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34 GOT7B8 me UTTilATUlB»
Télûigner de Tathéisme. Ce ne sont^ûrement pas ^es Iiommes de bien ceux qui vwent comme s'ils ' étaient persuadés quU lij a pas de Dieu, car cela ne peut absolument s'enteiulre que dea mécbaus. Or^ qnest-èe qu'une opinion qui est le yœu et rintérêt des mécbans? B m'est impossible de deviner coihment l)iderot^ devenu atbée, aurait ' répondu à ses propres pensées. Il l'était pourtant devenu an point d'entrer en fureur an seul nom de Dieu , et de regarder l'idée d'un Dieu conune le premier des fléaux de la terre. Il cbcrdbait comment cette idée était entrée dans If monde> ta quel était le premier qui avait pu s'en aYÎser. Il ne disait pas comme Lucrèce : Primus in orbe ' deàs/ecit timor : «La crainte a fait les dieux \ » Son imagination lui fournissait une autre bjpo^ thèse bien -digne d'une tête comme là sienne. Il supposait un misanthrope furieux , un Timon , un homme qui avait nourri trente ans dans une caverne lé ressentiment de tout le mal que lui avaient fait les hommes, et cherché pendant tout <:e temps comment il exercerait contre eux une «vengeance terrible et durable qui pût ||90uvir «ôùte sa haine. Un jour enfin cet hom^^j^^it 'sorti àè sa caverne tout rempU d'u«e idj^ ^m w6^ .pondait à. aes . fureurs; il en éttnt soitt^cra criant
' ^ Ce demi- vers est de Pétrone^ et noan» de Lucrèce : •on le trouve aussi dans Staçe^Tk^aJtiiefiyfll, 96i ; allé «net dans la bouche de Capanée.
DIDEI^OT. PEXfsé£S P-HILOSCMLIQUES. 3^
-d'ui^ voix épi^ivautaUe , Dieu l %t avait , meu^ ecnivu le monde, ea jetEUit p^f tout le xfxème fprî , Dieui £t €6 mot^ répété'^ Qoxntaeoté , avait cér pandu toutes ka ealamités sur la terre. Telle était \dL i2AAQ ptUhsophique que Diderot substituait k celle de Pandore, et qui est bien d'un autre goût^^ et ne £era pas la même fortune. Je : ne ctois pas qu'il.raii &it entrai dana aucun de ses ouvrages; mais: je suiS' sûr que c'était là une de ses conversatîoas dont <)n nbuaa dit tqui à Vheuire qpLelles p^ouçaimt autant dk génie que des ous^rages.
'Oes^fafimHAes qui ont. entendu; celWlà existent «ncoff«:::ila sont croyaJales; ils sont prêta à attester cerqoè je lapporie, et ee ne seraient sûrement paË( aiASvqûi^uraâeBit: inventé ce qui peut^tre n'a. pu jamaî» éck»^ qoe du eemau de Diderot» ^ • B &Uaiâ qu'il filt. encore loin de là lorsqu'il ût mtk livre dea Peftiee^ r il j soudent l'existence dei Jàien^ eomiae prouvée en laiétaj^ysique 0t en bonne* morale^ et reûoanatt l'utilité de cette cMyance.'.yoici.âes.teiaKiea:.<i Sans là icrainte^da ». législateur! j sans la pente du tempérament ^qt V sanâ la coemaisàance dea avantages actuels^ dé » la vertu, la prabité de Tathéë nianqua:ait de ^ fondenient. » Or ; ràqame les lois , tout en pu^ nissailt les Ripons ^/n'dhit'ljaaiâis fait un benoéte homme ; comme • h pente du tempémmeni est trop incertaine et trop variable pour servir de base k hi probiié} enfin , comme les «^ntagoa
