‹ Lycée, ou, Cours de littérature ancienne et moderneChapitre 121 sur 140 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

et combien cette solennité annuelle, consacrée depuis dix ans dans cet asyle des sciences et des lettres, a pris, d'une année à l'autre, des caractères différents ! Si l'imagination, long-temps flétrie par des souvenirs douloureux , se reporte involontairement vers le passé qu'elle accuse , avec quelle satisfaction elle revient se reposer sur le présent qui la ranime et l'épanouit ! N'oublions point l'un, ne l'oublions jamais, afin que jamais il ne revienne : nous en goûterons mieux l'autre, et nous apprendrons à le consolider et à le perpétuer. C'est dans ce même lieu qui nous rassemble , c'est à cette même époque que nous célébrons , que l'on vit ce qui ne s'était pas encore vu , une inauguration du temple des arts devenue en effet la prise de possession des Barbares. Il me semble les voir encore , ces brigands , sous le nom de patriotes ; ces oppresseurs de la nation, sous le nom de magistrats du, peuple, se répandre en foule parmi nous avec leur vêtement grotesque , qu'ils appelaient exclusivement celui du patriotisme, comme si le patriotisme devait absolument être ridicule et sale ; avec leur ton grossier et leur langage brutal qu'ils appelaient républicain, comme si la grossièreté et l'indécence étaient essentiellement républicaines • avec leur visage hagard et leurs yeux troubles et farouches , indices de la mauvaise conscience, jetant de tous côtés des regards à la fois stupides et menaçants sur les instruments des sciences dont ils ne connaissaient pas même le nom , sur les monuments des arts qui leur étaient si étrangers , sur les bustes de ces grands hommes dont à peine ils avaient entendu parler ; et l'on eût dit que l'aspect de toute cette pompe littéraire, de tout ce luxe innocent , de toutes ces richesses de l'esprit et du talent, réveillait en eux cette haine sourde et féroce , cette rage interne , cachée dans les plus noirs re}>lis de l'amour-propre, et qui soulève en secret l'homme ignorant et pervers contre tout ce qui vaut mieux que lui. Ils n'osaient pas encore avouer tout haut le projet aussi infâme qu'insensé, formé depuis long- temps parmi eux , d'anéantir tout ce qui peut éclairer et élever l'espèce humaine , en lui montrant sa véritable dignité : avant de détruire toute instruction, ils voulaient commencer par l'avilir et l'intimider ; et certes , ils ne pouvaient pas s'y prendre mieux.

Si quelque chose était capable de porter l'effroi d'un côte et le dégoût de l'autre, c'était sans doute de voir les satellites de la tyrannie présider aux exercices de l'esprit , en menacer la liberté, en comprimer l'essor, en dicter l'intention, en observer, avec l'œil affreux de l'inquisition , le plus léger mouvement vers l'indépendance qui leur est propre ; que dis-je ? mêler eux - mêmes leur voix forcenée, leurs accents sauvages, leurs vociférations sanguinaires , aux leçons de la science et aux sons harmonieux du génie , et faire succéder immédiatement au langage savant et cadencé des Bluses les chants horribles des Troquois et le cri des Cannibales'. En un mot, celle irruption de nos tyrans , quand ils vinrent épouvanter et flétrir nos fêles paciliques , ne peut se représenter que par une de ces inveulions de la fable, qui, en créant des monstres fanlasliques , a aidé l'imagination à peindre des monstres réels. Ici la justesse des rapports doit faire excuser la difformité des objets de comparaison : il faut permettre que les images , pour être iidèles , soient en quelque sorte dégoûtantes ; il est des hommes dont on ne peut parler sans souiller la parole, comme ils ont souillé la nature ; et je voudrais ([ue notre langage, aussi flexil»le sur tous les tons que celle de Yirgile quand il décrit les Harpies , prit vous offrir ces animaux hideux, immondes et voraces, venant avec leur cri aigu, leur plumage infect, leurs ongles crochus et leur haleine fétide , fondre sur les festins d'Enée, et salir de leurs excréments les mets , la table et les convives , avant d'emporler leur proie dans les airs.

