‹ Lycée, ou, Cours de littérature ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 34 sur 38 · LV. CHOEUR · texte numérisé non relu

LV. CHOEUR

Un (lirii pour von* ;irn\t' , Ou bion rpiolqm- luorti-l |Kir les ilit-ux .iiiinié. Qui... égaille/ dVcouler <lts sentiiiuMit.s timides) Qui viTse s;ui.s pitié le sang des parricide.s.

ELECTRE

Est-ce à moi , ju.ste ciel! ;i moi ([u'il e.st permis De .souhaiter la mort à de tels ennemis?

LE CHOEUR

Tout est permis sans doute à cpii poursuit le crime, A qui .s'en voit encor l'esclave et la victime.

ELECTRE

Eh bien donc , ô Mercure! ô dieu des sombres bords ! Dont le sceptre tranquille est redouté des morts , Va présenter mes vœux à ces dieux inflexibles Dont mon père aujourd'hui subit les lois terribles ; A la terre , par qui tout naît et .se détruit , Qui rappelle en son sein tout ce qu'elle a produit. O mon père I recois cette liqueur .sacrée.

(File répand des libations.) Je t'appelle , o gjrande ombre en mon cœur adorée ; Jette un œil de pitié sur tes tristes enfanis ; Fais (pie dans ton palais ils rentrent triomphants! Maintenant poursuivis , trahis par une mère , Ils ne peuvent trouver d'asile sur la terre. On a souillé ton lit, et ton épouse , ô ciel ! Y reçoit dans ses bras ton assassin cruel. Oreste est fugitif, et moi , je .suis esclave ; Et ce lâche oppresseur , Égisthe qtii nous brave , Qui .s'assied sur ton trône et rit de nos soupirs, Livrant aux voluptés ses coupables loisirs , Riche d(," tes trésors , trampiillr sur .sa proie, Dévore insolemment les dépouilles de Troie,

202 COURS DE LITTEHATURE.

Mon père , entends ma voix : fais qn'Electre à jamais

Éloigne de son cœur l'exemple des forfaits ,

Des Destins ennemis supporte les injures ,

Et conserve des mains innocentes et pures.

Tels sont mes vœux pour moi , pour ton malheureux fils.

Exauce d'autres vœux contre tes ennemis ,

Parais , élève-toi de ta tomLe insultée ,

Parais , qu'à ton aspect leur âme épouvantée

Ressente cet effroi , précurseur du trépas ;

Lance sur eux ces traits que l'on n'évite pas ,

Que prépare et conduit Némésis indignée ;

Viens , donne-leur la mort comme ils te l'ont donnée.

Et vous, faites entendre autour de ce cercueil

Les chants de la tristesse et les hymnes du deuil.

LE CHOEDR.

Pleurons , pleurons sur notre maître , Sur notre maître malheureux.

Pleurons sur ses enfants : ah! ses enfants, peut-être,

Ont un sort encor plus aiFreux.

La source de nos pleurs ne peut être tarie :

Que son ombre en soit attendrie.

Mêlons , mêlons nos pleurs à ces libations Qu'Electre vient répandre Sur cette auguste cendre.

Près de qui le Destin veut que nous gémissions. 0 grand Agameranon ! du séjour des ténèbres ,

Entends nos cris funèbres] Le malheur trop Ion g- temps s'est reposé sur nous. Que sur nos ennemis désormais il s'arrête. Je dévoue aux enfers , à la mort , à tes coups

Leur criminelle tête.

Qui sera ton vengeru- ? qui nous sauvera tous ? 0 Mars ! de sang insatiable !

0 Mars I c'est à toi de frapper.

rouas DE I rri KHM iJRE. ojj")

Descends, prends dans tes mains c<- ^daive inévitable, Qui vient moissonner le conpalde Au moment (ju'ii croit (^cfia[)ju'r.

On peut résumer (jii'KscliyU' a inventé la scène, le dialogue et l'appareil théâtral; cpi'il a le premier traité une action; qu'il a été granil poète dans ses chœurs; (pi'il s'est élevé dans (pielques scènes au ton de la vraie tragédie; qu'enfin il a eu la gloiie d'ouvrir la route oit Sophocle et Euripide ont été bien plus loin que lui.

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