‹ Lycée (volume 5)Chapitre 4 sur 15 · LE PHILOSOPHE · texte numérisé non relu

LE PHILOSOPHE

» Je vous en défie. »

Et il tranche le dialogue à ce mot^ qu*on peat bien appeler celui de la conscience. Il est également sûr que ce mot sortait de celle de Fauteur , et accusait celle des sceptiques et des athées. Ce mot f Je vous en défie ^ donnait plemémént raiaoa à tous les moralistes et prédicateurs chrétiens qui ont tant de ibis argué de faux la prétendue sécu^ rite des impies sur l'avenir ; et pourtant celui à> qui cet aveu échappe , sans qu il y pensé ^ a traitée cent fois de déclamations tout ce qu*ont dit 8ur«. cet article ceux que lui-même a justifiés ici d'unét seule parole.

Ces contradictions si fréquentes ne m^éton-.

nent nullement, et me paraissent même daaac l'ordre. Mais ce que vous trouverez plus extraordinaire^ c'est le passage suivant, qui^ dans Dîda»

DIDEROT. PENSÉES PHILOSOPHIQTJES. ^Q

rot y doit le paraître e) \core bien plus à nos adversaires qu'à nous. «Loi^uon annonce au peuple j» un dognie qui contred t la religion dominante ^ » ou quelque fait contraire à la tranquillité pu- » blique, justifiât-on sa mission par des miracles, » le gouvernement a Hroit de sévir^ et le peuple » de crier , Ciiicifige ! Quel danger ny aurait-il » pas à abandonner les esprits aux séductions m d!un imposteur ou aux rêveries dun vision-' » nuire !y>

Je n'examine pas encore comment l'auteur a trouvé le moyen d'appliquer à faux un principe généralement vrai, et cela en y comprenant le seul cas qui doit y faire exception. Mais, avant tout , comprenez-vous que ce soit Diderot qui ait pu renverser alors en deux phrases ce code de to^ lér^ànce universelle , le seul sacré pour nos phi-^ sopheSy tant qu'ils en ont eu besoin ^ et quils ont foulé aux pieds comme tout autre , dès qu'ils ont été les plus forts? Comprenez-vous que ce soit Diderot qui, en les condamnant, se condamne lui-même , et porte contre eux et contre lui un arrêt à formel , si rigoureux , si motivé ? Certes , il ne pouvait pas se cacber que , dans ce même livre , à la même page , il attaquait la religtan domi^ nante , et par des dogmes qui contredisaient nonseulement cette religion , mais même la religion et la police de tous les gouvernemens du monde , car où souffrirait-on qu'un citoyen criât : Détrui* xvui. 4 '

5o CODAS DE LITTÉRATURE.

sez les temples ? Il n'y a point de pays où ce nefut un délit capital ; et ce cri , tous Tenez de l'entendre dans sa boncfae. Il ne contredisait padmoins formellement la religion de son pays en rejetant rautorité des miracles^ dogme qui tient même beaucoup de place dans ses Pensées^ et dont il va encore être question. Et c'est lui qui crie contre lui avec le peuple : Cruciftge ! C'est kd qui reconnaît dans le gouvernement le droit de séi^ir! J'avoue qu'il m'est impossible de deviner ici son intention , ni de rien apercevoir qui puisse mettre d'accord -ce qu'il écrit et ce qu'il fait , ce qu'il veut et ce qu'il doit vouloir. Je suis con* Taincu que personne, pas même hos philosophes ^ qui expliquent tout, ne pourrait expliquer une si étrange inconséquence. Dira-t-on que ce qui Ta emporté ici sur tout le reste , c est la résolution de condamner Jésus-^Christ , ses miracles et ses dis-* ciples, et de donner raison à leurs persécuteurs et à leurs bourreaux ? C'est la seule idée qcâ se présente d'abord , et d'autant plus , que c'est ce qu'a Élit depuis Voltaire, et toute la secte, en cent endroits. Mais Diderot vient tout de suite au-devant de cette inteprétation , en ajoutant : « Si le sang. » de Jésus -Christ a crié vengeance contre les » Juifs , c'«st qu'en le répandant ils fermaient ro- » reille à la voix de Moise et des prophètes , qtri » le dédaraient ie Messie. » Rien n'est plus vrai , et <:'^68t parler comme l'Ëva-dgile. Mais si ces pa-*