36 COURS DK LITTéRATURV.
actuels du vice sont fort souvent supérieurs il ceux de la vertu , il suit évidemment des paroles de Diderot (quelle que fût sa pensée) , que la pro^ hité de Fathée manque de fondement. Quoique sa phrase ne soit pas expressément affirmative par la tournure , elle Test bien par ses conséquences implicites. Peut-être ménageait -il un peu les athées par un secret pressentiment qu'un jour il se rallierait à eux; peut-être aus^ dëmanderezvous comment il a pu entrer dans leurs rangs , et ^e mettre à leur tête, après les assertions et les aveux qu'on voit ici. Lui seul pourrait vous le dire; ce qui ne signifie pas même que vous dussiez le comprendre* — Mais enfin, direz-vous encore, comment s'est-il répondu à lui-même? -^ Jamais il ne s'est répondu. Il a beaucoup ai^umenté en ^ns contraire , et voilà tout. Estpce que ces phi^ losopheS'-lk répondent? Pas plus à eux -mêmes qu'aux autres. Os répliquent quelquefois, n'importe comment ; mais répondre ! ils ne s!^ expo-^ sent pas. Ils enseignent toujours, et ne se trom« peut jamais ;: voilà leur vocation. Ils enseignent le pour et le contre dans tous les sens ; et pour* tant ne varient jamais : voilà leur privilège. Vous croyez que je plaisante; point du tout. Rien n*est plus sérieux et plus facile à expliquer. Qu'im* porte qu'un homme soit tour à tour déiste , athée , sceptique, spinosiste, tout ce que vous voudrez? H ne change point ; il est toujours philosophe.:
PIDEAOT. PEKSJÎES PUILOSOPHl^QUES. îjr
dès quil n est pas chrétien. Je vous dis là le grand, mot de la secte ^ le mot de ralliement; et quoiqu'il ny en ait peut-être pas deux de la même opinion , il u y en a pas un qui , en parlant pour tous, 'parle jamais autrement quau nom de la raison et de la vérité. Cela peut paraître incom* préhensible ; mais cela est exact. — Mais il suffit donc, pour être j^A/fo^opAe, de n'être pas chrétien? — Précisément. Cette fois vous êtes dans le vrai , le vrai rigoureux , et qui n'admet point d'exception. J'en ai connu bon nombre , et avant la révolution , qui certainement ne savaient pas plus de philosophite que je ne sais de géométrie (et je n'en sais pas un mot), et qui étaient phi-hsophes f et le sont encore , si jamais il en fut. Les lettres de Voltaire en font mention honorable à tout moment , et j'en citerai , à son article , un exemple, qui vous tiendra lieu de tout le reste. Vous voilà , messieurs , bien avertis , «t assez. , je crois, pour ne leur reprocher jamais les contradictions, les variations, la versatilité ; ils crie* raient à la calomnie. La philosophie n'est poipt versatile f et par une raison péremptoire, c'est que jamais xxn philosophe ne dit qu'il s'est mépris , si ce n'est dans les occasions de peu de conséquence et pour un grand bien; et les exemples en sont très-raresi Or, tant qu'on n'avoue point qu'on a été dans l'erreur, on est toujours dans la vérité , on est toujours ce qu'on était , cela est clair. Mais
38 ' eotnsis DE litteratuihb.
Toulefr-rous savoir ce que c'est que d'être persa^ tilePXjési, par exemple, celui qui s'en ifiendraitdire : « Je vous avoue que je me suis trompé^ » faute d^avoir examiné. L'examen m'a détrompé^ » et voici mes raisons : vous en jugerez. » Oh L celui-là est vraiment Vhonmae s^rsatile^ ; il est de jUas indigne de toute crojanee, car il avoue qu'il a eu tort. Comment ponrrait-il jamais avoir raison? H est de plus hypocrite, car il se déclare pour une catrse proscrite et persécutée, sans aucune espèce de défense ni d'appui. U est de plus mî lâche y car il attaque des hommes qm ont -en main tous les genres de pouvoir et totis les moyens» d'oppression. Ybilà , messieurs , en peu de mots , mais très-fidèlement, la logique de nos illustres adversaires , de ceux à qui nos séances font jeter les hauts cris. Je viens de mettre sous vos yeux la substance de vingt libelles , et si j*aî "cm devoir vous CB parler ainâ une fois en passant, cVst afin de vous convaincre que des ennemis que je ne crois pas même pouvoir ici traiter d'un ton plus sérieux ,
** Tout ce qui est marqué en îtalique^ jusqu'à ht fin du pàKagrapke , avait été imprimé contre l'auteur ^ans une Coule de pamphlets philosophiques. TojUt cet article de Biderot ^ prononcé tel à peu près qu'il est ici >, excita beaucoup de clameur dans les journaux , et ce n'est pas ce qui peut surprendre; mais ce qui est plus extraordinaire^ c'est qu'on ait pu, à Paris, parler aiilsi en public pendant •ix mois.
