J. COSTE-LABAUME
LES BEAUX-ARTS A LYON
et par goût personnel. Elles sont à la fois l'un des éléments de sa supériorité industrielle et l'un de ses délassements favoris.
Le fabricant qui a fait tisser des pivoines, des oeillets et des roses dans l'harmonieuse disposition de ses riches façonnés, qui a demandé à la soie, au velours et au satin le secret de leurs couleurs les plus chatoyantes, de leurs nuances les plus douces et les plus caressantes, surveille avec amour les parterres où naissent et s'épanouissent ses modèles.
J.-Charles BEAUVER1E. — La Cueillette des pois.
Ces coûteuses villas qui égayent les coteaux de la Saône ou qui se réfugient dans les villages ombreux de nos campagnes voisines, renferment les collections les plus variées et les plus riches de notre flore lyonnaise.
Le jardinier est l'article de luxe de nos millionnaires, et tel de nos vieux fabricants, âpre au gain et rebelle à la dépense qui marchandait cinquante centimes d'omnibus pour venir de Collonge ou d'Ecully, ouvrait sa bourse sans compter dès qu'il s'agissait d'une serre ou d'une orangerie.
François RIVOIRE. — Roses trémie, es.
Plus d'un s'est fait un titre de gloire de donner son nom à une variété de roses, d'oeillets ou de chrysanthèmes.
Le dessinateur de fabrique, gagné par cette contagion, s'est donc élevé peu à peu de l'habileté technique aux régions plus larges de l'art; son crayon est devenu pinceau, son carton palette, et nous avons vu s'affirmer et grandir cette école lyonnaise de la fleur illustrée par l'éclatante maestria de Saint-Jean, l'harmonieuse sobriété de Berjon, le charme de Maisiat, la grâce poétique de Perrachon, l'exquise délicatesse de Rivoire, la fougue de Seignemartin, la vigoureuse facture de Castex-Dégrange, et les recherches audacieuses du père Vernay, ce grammairien de la couleur, auquel il ne manque que l'habileté de l'arrangement et l'art de la composition pour s'inscrire au premier
Est-ce à dire que notre peinture lyonnaise reste limitée au champ de la fleur et que son essor ne dépasse pas l'envergure des ailes d'un papillon?
Les noms que nous citions plus haut sont un démenti à cette assertion.
Notre domaine est plus vaste qu'un parterre et nous pouvons avec quelque orgueil revendiquer des représentants illustres ou autorisés de tous les genres, depuis l'histoire jusqu'à la nature morte.
Hippolyte Flandrin, dans ses tableaux religieux, Chenavard dans ses cartons du Panthéon, si artistement reproduits par Armbruster, Puvis de Chavannes dans ses fresques, Meissonier dans ses merveilleuses toiles, Vollon dans ses nature-morte dignes de Rembrandt, Guindrand, Paul Flandrin, Chenu, Allemand, Beauverie, Appian dans leurs paysages, Faivre-Duffer, Roybet, Comte, Aimé Perret, Villebesseyx, Hirsch, Bail, Frappa, Bayle, Sicard, sont les témoins que Lyon peut figurer avec honneur dans toute galerie et que le Musée des Peintres lyonnais est digne d'une visite.
Nous en oublions certainement, car il est juste de citer encore Stella, Orsel, Bonnefond, Grobon, Trimolet, Genod, Jacquand, Nicolas Fonville, Bellet-Dupoizat, James Bertrand, Guichard, Ponthus-Cinier, Chatigny, Carrey et nos animaliers Duclaux, Dubuisson, Louis Guy, ce dernier, peintre et modeleur à la fois, dont l'observation pénétrante savait rendre l'âme des bêtes.
Si nous parcourons les livrets du Salon de ces dix dernières années, nous trouvons à chaque page, indépendamment des artistes dont nous venons de parler, les noms d'autres Lyonnais : toute la dynastie Bail, l'Alpiniste Lortet, l'impeccable chaudronnier de Cocquerel, les paysagistes Girier, Bidault, Stengelin, Balouzet, Carrand, Arlin, Bouillier, Philipsen, Roman, les portrai-
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