Et moi , qui avais vu dans ce lycée des jours bien différents , lorsque les citoyens de toutes les classes applaudissaient également aux principes de la véritable liberté, proclamés par le véritable patriotisme , je fixais des yeux attentifs sur tout ce qui se passait autour de moi , et dans le fond du cœur je dénonçais d'avance à toutes les nations policées ce scandale des lettres, qui ne retombera pas sur nous quand les causes en seront connues et développées. Je n'ignorais pas que j'étais dès

' Un nommé Varlet vint à la tribune ilu Lycée débiter un poème à la louanse de Marat : ce titre seul dit tout; il importe peu même d'observer qu'il n'y avait pas plus de mesure et de rime que de bon sens et de pudeur. 11 fut prononcé avec l'emphase ridiculement forcenée d'un orateur jacobin, et écouté dans le plus profond silence. J'oliservais l'assemblée beaucoup plus que l'auteur, et je voyais que, malgré la consternation et l'horreur générale peinte sur tons les visages, la bêtise du poème faisait de temps en temps son effet, et provoquait le rire qu'on étouffait avec peine, et qui mourait sur les lèvres. Un signe d'improbation ou de mépris élit été un arrêt de mort. ^ oilà ce qu'a été l'assemblée du Lycée devant un \arlet ; et cela n'était pas inutile à retracer.

long-temps dévoué parliculièremenl à la proscription dont je fus frappé quelques mois après ; que de vils espions à gages étaient chargés ici même d'épier toutes mes paroles pour les empoisonner'. Ceux qui m'ont vu et entendu dans cet intervalle peuvent attester que je ne changeai ni de contenance, ni de langage. J'avais consigné, six mois auparavant, dans un journal très répandu, les motifs du silence que je croyais devoir garder dès lors sur la chose publique ; et je l'avais fait de manière à montrer clairement que , si je m'interdisais désormais la vérité, ce n'était pas parce qu'elle eût été dangereuse pour moi, mais parce qu'elle eût été inutile pour les autres. Vous en jugerez quand je remettrai incessamment sous vos yeux' les morceaux que j'imprimai vers le milieu de l'année dernière , et qui étaient comme des pierres d'altente que je plaçais d'avance pour l'édifice que je me proposais d'élever à la raison et à la liberté , quand il serait temps d'y travailler. Uu homme de lettres est un homme public , et j'ai cru devoir compte à mes contemporains et à la postérité (si mon nom va jusqu'à elle) de la part que j'ai prise , comme citoyen et comme écrivain , à notre étonnante révolution , dans les diverses périodes qu'elle a parcourues. J'ai voulu qu'il fût constaté par ma conduite et par mes écrits que, dépouillé de tout durant cinq ans , sans rien regretter et sans l'ien demander , sans me glorifier ni !ne plaindre de rien , je n'avais jamais eu d'autre intention que celle du bien public , d'autre intérêt que celui de la patrie.

Avec de tels sentiments, jugez combien je dois jouir des heureux changements dont l'effet se manifeste ici comme partout ailleurs, et peut-être même d'une manière plus sensible, puisque la liberté de penser, qui est le droit de tous les hommes, est paiticulièreinent le besoin des hommes qui pensent. Ce n'est plus l'ignorance dominatrice qui vient épier ici ses ennemis, et désigner ses victimes, ce sont ceux de nos représentants spécialement chargés du soin de ressusciter l'inslruclion et de rappeler les lumières, ceux qui ont invoqué la justice nationale contre les attentais des Vandales modernes, ceux qui ont annoncé en son nom les secours et les encouragements qu'elle destine aux sciences et aux arts; ce sont des magislrals du peuple, véritablement populaires, puisqu'ils font le bien ; des députés de sections, dignes de les représenter depuis qu'elles

■ On m'avait appris ([ue j'étais journellement déchiré dans des feiiilif's que je n'ai jamais lues, et par des hommes dont même j'ai oublié le nom.

