèvera de développer ce que j'avais à dire sur les figures, c'est la manière dont il s'en sert. Il ne les emploie qu'à propos , et sait les cacher quand il les emploie. Adresse et réserve, voilà les deux grands préceptes. Il faut de la réserve , parce que la diction trop souvent figurée cesserait d'être naturelle. Rien n'est plus déraisonnable que de vouloir que tous les sentimens , toutes les idées aient une expression également marquée. Le plus grand
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L'un a plus de sagesse et d'art dans ses figures ; l'autre a plus d'éclat : l'un a souvent plus de correction; l'autre a quelquefois plus de charme : l'un met plus de logique dans son dialogue; l'autre plus de vivacité. Apprécions tous ces différens mérites , comparons ; préférons selon notre manière de sentir ; mais jouissons de tout et ne rabaissons rien. Il me reste à faire ^oir jusqu'où cet amour aveugle pour les figures bien ou mal conçues, et l'absurde affectation d'y voir la véritable poésie, même quand elles y sont le plus opposées , égarent nos jugemens. J'ai rendu justice aux rédacteurs des Annales poétiques y à leurs recherches , à leur travail, aux notices en général judicieuses, où ils ont suivi les progrès de notre poésie dans ses premiers âges. Mais à mesure qu'ils approchent du nôtre , la contagion du mauvais goût dominant parait trop les gagner; ils prodiguent au père Lemoine les louanges les plus exagérées, et ce qu'ils citent à l'appui de leurs louanges ne devrait le plus souvent être cité que pour faire voir combien , même dans ses meilleurs morceaux , il se trompe dans ce qu'il prend pour de la poésie» (c Le sultan^ disent-ils, prononce un discours où » 'A Y di de la chaleur et des expressions hardieSp » comme celle qui se trouve dans le second de » ces vers : »
Déjà dans leur esprit FÉgypte est renversée ; Déjà dans notre sang ils trempent leur pensée.
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Eli bien ! vous ai-je trompés ? Ne voilà-t-il p^s que Ton qualifie expressément de chaleur et de hardiesse ce dernier excès de ridicule et d'extravagance ? Par quel moyen , sous quel rapport peut-on se représenter la pensée trempée dans le sang ? et ce vers, qu'on ne peut entendre sans pouflFer de rire , est cité avec éloge ! « L'expression » du père Lemoine est toujours hardie etpoéti- » que. S'il veut peindre de grands arbres, voici » comment il s'exprime : »
Et les pins sourcilleux dont les têtes altiéres, Au lever du soleil, se trouvcUent les premières.
Comment ne s'est-on pas aperçu que des pins qui se troui^ent les premiers au lei^er du soleil sont absolument du style burlesque? Une pareille idée serait digne de Scarron ; mais ce qui serait fort bien dans le Fïrgile trai^esti peut-il se trouver dans un poëme épique ? Poursuivons le panégyrique et les citations. « Les vers du père Lemoine » ne sont jamais composés d'hémistiches ressassés » d'après autrui. Ses défauts et ses beautés lui ap- )) partiennent« »
Cependant le soleil à son giie se rend ; Le jour meurt , et le bruit avec le jour mourant : Pour en porter le deuil les iénèbres descendent. Et d^une armée à Fautre en sileirce s étendent.
Le second et le quatrième vers sont beaux ; mais y a-t-il une idée plus fausse^ plus insensée que
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les ténèbres qui portent le deuil du jour ? Il est difficile en effet de prendre à personne de pareilles choses : elles sont trop originales. Ce qui m'étonne , c'est qu'on ne cite pas aussi comme bien hanU et bien poétique le soleil qui se rend à son gtte. Cette énorme platitude donne Heu à une dernière observation , c'est qu'à entendre les panégyristes de l'auteur du Saint-Louis y il n'a d'autres défauts que à^abuser de son esprit et de son imagination , une expression quelquefois outrée et de mauvais goût, des idées souvent dû-figurées par trop de recherche y toutes choses qu'on pourrait dire d'auteurs estimables d*ailleurs, et dont ]es beautés rachèteraient suffîsanunent les défauts. La vérité est que , dans ce long fatras dont la lecture est insoutenable , il y a autant de triviaUté que d'enflure , autant de prosaïsme bas et dégoûtant que d'extravagante emphase. On en peut juger par ces vers pris au hasard:
Us suivaient Gargadan le célèbre jouteur, Dont le liamais, charmé par Émir FeDchanteur, Sous le fer émoulu plus ferme qu*uue enclume , S*étonnait aiissi peu d*un dard que d*une plume.