DIDEROT. PCliSéES PHILOSOPHIIqUES. ^g^'
De m'empêcheront jamais de dire la vérïtiS tant que vous voudrez, bieo ,V«nt€^3kdj:6^ et tant qu'on ne m'ôtera pas les moyens de la dire. Revenons.
Si Diderot veut ki un Dien^il neimit pas de culte, et -c'est une inoottséquence qui, tout étrapge et toute grossière qu'elle est, a eu de nos jour» des suites si liorribksi, qu'dle vàiit la peine d'être Gocnbattue à part : ^e le sera iians im autre ouvrage^, où cette discussion est naturellement plaoée, et dans" tonte son étendue. Diderot l'éner* gmnène s'éerie : « Les iKNOinies ont banni la Di» » "viniié d'entre eux; ils l'ont reléguée dans un 1^ sanctnaîre; les murs d'an temple bornent sa> » vue; elle n'existe pc^nt aa deià. Insensés que" 7> vous êtes! «dëtruiseB ces enoemtes qui rétrécis-*^ }f. sent vos idées; élargissez Ddeuu » :
Il était réservé à natrjt siècle de prendre pour, des principes. ces déclamationa à Im^ fidia puérîleil et forcenées , oùîTbn ne &it i|u'iilHiflSff ecandaleu*' smieut des i^riiés anciennes et eonMamineSy ^P^r }dans leur juste mesure, avaient fourni aux anciens de belles, pensées et de beaux Tersv Ainsi dans Lucain , lorsque l'on vent que Ciaton aille dhrercber un oracle dans le temple d[e Jupiter Ammon , le poëte lui fait dire fort à propos que les dieux sont partout :
Ont-ils cLoisî ces Lords pour leur asile unique, • Caché la yérité dans les^ablet d!A&i<{iie?
^ Dans VÀpolûgie.
Ao GOUaS L-IS LITTÉRATURS, ^
Nous tommes entoures de la dÎTinitë :
•ï Les dieux n*ont qa'un seul temple, et e*e8t rimmensité
lis nont qu*un sanctuaire , et c*est lé eceur du juste ^ •
Caton parle en philosophe , et les vers sont ^ut^ poète. Ou se serait moqué de Tun et de l'autre , s'ils avaient dit que les temples anéantis* saient la Divinité. On les eût regardés comme des fous furieux y ails avaient dit : Détruisez les^ temples y parce que Dieu est partout. Mais de nos jours on a trouvé sublime cette saillie de rhéteur : Elargissez Dieu. Je dirais à Diderot : Insensé toi-même , toi qui appelles les autres insensés yet qui t'appelles philosophe, réponds. Où as -tu vu un peuple y un homme assez sot pour croire que le temple bornât la divinité qui Thabite? Qui jamais a dit, hors toi, que des murs bornaient sa vue? A qui en as- tu? Qui jamais a pu ignorer, hors toi y que le temple est pour Phomme et non pour V Etemel^? On te Ta dit cent fois dans toutes les langues; pourquoi f(^ns*tu de ToubUer?
