‹ Lyon à l'Exposition universelle de 1889 (volume 2)Chapitre 78 sur 97 · OLLIER · texte numérisé non relu

OLLIER

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Après la présentation qu'on vient de lire, il ne nous reste qu'à donner les preuves matérielles des résultats qu'à obtenus M. Martin et nulle explication ne saurait valoir à cet égard la reproduction des photographies de quelques-unes des restaurations tentées et réalisées avec un plein succès.

Jeanne P..., dix-neuf ans, couturière, entre salle Saint-Paul le 2 mars 1 878. Tumeur d'abord limitée au maxillaire supérieur, qui a gagné l'inférieur. Le 23 mars, M. Létiévant opère la résection d'une partie du maxillaire inférieur; le 25 celle d'une partie du supérieur. Deux mois après, défor-

M. CL. MARTIN

mation notable de la face, due à la rétraction cicatricielle. Le menton est en retrait. La seule dent qui reste ulcère le palais. La cavité buccale est fortement rétrécie. Ce rétrécissement est d'abord combattu. Il y faut trois mois d'efforts. La malade retourne chez elle. En 1 1>86, l'usure des appareils, la rétraction des tissus, un affaissement da la mâchoire inférieure lui a donné la physionomie du premier des dessins \ ci-dessus. — M. Martin construit et pose un appareil spécial pour corriger ces défectuosités. La seconde photographie montre le résultat obtenu.

M"= P..., adressée à M. Martin par le professeur Terrillon de la Faculté de Médecine de Paris.

Cette malade eut le nez complètement détruit par un lupus, qui avait étendu ses ravages également sur les lèvres supérieure et inférieure. Son orifice buccal était béant et entouré sur une grande étendue de tissu cicatriciel. Il ne montrait que quelques dents restant de la mâchoire inférieure.

La reproduction photographique donnera une idée de la physionomie de cette malade.

Pour remédier à ces difformités, on a tout d'abord remplacé les dents

absentes par deux pièces, l'une supérieure, l'autre inférieure, réunies entre elles par des ressorts.

A la partie médiane de ces pièces, on a ménagé une ouverture dans laquelle vient se fixer, par le mécanisme des fermoirs de bracelets, pour l'inférieur, une pièce représentant seulement la lèvre, et pour le supérieur un appareil plus volumineux comprenant lèvres et nez artificiels.

L'appareil prothètique qui représente la lèvre inférieure a vingt-quatre millimètres de hauteur sur soixanteneuf de longueur; quant au supérieur il présente soixante-dix millimètres de hauteur, sur soixante-quatorze de largeur.

Les deux pièces réunies pèsent à peine onze grammes ; elles sont construites en caoutchouc durci, à l'exception des bords qui sont en caoutchouc mou pour obtenir une adaptation plus parfaite.

Cette application de caoutchouc mou sur les parties latérales a une certain j importance au point de vue fonctionnel, car lorsque les pièces rigides ont une si grande étendue, et que les parties molles sous-jacentessont sujettes à quelques mouvements, il arrive parfois que l'appareil laisse un vide entre la peau et lui; l'appareil que nous venons de décrire remplissait avantageusement le but proposé ; l'esthétique ne laisse plus rien à désirer. La mastication se faisait aussi normalement qu'elle peut-être exécutée avec un dentier ordinaire ; enfin la prononciation était assez bonne.

MM. TRENTA frères

^H^^ç^^jJ NGÉNiËUxet infatigables ouvriers, MM. Trenta frères, dont l'un vient d'être enlevé par une rapide maladie, se sont fait une place unique dans notre centre scientifique et industriel pour la construction des appareils de précision, dont le monopole appartenait jusque-là exclusivement à Paris.

Ils ont exposé divers outils de leur invention en particulier un contrôleurde rondes que les veilleurs seront les derniers à recommander, car grâce à lui, leurs fraudes prévues ne pourront plus se donner libre cours. Les patrons en revanche seront assurés d'une régularité parfaite dans le service et d'une garantie mécanique indiscutable de la conscience des employés chargés de parcourir les usines la nuit à des heures déterminées.

Le Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale donne ces indications préalables à la description complète de ce contrôleur de rondes dans laquelle nous ne saurions entrer ici.

Rapport fait par M. Redier, au nom du Comité des arts mécaniques sur le contrôleur de rondes, présenté par MM. Trenta Frères, mécaniciens

à Lyon, quai Claude-Bernard, 6.

Les contrôleurs de rondes ne datent que du premier Empire ; les plus anciens connus se voient encore en parfait état dans les galeries du Louvre ; ils sont de l'invention des Lepaute.

Schwilgué, le restaurateur de la célèbre horloge de Strasbourg, imagina, il y a quarante ans, de faire imprimer un mot par la succession des pointages que faisait le surveillant sur sa route. Cette idée a été exploitée de différentes manières et avec beaucoup de succès.

MM. Trenta ont voulu faire mieux et leur invention offre toutes les garanties désirables.

L'ensemble se compose d'un appareil central important, muni d'une horloge marchant huit jours et chargée de la distribution des cartes de contrôle qui seront poinçonnées par le surveillant suivant une marche indiquée.

Avant la nuit, un appareil porte-cartes reçoit un nombre de celles-ci égal au nombre de rondes à faire. Puis l'appareil est fermé. Le surveillant doit attendre que sa carte tombe dans un récipient pour l'y saisir. S'il est en retard, une piqûre indique à quelle heure il est venu. Muni de cette carte, il passe devant chacun des postes et frappe sur ce carton un signe gravé en relief.

Ce relief, fixé au poste à surveiller, est différent à chacun d'eux, de façon qu'on puisse s'assurer si le parcours a été complètement suivi, et dans quel ordre il a été suivi.

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