Et ailleurs :
Un garde cependant au prince donue avis Que deux grands étrangers, d'mi riche train suiTis, Sont yenus députés pour une grande affaire , De la part du sultan qui rè^^e sur le Caire.
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Ne reconnaît-on pas là un écrivain qui , gâtant les grands objets par l'exagération , ne sait pas ennoblir les petits par un peu d'élégance ?
Le résultat des éditeurs, répond à ce qui a précédé. <( Tel est le poëme de Saint-Louis , l'ouvrage )) peut-être le plus poétique que nous ajons dans » notre langue. » ( Ceux qui l'entendent bien savent que cette fornuile de doute équivaut à peu près à l'affirmation... ) «Malgré ses défauts» ( remarquez cette expression si réservée, quand il s'agit de Tassemblage de tous les vices les plus monstrueux qui puissent déshonorer le goût, Tesprit et le langage), a malgré ses défauts, nous croyons que » les ouvrages du père Lemoine sont une vérita-- » hle école de poésie , et qu'une pareille lecture , )> faite néanmoins avec précaution » (c'est quelque chose : on ne parlerait pas autrennent de Corneille ) , « peut être utile aux jeunes poètes , dans » un temps surtout où notre poésie , à force de » raison , est devenue peut-être trop timide , et » où notre langue a perdu de sa richesse en s'é- » purant. »
Voilà donc ce qu'on imprime à la fin du dixhuitième siècle ! voilà les belles leçons qu'on nous donne ! Ainsi donc les ouvrages les plus poétiques de notre langue ne sont pas , sans contredit , ceux des Boîleau et des Rousseau , ceux des Racine et des Voltaire , qu'on lit sans cesse et qu'on sait par cœur; c'est peut-être le poëme de Saint- Louis
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que personne ne lit ni ne pourrait lire, et dont personne ici peut-être ne savait un seul vers. Il yen a quelques-uns d'heureux parmi ceux qui .sont rapportés dans les Annales poétiques : il y en a même qu'on n'a point cités , et qui m'onc paru plus beaux et moins défectueux , quoiqu'on jr aperçoive encore quelque rouille. Tel est cet endroit où le sultan d'Egypte descend dans les souterrains destinés à conserver les corps embaujmés de ses ancêtres.
«Sous les pieds de ces monts taillés et suspendus // s*élend des pays ténébreux et perdus , Des déserts spacieux , des solitudes sombres Faites pour le séjour des morts et de leurs ombres. Là sont les corps des rois et les corps des sultans , Diversement rangés selon f ordre des temps.
Les uns sont enchâssés dans de creuses images , A ^i Fart a donné leur taille et leurs visages ; ' Et dans ces Tains portraits qui sont leurs monumens , Leur oi^eil se conserre avec leurs ossemens.
Les autres, embaumés, sont posés en des niches Où leurs ombres encore éclatantes et riches •Semblent perpétuer, malgré les lois du sort, La pompe de leur vie en celle de leur mort.