^ On peut choisir entre cette traduction et les deiu vers de firébeuf , souvent cités , c[ui peut-être valent mieux, quoique la fin du premier m'ait toujours pai*u une cheville ; mais le second est d'une précision adimrable t
Est-il d*antre séjour, pour c€ monarque auguste ^
Que les deux , que la terre , et que le cœur du juste l
^ Paroles tirées d'un mandement de l'évêque de Lescai\ l'un de ses écrits où la religion a été ie plus éloquente.
Ou as-tu pris que , pour ceux qui ont des temples^ Dieu Ti existe pas au delà ? Cest calomnier stupidement le paysan le plus stupide. £n veux-tu la preuve sensible? Ne t'es-tu jamais trouvé , dans nos campagnes y à. ces cérémonies si touchantes daiv) leur agreste simplicité ^ » quand les habitans des bourgs , des villages ^ des hameaux , précédés de leur pasteur ^ marchaient à travers les plaines <Ailtivées par leurs mains , élevant avec lui leurs chants religieux vers le del, vers le Dieu qui nous a donné la terre, et lui donne la fécondité? Tu as pu voir tous les ans ce beau spectacle, beau, non pas seulement pour un chrétien, mais pour tout vrai philosophe, pour quiconque a une âme; mais les sophistes et les charlatans n'en ont pas. Il est vrai que tu ne le verrais plus aujourd'hui, cet attendrissant appareil, ce commerce sublime de la nature avec son auteur, et des en&ns avec leur père, à^qui leurs voix demandent la nourri* ture. Tu ne le verrais plus dans la France, cet hommage solennel au dispensateur suprême de tous les biens; et s'il osait s'y reproduire, des bandes d'assassins stipendiés marcheraient, avec le fer et le feu , contre ce paisible et religieux con^ cours , qui ne se nomme plus parmi nous que le fanatisme. Mais s'il ne se montre plus dans la France, tu le retrouverais dans l'Europe et dans
^ Les Rogations.
i|9 OGinS I)£ LITTÊIUTtJRB.'
tout le monde chrétien. Ceait en Ftance seule^ ment, c'est anjotrrd'biii qu^ n*est plus permis d'aderer Dieu à la face du soleil; c'est senlement parmi '^nouÀ, ce n est que de nos jours qne Voti peut dire avec 'vérité que Dieu est relégué, emprisonné dans les temples , autant du mtoms qîcfon Ta pu. Mais à qui faut-il s'en prehdre, sinon à foi et à tes pareils? Ne mnt-ce pas tes propre» paroles , élar^iss^z Dieu , que répétaient ceux qui fermaient toutes les églises de la France, après les avoir dépouillées , et quand ik les âî>attaient , ' n'est-ce pas tes ordres exprès, détruisez ces en-ceintes , que leurs nnains sacrilégement dociles ont si bien exécutés-? Tes phrases n'étaient-elles pas le cri qu'on avait appris à Fignorance pour autoriser la rapme et la rage, cri qui est encore en ce (moment répété par tons les édios journaliers de la philosophie? è!h\ lorsque Dieu et ses adorateurs sont légalement confinés dans les lemples, ce mot, qui dans ita bouche n'était "qiTuii' extravagant blasphème, 'ce mot, pris dans un autre sens, trop réel et trop juste, ce mot nous appartient aujourd'hui, et c'est bien nous qin avons le droit de dire, au nom de la raison, de la liberté, de la religion \ Életrgiis^ez Dieu ^ Diderot, en faisant l'éloge du sceptidiBme , se
'^ L'auteur a eu , avant de mourir, la consolation de voii* la religion rétablie dans tout son luttre.