rôles décisives repmissait le soupçon d avenr voulu tourner conire Jésus^Christla sentenœ qu'il vient de porter , il en résulte nne nonvdle inconséquence plus forte que toutes les autres; car Tau* teur admet et consacre, par cet aveu /la seule ex-^ ception opposée à son principe, et dont il ne voulait pas : et c'est à présent que je vais &ire voir comment son principe , étendu. jusque-là , est devenu faux, et comment lui-même, sans y prendre garde, en avoue la fausseté. En effet, si les Juifs ont été toupables de ne pas reconnaître dans Jésus-Christ le Messie annoncé par leurs prophètes,, assurément ce ne peut être que parce qu il mani* lestait dans ses œuvres tous les. caractères que ces pn^phète? attribuent au Messie; et ces œuvres, ees caractères , ne sont autre chose que des miracles; c*est même ce que Jésus-Christ reproche à tout moment aux Juifs en termes ^exprès. Cependant Diderot va tout à Vheure rejeter, comme absolument nulles, les preuves tirées des miracles. . Comment concilier des assertions si contradictoires? D'un côté, le crime des Juifs est d'avoir naéconnu le Messie malgré ses miracles , prédits par les prophètes comme devant leur montrer le Messie ; et de l'autre , les miracles ne prouvent rien. Us prouvent si peu, que, malgré tous les miracles possibles , il faut pendre celui qui , en les faisant, contredit la religion dominante^Comme

ce n'est pas ici un cours ,de théologie, vous medis^

penserez de prouver, contre Diderot et tous les sophistes du siècle, que les miracles constatés sont évidemment une œuvre divine, et par conséquent un témoignage irrécusable de la vérité , puisque le Dieu de vérité ne saurait employer sa puissance en faveur du mensonge : c'est une thèse inexpugnable en bonne métaphysique ; mais c'est aussi parce que la religion est appuyée sur cette co* lonne que Diderot et consorts ont fait des efforts -si multipliés et si vains pour la renverser. C'est là tout ce que nous pouvons voir ici , sans perdre le •temps à mettre d'accord entre eux ni avec euxmêmes des hommes qui n y ont jamais pensé. Vous devez dès à présent les connaître assez pour n'en pas douter. Je puis ajouter que , dans leur plan ^ ils n'avaient pas plus le besoin d'être conséquens •qu'ils n'en avaient l'envie et le pouvoir. C'est pour édifier en quelque genre que ce soit qu'il faut un ordre d'idées conséquentes. Pour détruire, c'est tout le contraire : il ne faut alors que suivre une seule idée, celle de la destruction. Le bien est dans l'ordre, et le mal dans le désordre. Le génie du mal est donc essentiellement le désordre en tout • et tel est aussi le génie de cette philosophie et de sa révolution.

Tout ce qui reste du passage singulier que j'ai cité, et ce qui est bon à retenir , c'est que Diderot a crié crucifuge contre tous ceux qui contredisent la religion de leurpajrs , eussent-ils fait des mi^

DIDEROTé PEIfSiÈS FHXIOSOPHIQUES* 53

racles* Laissons se débattre contre lui ceux~q[ui yeulent que Von puisse prêcher dans une même rue Jésus-Christ et Mahomet, Brama et Somme-» naoodon , et qui appellent cela tolérance , liberté de penser et droit de t homme. Nos soi-disant philosophes doivent être d'autant plus embarrassés de la sentence dictée par Diderot , d'autant plus sûrs d'être pendus de sa façon , qu'ils n'ont pas même encore fait des miracles , ni essayé d'en faire, si ce n est peut-être ceux de la révolution , qui j dans un sens , sont bien réellement des mi" racles y mais non pas à leurs yeux,- et je ne sais ai Diderot lui-même serait plus content de ceux-là que de tous les autres.

« Une seule démonstration, dit-il, me frappe » plus que cinquante faits.»

