‹ Lyon à l'Exposition universelle de 1889 (volume 2)Chapitre 4 sur 97 · vieillards · texte numérisé non relu

vieillards

O.i peut évaluer, en outre, de 1,400 a 1,500 les pensions servies par les sociétés de secours mutuels. Les pensionnés inscrits à la Trésorerie générale du Rhône pour la caisse nationale de retraites pour la vieillesse, sont au nombre de 5,700.

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trouver un autre mode de secours, que celui de ce casernement, qui sépare le mari de la femme, qui fait passer les derniers jours de la vie dans l'oisiveté lourde et corruptrice d'une salle ou d'une cour d'hospice? A Lyon même, l'œuvre intelligente et belle de l'abbé Rambaud, que nous venons d'indiquer (la Cité de l'Enfant Jésus), donne le logement seulement à 500 vieillards, presque tous mariés. Il est impossible de n'être pas profondément frappé de la différence d'aspect de cette Cité et d'un de nos hospices. D'un côté le désœuvrement et souvent le vice; de l'autre, de braves gens se contentant d'être affranchis du loyer, la plus dure nécessité du pauvre, qui travaillent réunis jusqu'à leur dernier jour, vivant de peu, mais vivant de leur effort jusqu'à la fin. L'essentiel, c'est de ne point briser la famille; l'hospice ou l'asile, quels qu'ils soient, ne doivent pas être le dernier désir des vieux parents, ou le moyen pour leurs enfants de se débarrasser d'eux. Il y a mieux à faire, moralement et économiquement parlant, soit en aidant le vieillard à payer son loyer, soit en le maintenant et en faisant souhaiter son maintien dans la famille, à l'aide d'une petite pension en argent. A Lyon, un vieillard coûte 1 50 francs dans la maison de l'abbé Rambaud et bien près de 1,000 francs aux Hospices, si l'on ajoute aux frais d'entretien, ceux du logement qui ne sont point évalués dans les budgets. L'assistance à domicile pour les malades est déjà très fructueusement pratiquée à Lyon, par l'œuvre privée du Dispensaire général; pourquoi nos Hospices n'essaieraient-ils point, au moins partiellement, de secourir les vieillards chez eux, et de reporter les économies ainsi faites sur ces malheureux, si dignes de pitié et si peu secourus, sur les épileptiques?

Au reste, l'assistance de la vieillesse à domicile est déjà pratiquée par la Municipalité. Un crédit de 125.000 francs est inscrit au budget pour servir douze cent cinquante pensions de cent francs à des vieillards âgés au moins de 70 ans, ayant résidé pendant 20 ans à Lyon, et devenus incapables de travail. L'effet de ces très modestes pensions, extrêmement recherchées, est qu'un grand nombre de familles nécessiteuses conservent et même gardent précieusement les vieux parents. La ville fait ainsi de la inorale et de l'économie.

Nous signalerons une autre lacune dans notre bienfaisance, mais peut-être existe-t-elle partout. La loi a édicté l'assistance obligatoire pour l'aliéné pauvre ; dans la pratique, la loi est éludée par suite des préoccupations de trop grande économie qui hantent les pouvoirs départementaux. L'aliéné pauvre n'est admis d'office dans les asiles, que lorsqu'il en est arrivé à quelque tentative criminelle. De cette façon, l'aliéné pauvre étant traité trop tard, tombe à l'état d'incurable, et

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reste à la charge perpétuelle du département. Le calcul est donc aussi contestable au point de vue de l'humanité qu'à celui de la dépense.

En résumé, les moyens d'assistance sont nombreux, variés et abondants à Lyon ; aux jours de crise ou de chômage trop intense, la bienfaisance sait toujours trouver de nouvelles ressources. Nous citerons, comme exemple récent, une oeuvre issue de la crise de chômage de 1884 et qui n'affecte point un caractère de permanence : l'œuvre des Fourneaux de la Presse, due à l'initiative des journaux de toutes les opinions, qui a réuni plus de 500,000 francs, et, chose plus extraordinaire, qui a su les faire arriver entièrement à leur destination. Il faut ajouter à tous ces moyens, l'action de la bienfaisance secrète et individuelle qui est considérable, soit qu'elle s'exerce par les plus fortunés, soit qu'elle se pratique dans les classes populaires elles-mêmes qui savent soutenir leurs malheureux d'une manière touchante : de voisin à voisin, de porte à porte, que de services rendus, que d'aide donnée parmi les plus pauvres, que de sacrifices silencieux! Ce dont on pourrait plutôt se plaindre, c'est qu'il y ait conflit et confusion entre certaines institutions, pour le plus grand profit des pauvres de <( carrière ». De plus, on attribue trop à notre ville le rôle de providence dans sa région ; sa renommée attire les déshérités d'alentour. Le bureau de bienfaisance compte près de 28,000 inscriptions (il y en a eu 45,000 en 1871), soit 7 °/0 de la population. Cette proportion, supérieure à la moyenne, ne correspond nullement à l'état relativement aisé de notre peuple laborieux et économe; elle ne peut s'expliquer que par le rayonnement de la charité lyonnaise, par le défaut complet d'organisation de l'assistance dans les campagnes, et enfin par beaucoup de doubles emplois dans les distributions. Il serait bon d'établir un Clearing House de la charité.

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