DIDEROT. P£Kfi£ES PHILOSOPHIQUES. Ai
(j^QÙ Fon vient\ où Ion m, ff^rgiwi l'onesif venu, n est yvaiqpe tgut cçla est si peu dç clio^ que ce n est pas même la peine ay penser. Aussi nous dit-il^ ^vec une fierté digne du plus noble quadrupède : « Le sceptique se pique d'ignorer » tout cela , saiia ^ea ètue pius joiAUieureux. » C'est en ^efiet ^ piquer d'une belle cbosel Mai^ le sceptique .ne m^t^il pas uxLpeuPJNf'est-il pas a« moins prouvé 9 p^r le fait, qu'il s'est donné beau^ coup de peiile pour parvenir à ignorer ce que le rsens linti^ne, .indépendainunent de la révéla<> tion^ an^ appris à tous les peuples i? puisque too^ ont cru im Dieu joémùnéirateur et vengeur, une àme immortelle et.unxaondeà vjenir! H est donc de . fait ( et ce qu'il y a 4e bon y c'est que nos philos0phes eux-mêmes ne peuvent pas toujours mer les faits ) ique l'on avait , de temps immémorial, ^trouvé la véponse à ces questions, que Diderot et son sceptique regardent conune si indifférentes; etrque la conscience a. enseigné à tous les hommes ce que la philosophie se pique seule et ignorer^ lîe serait-ce pas déjà une présomption morale assez plausible, t^e la réponse du sens intime de tous les hommes vaut un peu mieux que Vigno^ ranùe de nos sages yCpA n'affectent que celle-là, et qui d'ailleurs savent tout, excepté ce que savent tous les hmnmes? Je sais que ces sages vont répondre par un seul mot ^ qui répond à toutt
44 GOUBS DE UTTilUTUBE.
préjugés ! Je pourrais répliquer par un vers fort l)eau , et qui, pour eux, nest pas cTun homme à préjugés, puisque est de Voltaire :
La voix de l'uniTert est-elle im préjuge ?
Et il s*agit précisément cTun pmnt de morale.... Mais à quoi pensé-je? J'oublie que ce même Vol* taire, que les chrétiens appellent un impie, Diderot l'appelait un cagotj et Helvétius un cause-^inaUer. Vous m'avouerez qu'avec ces sortes dé gens on ne peut jamais savoir sur quoi compter. Au reste. Voltaire riait beaucoup de se trouver , sur la fin de ses jours , un cagot , et il disait , le plus doucement qu'il pouvait , à son ami Helvétius , que causc'jinalier n'était pas une réponse ; et je cnns qu'au fond cela est assez vrai. Nos adversaires disent aussi que des vers neproui^nt rien. Oui/ comme vers : mais rien n'empêche qu'ils ne prou* vent comme pensée; et celle-là est d'un grand sens; elle rentre dans un axiome de l'ancienne philosophie, que j'aime à redire, d'autant plus qu'il sonne mal aux oreilles de la nouvelle , « Con- )i sensus omnium lex naturœ putanda est. Le » sentiment unanime de tous les hommes drât )> être regardé comme une loi de la nature.» Gic, De plus , si les poètes ne sont pas tenus de prouver , des philosophes y sont obligés ; et s'îL peut être beau , quoique peu modeste^ de contredire la
voix de Punivers , il n'est pas heureux de n'avoir pu encore y oj^poser que des objections sans con^ séquence , et des théories sans aucua fondement. Il n'est pas trés-péremptoire de dire : a Ce que » tout le monde croit est un préjugé dès que nous » ne le croyons pas ; et personne ne doit affirmer » quand nous doutons, ni douter quand nous affir- » mons. » C'est là tout le fond des démonstrations de nos maîtres. J'y vois bien une assez grande supé* riorité d'orgueil, mais aucune supériorité de raison; et jusqu'à ce qu'ils veuillent bien descendne à raisonneravec nous, ou qu'ils prouvent du moins que la philosophie déroge quand elle raisonne , je me croirai en droit de dire que la leur est si prodigieusement ridicule, qu'il ne faut pas moins que tout le mal qu!dle a fait pour qu'il soit permis d'en parler sériepsenient ; mais qu'en même temps le mal est û grand dans les effiits, qu'il faut toute l'ineptie de la doctrine pou? que l'on nous par* donne de n'en pas parler toujours avec le ton de l'horreur et de l'indignation.