' Dans la dernière partie de ce Cours, sur la Philosophie (U( (Ux-huitième s'tècli:.

XVÏIP SIÈCLE. - POÉSIE.

sont affrancliîes de tonte tyrannie : ce sont eux

qui , ca se réiuilssant dans cette enceinte , se retronvent en effet dans leur demeure naturelle, et fraternisent véritablement avec nous, sous le double titre d'amis des lettres et d'enfants de la liberté. Nous parlons le même langage, nous formons les mêmes vœux, nous combattons les mêmes ennemis : ce n'est pas devant ces lionoraljles auditeurs qu'un citoyen, s'il pouvait craindre quel(]ue cliose, peut craindre d'énoncer la vérité; et comme ils se sont montrés dignes de la dire, ils sont dignes aussi de l'entendre.

l.orsqu'à l'aurore d'une révolution qui semblait n'annoncer que la réforme des abus en tout genre, je traçais à cette tribune le tableau de la censure arbitraire telle que nous l'avions vue , si l'on m'eût dit alors que cette inique et injurieuse surveillance exercée sur les esprits n'était rien en comparaison de la tyrannie aveugle et barbare qui devait , peu d'années après , peser sur eux , l'aurais-je cru possible ? Et qui de vous l'aurait pu croire? Cependant c'eût été la plus fidèle et la plus exacte prophétie. Et il n'est pas ici besoin de preuves : les faits parlent , ils sont encore tout piès de nous ; et dans cette partie , comme dans toutes les autres qui appartiennent à cette époque mémorable , unicpie dans les annales du monde (heureusement pour le genre humain et malheureusement pour nous), à cette époque que la juslice des siècles intitulera Je règne des monslres , on ne peut être embarrassé que de la multitude des crimes et des différents degrés d'extravagance el d'atrocité. La vérité vengeresse, long-temps muette sous le glaive et dans la mort , est sortie tout-à-coup, je ne dirai pas des tombeaux, les tombeaux même manquaient aux victimes , et la nature était outragée dans l'homme , même après qu'il n'était plus , mais du fond de ces fosses iminenses, comblées de cadavres mutilés et palpitants : de la pourriture des cachots et de l'infeclion des hospices, devenus les cimetières des captifs j du sein des rinères stagnantes de carnage j des pierres de nos places publiques , partout imprégnées de traces sanglantes ; des ruines de nos cités démolies et incendiées ; des débris de ces vastes destructions où la chaumière a été engloutie avec les châteaux : enfin , de tous ces innombrables monuments d'une rage exterminatrice, dont on n'avait ni l'idée ni l'exemple , s'élève , éclate el retentit , multipliée de toutes parts en longs et lamentables échos , la voix , la voix plaintive et terrible de l'humanité en souffrance et en indignation ; nne voix telle qu'on n'en a pas entendu de semblalîle depuis qu'il y a des hommes çt des crimes j une voix qui serre le cœur, qui

glace les veines, qui déchire les fibres, qui torture l'ame; une voix qui crie incessamment vengeance au ciel , au monde , aux races futures, et laisse dans le cœur de l'homme de bien l'inconsolable do:deur d'avoir vécu.

