‹ Lyon à l'Exposition universelle de 1889 (volume 2)Chapitre 11 sur 97 · LES INDUSTRIES DIVERSES · texte numérisé non relu

LES INDUSTRIES DIVERSES

L'industrie lyonnaise, considérée dans son ensemble, pourrait être comparée à l'une de ces chaînes de montagnes de hauteur modérée et semblable, desquelles se détache une masse dominante. Il existe dans l'agglomération lyonnaise une foule d'industries diverses d'importance à peu près égale; une seule est énorme et prépondérante, celle de la fabrique de soieries. Toutes ces industries diverses réunies forment cependant une valeur de production fort élevée; et par une rencontre assez curieuse, il se trouve qu'on peut l'évaluer à un chiffre se rapprochant de celui de la production des soieries. Ainsi la production des étoffes de soie représentant de 380 à 400 millions, celle de toutes les autres industries réunies seraient à peu près la même, de sorte que le total du travail de nos industries s'élèverait à 800 millions. A cela il faudrait ajouter le chiffre des affaires, c'est-à-dire celui du mouvement commercial, qui représente encore plusieurs centaines de millions (1). Toutefois, il est utile de faire des réserves au sujet de l'évaluation de la production des industries diverses, le

(1) Dans sa statistique de 1878, M. Morand l'évalue à 680 millions environ; ce chiffre a certainement beaucoup augmenté.

travail très sérieux et très complet qui a été fait à cet égard par M. Morand, secrétaire ds la Chambre de Commerce et sur lequel nous nous appuyons, remontant à 1878; à ce moment les statistiques établies par M. Morand faisaient ressortir 340 millions pour les industries diverses. Depuis ce temps, ces industries, notamment celles des produits chimiques et des pâtes alimentaires ont beaucoup progressé, et les probabilités seraient plutôt pour une augmentation des valeurs de 1878. Les estimations de ce côté n'en ont pas moins un caractère en partie hypothétique et ne sauraient atteindre le degré de certitude de celles qui sont fixées annuellement, pour la fabrique de soieries, par la Chambre de Commerce, en collaboration avec la Chambre syndicale des fabricants.

11 est à remarquer qu'il n'existe point d'industrie primaire à Lyon, sans doute en raison du prix de la houille et des constructions; toutes sont des industries de transformation. Les principales sont : les produits chimiques, les pâtes alimentaires dites pâtes d'Italie, la tannerie, la fonderie et la construction mécanique, la chapellerie, la bijouterie, la fabrication des liqueurs et la brasserie, la verrerie, la confectionna fabrication des couleurs, la stéarinerie, la maroquinerie et la fabrication des chaussures, la sparterie. Les industries artistiques sont représentées à Lyon d'une manière supérieure; spécialement dans l'orfèvrerie religieuse, la menuiserie, la sculpture en bois, la serrurerie et l'imprimerie. L'orfèvre Armand-Calliat, les menuisiers Denat et Grimonet, l'atelier de sculpture en bois et de décoration de Flachat, les serruriers Guerre, Blanc et Salesse, le peintre verrier Bégule, maintiennent quelques belles traditions de ces arts industriels lyonnais, qui ont produit tant de merveilles depuis le moyen âge jusqu'au xvmc siècle.

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