Peu lui importe que le bon sens lui crie : Votre proposition est insignifiante , car les faits sont aussi une démonstration ^ et aussi forte qu'il soit possible, dès que les faits sont certains. Ou il faut admettre cet axiome , fondement de toute philosophie , et particulièrement de la physique ; ou il faut affirmer avec les pyrrhoniens qu'il n*y a pas de faits certains, et vous-même vous vous êtes moqué du pyrrhonisme. Qu'est-ce donc que Diderot a voulu dire? Encore une fois , ne le lui deman* dez pas ; il ne s*agit que de ce qu'il a voulu faire y. et il a voulu saper en philosophie la preuve de fait, parce qu'il y a au monde une religion fondée*

54 eOClS oc URÉKATUKB.

mur deê faits ^ camme Font aToué Fontendle^ MontaBquieu et J.-J. Rousseau ^. Yoilk tout ce vpm Diderot a voulu : le reste lui est indiffiérent. Ik n^ignorait pas que tout homme capable de la»* sonner pouvait lui répondre : Achevez du moiaÉ^ votre proposition , si vous voulez qu*on la «oîoà*^ prenne. Voulez-vous dire qu une seule démonstiftii tion vous frappe plus que cinquante £ûts incertaùaSi ou /aux? Ce serait une niaiserie. Il faut donc qàer vous diâezplus que cinquante faits certains^ èb c^est une extravagance, puisqu'il est reçu par toiii' les philosophes que la certitude de Êiiix équi'VïRit à toute autre certitude. Mais Didearot savoît aussk que, toute simple qu'est cette réponse, jamaîa: un sot ne la lui ferait , et c'était assez pour lui et ses pareils. Quant aux hommes instruite, vous savez comme ils s'en débarrassaient ; par ub concert d'invectives et de calomnies, tant qu'ils n'ont pos. eu d'autres armes ; et dès qu'ils ont eu la plii^*^ aance , par ce décret tcè^hilosophique : « QuJK* » conque parlera dans un autre sens que nouit » sera égorgé sur-le-champ. » On n& niera pas ca. fait, il est trop public; mais on répliquera que*

^ On sait que Fontenelle disait du du^istiaoîsme , « C'est. • la seule religion qui a des preuves » ; Rousseau , « Les » faits de J&us-Ghrist sont plus attestés que ceux de So- » crate ; » et voyez dans t Esprit des Lois Téioge du christianisme , considéré en politique , et tout le bien qu'il a fait itt monde.

ie décret est rapporté. Soit ; je n'examine pas comment y ni pourquoi, ni à quel degré. Mais aussi , à défaut d'autre réponse , le concert d'injures a recommencé..,^

Youlez-voua savoir pourquoi Diderot fait tant de cas d^une démonstration , quoiqu'il ne veuille pas de celle d^ faits? <c C'est, dti^il^ grâces à » l'extrcn^e con&anee que j'ai dans nta raison. » Extrême en effet, il faut en convenir. Cet amour propre est très-naïf; peut-être serait-il sublime, s*il n'était pas assez universellement reconnu que cet auicmr-propre-là est de tous les temps celui des sots 9 et ce qui est dans la tète de tous les sots ne devait pas se trouver sous la plume d'un homme d'esprit. Rien n'est pourtant plus commun chez nos philosophes , et nous verrons pourquoi, quand nous en serons à Rousseau , qui en ce genre a été plus philosophe qu'aucun autre. Aujourd hid je remarquerai seulement que c^est grâces à Vextréme confiance en leur raison que d'ordinaire les sots entendent si peu raison , et entendent ai bien la déraison ; et je puis dire , comme, Dacier, que ma remarque subsiste , car elle est vérifiée depuis le commencement du monde.