Et pourtant toutes ces horreurs n'ont encore été que partiellement esquissées dans des feuilles éparses. Chacun a raconté ce qu'il a vn et souffert ; la plainte a toujours été expressive, et quelquefois éloquente ; mais nul n'a pu tout dire ni tout savoir. Il faudra que le génie de l'histoire se place à sa hauteur accoutumée , au-dessus des générations ensevelies, qu'il interroge toutes les tombes, qu'il entende toutes les révélations de la mort , toutes les confidences de l'infortune , toutes les abominal)les vanleries de la scélératesse, peutêtre même ( et plût au ciel ! ) les aveux du repen tir, pour en composer le récit détaillé qui doit effrayer et instruire les âges suivants. Jusque-là on n'en peut avoir qu'une idée très imparfaite ; et qui sait encore si l'histoire la donnera tout entière, (juand même elle l'aurait acquise? S'il sera toujours possible d'exprimer ce qu'il a été possible d'exécuter, et si le génie qui tiendra la plume ne s'arrêtera pas quelquefois, soit pour lui-même , soit pour les autres, et ne répugnera point à passer toutes les mesures connues de l'horreur et du dégoût?

Car on est forcé d'en convenir, et c'est un Irait dislinctif que l'avenir saisira : quand la poésie, l'éloquence , l'histoire , ces dépositaires éternelles des vengeances morales du genre humain, s'occupent des fameux scélérats qui l'ont opprimé , elles nous les montrent d'ordiiiaire avec quelques attributs de grandeur , et comme élevés sur les théâtres du crime j ici il faudra qu'elles en ouvrent les égouts, qu'elles descendent jusque dans la fange avec nos tyrans , pour y chercher les bases ignobles de leur trône éphémère, qui ne paraîtrait que grotesque , s'il n'avait pas été horrible. Quand la raison étonnée jette les yeux sur ces inconcevables discours, répétés à toutes les heures et à toutes les tribunes par les dominateurs en chef ou en sousordre ; quand elle observe ce langage inconnu jusqu'alors aux oreilles humaines, ce mélange inouï de dépravation monstrueuse et de rhétorique puérile , de jactance emphatique et de grossièreté triviale; la démence «'énonçant par axiomes comme la raison ; le crime se rehaussant ridiculement pour paraître fier comme la vertu : la plus épouvantable barbarie , tantôt vomissant avec des hurlements de bêtes sauvages , les refrains du massacre et de la destruction; tantôt prêchant, avec une gravité à la fois atroce et burlesque, un système d'extermination que l'enfer même n'inventerait pas, à moins qu'il ne fût en

délire ; tantôt s'égayant dans les horrems , mêlant le sarcasme au poignard, et la plus plate ironie à la plus lâche proscription , raillant les cadavres , plaisantant dans le sang , et se jouant avec le carnage; tantôt enfin affectant une imbécille hj^jocrisie et un charlatanisme de tréteaux , proclamant des milliers de meurtres au nom de V humanité, le code du brigandage au nom d'Aristide: consacrant la plus exécrable tyrannie au nom de Brutus : la raison ne s'imagine-t-ellepasalors voir des bandits de grand chemin, qui par hasard auraient ouvert un livre d'iiistoire ou assisté à une tragédie, parodier indistinctement dans leur taverne les héros de la vertu et du crime, et jouer dans leiu-s orgies une farce bizarre , composée de la morale en dérision , de la perversité en exagération folle, du jargon de l'ignorance, des ordures de l'ivresse, et des blasphèmes delà fureur? Parlons sans figures : tous les usurpateurs qui ont joui plus ou moins de temps d'une puissance tyrannique avaient plus ou moins de cette espèce de supériorité qui malheui'eusement n'est pas incompatible avec le crime. C'est l'abus déplorable de facultés heureuses en elles-mêmes; mais cet abus les prouve en les déshonorant. C'est une force mal employée, mais c'est une force réelle, et la nature humaine , dans celte corruption , retrouve encore quelques restes de sa noblesse. IMais ici rien , absolument rien qui la rappelle , même de loin ; rien au contraire qui n'en marque le dernier degré d'avilissement. Jamais elle ne parut aussi odieuse, et jamais aussi abjecte. Tous les moyens de nos tjTans étaient vils comme eux : et c'est dire le possible. Les gens instruils, en état d'apprécier les hommes et les choses, ont souri de pitié quand ils ont vu la haine publicpie se méprendre quelquefois , faute de lumières , au point de citer les noms d'un Mahomet , d'un Calilina , d'un IMarius, d'un Sylla, d'un Cromwell. On n'a pas songé que de grandes vues, de grands talents politiques et militaires , de grands périls bravés , de grands ol)stacles surmontés , sont du moins des titres d'élévation , qui n'excusent pas le crime ( à Dieu ne plaise!) et qui assurent même, au contraire, un nouveau triomphe à la simple vertu , en faisant sentir à quiconque a une conscience que cette vertu, dans les fers et dans le supplice, est mille fois au - dessus du génie couronné par les forfaits. Mais un Robespierre (puisqu'il faut descendre à ce nom infâme , que je ne puis prononcer sans faire une sorte de violence au profond mépris que j'ai toujours eu pour lui , et qu'il n'a pas ignoré) ; un Robespierre et ses complices ! c'est à côté d'eux que l'on nomme Cromwell ! II n'en est pas un (et l'histoire le prouvera)