Diderot, à l'appui de son scepticisme , cite Vol* taire , qui. se moque de Pascal, parce quç celui* ci regarde comme un état< insupportable celui d'hommes qui seraient condamnés à ignorer leur nature et leur destination* Que Voltaire se moque tant qu'il voudra , la proposition de Pascal n'en est pas moins juste et conséquente. Quoi de plus naturel à l'être raisonnable que le. besoin de conr
j(6 COUHS DK UTTÉHATUBE*
naître oeqoi lui importe le plus, et le regret de l'ignorer? c Jaimerais autant , dit Voltaire , m^a£- » fliger de n'avoir pas quatre pieds , <juatre jeux n et deux ailes. » Je serais tenté de croire que ce n'est pas sans quelque malice que Diderot a cité ce passage, et qu'il voulait faire rire aux dépéris àece cagot de Voltaire. On peut douter qu'on. ait jamais imaginé une parité de cette espèce. H est rigoureusement conforme à la raison de Fliomme de s'interroger sur sa- nature et sa destination , et de chercher au moins ce que là-dessos sa raison peut lui ^isôgner; et celui-là au contraire FautiEiît absolument perdue , qui ^'affligerait de n'avoir pas d'ailes^ etc. Le rapprochement de deux choses si opposées n'est pas plus raisonnable. La différence qu'il y a, c*est que le désespoir de n'avoir pas d!ailes suppose Taliénation absolue; au lieu que donner deux choses contraires pour deux choses identiques ne prouve* que cette alrâence moment tanée de tout bon sens , qui £nt dire une sottif^ une folie , sans être ni unr fou ni un sot. B^ts quand ces sottises et ces folies se raidtiplieiit au point de remplir des volumes, et de fidre une partie considérable des ouvrages d*un homme qîfi d'ailletrrs a montré , dans d*iautièff genres , no&senlement un esprit rare , mais un talent du premier ordre ; quand il y at joint une multitude dfb mensonges d'une tdle audace /qu'il n^ a d*autre £fficulté à les réfuter, preuve en main, que la
DIDEROT^ jl^BirràSS PHILOSOfniQTJES. ^^7
jassitu^fi et le dégoû4 de dire sans cesse , wus avez menti ; que peut-on eu conclure^ si ce n'est que la philosophie moderne a jeté sijir un grand hom^me, qui a eu le malheur de s y attacher, cette inévitable malédiction qui devait la suivre partout ? et c'est ce que vous déplbrcrez avec moi , quand ce wsiéàÈe Yokaîre, que TOtiSt sures si souvent admiré avec moi y paraîtra devaiit vous à son rang, comnie philosophe.
Vous avez déjà vu combien il était sujet à se contredire , miêmie en critique , tant il était dominé par une iiiitf ^nation rebelle à toute espèce de frein. Ce doit être pis en phitesopfcie ; et ici , par jexempie ^^^oeintoié éc^rûvain , qui défend contre Pascal rinsouciance ^ seôj^ticisme , ailleurs I!a trouprestupide, et 'même impossible, sans doute parce qu^il étbit alors dàâs un de ces instâns de k»iie foi quiôbligéntdfe parier ccmime on a senti. Letrait €0l'ira^ppàiiit, et je â^àurai qu'à le transcrire et 4 irâbapdoanfèi^ à vos réflexions. Dans des entretiens ^ dà; aob^ lé'iiom d'tin philosophe chiiioia> disci]^4e.(!!!cn!^^ cèM qùéûous appë^ loDS (7b72^^iB4^)y*i) disserte avec un priiice de la Cîhiné sur lia- «létaphysî^ue et la morale, et Tînstruit sur l'existence de Dieu et l'immorlafité de l'àmè , iHui dit : )i Si^dus abusez de votre raison, » non-seufemeut vousf serez malheureux ^iis cette
s dèCw^ 'diiéc lâ^prince Kou.
^ft COURS DE UTTÉRATUBB.
n Tie, mais qui vous a dit que vous ne le seriez pa3 » dans une autre ?