De ce muet sénat, de cette cour terrible , Le silence épouyante et la face est horrible. Là sont les devanciers avec leurs descendans ; Tous les régnes j sont ; on j voit tous les temps ; Et cette antiquité , ces siècles dont Thistoire N'a pu sauver qu*à peine une obscure mémoire. Réunis par la mort en cette sombre nuit , Y sont sans mouvement, sans lumière et sans bruit
Si le père Lemoine avait un certain nombre
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de pareils morceaux , il y aurait de quoi excuser toutes ses fautes : il mériterait d'être lu , et il le serait. Mais j'ose assurer qu'on n'en trouverait pas un second écrit et conçu de cette manière. Ce qu'il peut avoir de bon d'ailleurs consiste en quelques traits, quelques expressions, quelques versr épars çà et là , le tout noyé dans le galimatias. Et n'est-ce pas tendre un piège aux jeunes gens que de leur dire : Voilà l'école de la poésie ? Quand on n'a parlé de ses fautes innombrables et impar^ donnables que pour les excuser, ou même les exalter , n'est-ce pas dire en quelque sorte : Faites de même, et vous passerez pour avoir du génie ^ soyez enflé , et vous paraîtrez hardi ; soyez insensé^ et vous serez poétique? Encore, si l'on disait que des écrivains d'un goût formé peuvent trouver dans ces vieux poètes quelques beautés informes, quelques idées ébauchées dont il est possible de tirer parti , cela ne serait pas dépourvu de vérité : mais de semblables modèles ne sont-ils pas pour les élèves infiniment plus dangereux qu'utiles ? Il n'y a que ceux qui par état sont à portée de voir et d'entendre tous les jours les jeunes littérateurs, qui sachent combien ils sont infectés de mauvais goût et de faux principes. Convient-il de les y affermir au lieu de les en détourner? Faut-il les rappeler de l'école de Despréaux pour les envoyer à celle du père Lemoine?
Je n'insisterai pas sur l'injure que l'on fait k
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nos poètes clasâques , en trouvant Tauteur du Saint-Louis plus poëte qu'eux. C est un outrage sans conséquence , auquel ils répondent assez par un siècle de gloire et le suffirage de toutes les nations. Je me contenterai d'ai&rmer avec tous les connaisseurs, que, si Ton donne aux mots leur acception légitime , si la vraie poésie n'est en effet que l'expression de la belle nature, le langage de l'imagination conduite par la raison et le goût, l'accord heureux et soutenu de la force et de la justesse, du sentiment et de l'I^^^^i^^i^ic, il y a plus de poésie cent fois dans AthaMe, dans la Henriade et même dans le Lutrin^ que dans les dix-huit mortels chants du Saint-Louis. Qu'il me soit permis, pour sortir de toute cette barbarie, de finir par un morceau de cette Henriade qu'il est de mode auj.ourd'hui de dénigrer. Il suffit pour faire voir si nous sommes en effet si timides , et si notre poésie , sous la plume d'un grand maître , ne sait pas exprimer même les objets qui semblent lui être le pluâ étrangers.
Dans le ceatre éclatant de ces orbes immenses
Oui n oftt pu nous cacher leur marche et leurs distances ,
Luit cet astre du jour, par Dieu même allume ,
Qui tourne autour de soi sur son axe enflammé :
De lui parlent sans fin des torrens de lumière ;
11 donne, en se montrant, la. vie à la matière »
£t dispense les jours , les saisons et les ans
A des mondes divers , autour de lui flottans.
Ces astres , asservis à la loi <{uî les presse ,
S'attirent dans leur course et s^évîtent sans cette ,
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El sei-yant Fun à l'autre et de régie et d'appui , Se prcteut les clartés qu'ils reçoivent de lui. Au delà de leurs cours, et loio dans cet espace Ou la matière nage , et que Dieu seul embrasse , Sont des soleils sans nombre et des mondes sans fin. Daus cet abîme immense il leur ouvre un chemin. Pai*-delà tous ces cieux le dieu des cieux réside.
Entendez-vous le chant du poëte? n'est-il pas dans les cieux ? n'y êtes-vous pas avec lui ? sontce là des beautés assez originales? où en était le modèle ? qui lui a servi de guide quand il prenait ce sublime essor? son génie, le génie de la poésie, ^lont l'œil sait tout voir , dont le pinceau peut uOut rendre, dont la voix peut tout chanter. £t des barbares oseront comparer, préférer méme,.^ Je m'iirrête. Ne passons pas de l'admiration à la colère : 11 y aurait trop à perdre. J'en dirai davantage lorsque, dans le dix-huitième siècle, nous retrouverons, marchant d'un pas plus ferme sur les traces de Voltaire, la muse de l'épopée, qui n'a ùit que s'égarer dans le précédent. Il est temps de suivre , au point où nous en sommes , une muse plus heureuse, celle de la tragédie^ qu'alors le grand Corneille plaçait avec lui sur le même trône.
l6o COVBS DE LITTÉRATURE.