que Cromwell eût voulu pour sergent dans son armée, ou pour agent dans sa politique. J'entends demander sans cesse comment des êtres si méprisables ont pu obtenir un si énorme pouvoir. Ce n'est pas ici le moment de suivre le fil des causes et des effets , qui embrasserait trop d'objets et trop d'espace. Je le ferai dans la suite, quand l'examen des mots me conduira nécessairement à l'examen des choses, qui toutes ont été faites avec des mots. Mais dès ce moment l'on peut expliquer tout par un résultat (jui sera porté alors à la plus lumineuse évidence. Ne voyez-vous pas qu'en ce point, comme dans tous les autres, tout a existé en sens inverse? Il fallait donc qu'il arrivât tout le contraire de ce qui était jamais arrivé dans le monde. Jusque-là tous ceux qui avaient usurpé le pouvoir au milieu des nations avaient eu , à la vertu près , de ces qualités qui élèvent naturellement un homme audessus des autres. Mais ici, par des moyens qu'il ne sera pas difficile d'expliquer , des mots sacramentels dans tout système légal , des mots que l'on avait l'habitude de respecter quand on les employait dans leur vrai sens , avaient été progressivement détournés de ce sens originel et invariable , et conduits enfin dans l'application journalière jusqu'à un sens entièrement opposé; et de ces mots rebattus sans cesse d'un bout de la France à l'autre, dans toutes les assemblées publiques, dont on était parvenu à éloigner quiconque aurait pu ou voulu ramener les termes à leur acception, on avait enfin formé une langue qui était l'inverse du bon sens; langue si étrangère €t si monstrueuse, que la postérité ne pourra y croire que par la multitude des monuments qui en resteront; langue tellement propagée et consacrée, tellement usuelle , et pour ainsi dire religieuse , que celui qui eût essayé de la contredire, eût été égorgé sur-le-champ. Ainsi donc , pour me borner aujourd'hui à un seul exemple qui dit tout , dès qu'en prononçant isolément le mot d'égalité, qui ne peut jamais signifier, pour le sens commun , que l'égalité des droits naturels et civils , on proscrit à tous les instants et à toutes les tribunes toutes les espèces de supériorités morales et industrielles , essentielles à l'homme et à la société , que doit-il en résulter? Qu'au lieu que , dans un état libre , les citoyens se placent d'ordinaire en raison de leurs talents et de leurs vertus , ici l'on sera élevé en raison de sa perversité et de sa bassesse. Alors tout ce qui était au dernier rang de la nature humaine , monte au premier rangdansl'état.Voilà en deux mots toute l'histoire de nos tyran^ et , après avoir eu les saturnales de la liberté sous le nom de révolution, il fallait bien avoir les saturnales de la tyrannie sous le nom de gouvernement.

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