Diderot s^adresse aux thaumaturges , vrais ou faux ; qulmporte ? « Pourquoi me harceler par » des prodiges quand tu peux me terrasser par un n^syllogbme? » Je ne suis point un thaumaturge, il s*en £iut: mais je dirais à Diderot : C'est votre

56 COUBS DE LITTÉRATUAC.

faute si vdus ne comprenez pas , 1"*. quun prodige constaté renferme eh lui-même un syllogisme ; S*", qu il est le plus terrassant de tous. C'est un argument en action , qui revient à ces parole^ que je vais mettre en forme syllogistique , pour tous complaire : « Si Dieu m'a donné une puissance » qui n est qu'à lui , et qui ne saurait être celle » d'un homme, très-certainement c'est Dieu qui » m'envoie, et c'est sa parole que j'annonce. » La majeure est évidente. Passons* «Or, j'ai reçu de » Dieu cette puissance. Donc , etc, » — Prouvez la mineure, crieront aussitôt tous ceux qui m'entendent. Je la prouve. Lazare^ verU foras, « La- » zare , sortez du tombeau ^ ; » et un cadavre mort et enseveli depuis quatre jours au vu et au su de toute une ville , se lève et sort de son sépulcre. Qu'en dites -vous, monsieur Diderot? cette mineure-là est-elle prouvée, et l'argument est-il en bonne forme? Il reste, je le sais , à argumenter contre le mort, à lui soutenir qull ne l'était pas, comme un Anglais s'est diverti à soutenir à un homme bien vivant qu'il était mort en effet. Mais ce n'est pas ce dont il s'agit : j'ai prouvé ce qu'il

^ C'est ce miracle, le plus éclatant de tous ceux de Je* sus-Christ, opéré devant une foule de spectateurs qui crurent en lui; c'est TeiTet qu'il produisît dans Jérusalem , d'après son incontestable publicité , qui détermina le Sanhédrin à faire périr Jésus-Christ, comme on 1« Ut dans TEvangile.

DIDEROT. PENSÉES PHISOSOPHIQUES. 5*7

y ayait à prouver, qu'un véritable miracle n'est autre chose quun syllogisme, dont la majeure sous- entendue est démontrée en principe, la mineure démontrée en action, et la conséquence, daçs la raison de tous les hommes. Mais admirons, en passant , cette grande prédilection pour les syllogismes, afiFectée devant ceux qui n'y entendent rien , et cette grande attention à compter les syllogismes pour rien, avec ceux qui savent en faire.

« Quoi donc ! te serait-il plus facile redresser » un boiteux que de m'çclairer ? »

C'est selon : en rigueur , je ne crois pas que les miracles admettent le plus ou le moins de difficulté , puisque tout est également possible à celui qui fait seul les miracles; mais en me prêtant k la question de Diderot, je la trouve douteuse; C'est sans doute un prodige de redresser la jambe d'un boiteux; mais ce pourrait bien en être un autre de redresser l'esprit d'un athée, et je ne voudrais pas répondre que le dernier ne fût pas le plus difficile.

« L'exemple , les prodiges et l'autorité peuvent » faire des dupes; la raison seule fait des croyans. ji

H faut donc qu'il y ait dans le monde deux raisons opposées Tune à l'autre , ou bien tous les hommes les plus éclairés depuis dix-sept siècles , à compter de TertuUien et de saint Augustin jusq[u'à Fénélon et Massillon ^ont été dénués de raison,

58 CÛVIIS IXB LITTÉRATUBE.

et kl raison ne date que d'un siècle , comme un bel esprit vient de nous le dire très-posidvemeQt« Cette raison qui date d'un siècle est Tincrédulité ; celle qui en compte dix-sept est la foi. Laquelle croire? Je m'en tiendrai , la révélation même mise à part, à ces paroles de 1 Évangile: Vous les connaitrez par leurs fruits , à fructibus eorum ço* gnoscetis eos. Et comme le fruit de la raison de nos philosophes n'a été autre chose que la révolur tion française y je suis en droit de conclure avec l'Europe et le monde entier , dont l'opinion n'est pas équivoque , que l'arbre qui a porté un tel fruit était empoisonné. Si mes adversaires ne trouvent pas bon que je m'appuie d'un texte de l'Evangile , je les prierai de ne s'en pas facber, puisque ce texte rentre absolument dans la pensée d'un philosophe des plus fameux de ce siècle , et à qui euxmêmes ne contestent pas ce titre , J.-J. Rousseau. C'est lui qui leur a dit ( et ce n'est pas ce qu'il a dit de moins bon ) : a Vous répétez ^ns cesse que S) la vérité ne peut jamais faire de mal aux hom- )) mes ; je le croîs , et c'est pour moi la preuve que 3) ce que vous dites n'est pas la vérité. » Si son argument était bon dès ce temps-là, que serance aujourd'hui ? La Providence a pris soin de rendre la réplique impossible.

« Je ne suis pas chrétien parce que saint Augus^ -» tin l'était; mais je le. suis parce qu'il est raison* 9 nable de Tétre. a .

DIDEROT. TmstEé ITOLOSOPRIQUES. 5g

t, VOUS Wi» récriez: Quoi! Diderot se dit chrétien! Atteiidè!^^ nous allons tout à Theare avoir sa profession de fbi en forme; vous saurez peùtrètre à quoi tons en tenir. En attendant, souvenei^vous que Voltaire a fait eh sa rie une ciiiqoanuânede professkm* de foi, sans compter ou en conaptqnt celle qn'il fit unprimer à Paris dans tous les papiers pubËCB quelques mois avant sa mort. Nos philosophes disent que ce sont des faucons de parler , modus loquendi , des lazzi phi^ /(>^o/>%«fiè£ <strèmement plaisans ; et en effet linéiques - uns de ceux de Voltaire en ce genre l'étaient beaucoup., et j'aurai occasion de vous lès nppeler^ Cependant il faut avouer que la phrase de Diderot na point du tout- le ton d'un lazzi ^ au contraire , eQe a celui de la vérité. Diderot parle absolument comme saint Paul : a Ne croyez ni à ÂpoUon ni à Céphas^mais à Dieu : Sit rationabile obsequium vestrum , que votre soumission $oit raisonnable. » Vous voyez qu'il n'y a rien à redire aux paroles de Diderot, et qu'il est ici trèsorthodoxe, n ajoute :

<( Je suis né dans l'Église catholique , aposto- > lique et romaine, et je me. soumets à ses déci- » ty&jàsdé toute ma forte. » H ne s'agit plus que de savoir jusqu'où eUe va. « Je veux mourir dans n la religion de mes pères , et je la crois bonne. » Pardonnez-lui ce mot, la religion de mes pèref; ■ce n'était pas encore im crime capital. « Je la erra

6o C0UB8 DE LITTERiiTUBB*

» bonne, autant qiCil est possible à quelqu'un qui » n a jamais eu aucun commerce immédiat at^ec yi la Divinité j et qui n* a jamais été témoin daun » cun miracle. » Gomme nous ne savons pas jusquoù allait pour lui ce possible ^ non plus que sa force pour croire , il se pourrait bien qu'il y eût ici du lazzi de nos sages y et vous en penserez ce que vous voudrez. Mais il ne s'en tient pas là ; il nous assure qu'il a mis dans la balance les raisons des athées, des déistes , des Jui£s, des nmsulmans, de tous les sectaires, et enfin des dirétiens. Cest ne rien oublier , et surtout les raisons des athées ^nt dû faire un grand poids. Vous attendez le résultat ; le voici : « Après de longues oscillations » ( il y avait de quoi ) , la balance pencha du côté » du chrétien , mais avec le seul excès de sa pesan- » teur sur la résistance du côté opposé. » C'est toujours quelque chose ; et je crois , messieurs , que vous n'en espériez pas tant. « Je me suis témoin à » moi-même de mon équité. Il n'a pas tenu à » moi que cet excès ne m*ait paru fort grand : » j'atteste Dieu de ma sincérité. »

Diderot seul pourrait nous dire ce qu'un tel serment valait alors pour lui. Quoi qu'il en soit , ni la balance , ni le serment , ni la profession catho^ ligue f apostolique et romaine , ni la religion de nos pères , ne parurent au gouvernement des œuvres aussi édifiantes que nos philosophes les trouvaient gaies; et l'auteur, ayant donné peu de

temps après , une brochure du même genre , fut . renfermé assez long-temps à Yincennes , où il fut d'ailleurs traité avec tous les raénagemens possi* Ues ^ y comme on sait , et n*en devint pas plus sage.

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