‹ Lyon à l'Exposition universelle de 1889 (volume 2)Chapitre 83 sur 97 · PAR LA MAISON FLACHAT & COCHET · texte numérisé non relu

PAR LA MAISON FLACHAT & COCHET

Théâtre de Genève.

Hôtel particulier de iM»e C* ' - .

Modèles de la fontaine, place des Jacobins.

Cercle international.

Grand hôtel Sarciron.

Grand hôtel des Thermes.

Cercle de la Villa-des-Fleurs.

Café Maderni.

Foyer du Grand-Théâtre.

Salle du Conseil municipal.

Cercle (grande salle des jeux).

Nouvelle préfecture.

Nouvelle préfecture.

Genève.

MM. Goss, a

Santiago (Chili).

Coquet,

Lyon.

G. André,

Vichy.

H. Despierre,

Mont-'Dore.

J. Riondet,

Vichy.

Revoil,

lAix-les-Bains.

P. Perrin,

Lyon.

Echernier,

Lyon.

A. Hirsch,

Cknnont-Ferrand.

Teillard,

xAix-Us-Bains.

Pélaz,

Bourg.

Ferrée,

Lyon.

Louvier

architecte

'Bandeau brodé

Mme LEROUDIER ET LA BRODERIE ARTISTIQUE

oute menue, figure expressive éclairée par des yeux vifs qui pétillent lorsqu'on parle avec elle de son art, sourcils noirs et cheveux légers que semble recouvrir la poudre du xvme siècle, voilà notre brodeuse au physique. Une femme vaillante, la voilà au moral.

Que de persévérance il lui fallut pour restaurer parmi nous cet art charmant de la broderie. Il était tombé si bas lorsqu'elle a commencé !

Lyon, qui possédait des brodeurs merveilleux au commencement de notre ère ; Lyon, à qui Paris demandait des cartons pour les incomparables broderies de toile et de velours, d'argent et d'or du xvie siècle — le grand siècle de la broderie ; — Lyon qui, sous l'influence de Philippe de la Salle et de ses émules, mariait plus tard les chefs-d'œuvre de l'aiguille à ceux de la navette, et sous Louis XV, Louis XVI et Napoléon enrichissait les costumes de cour de mille broderies pailletées ; Lyon ne brodait plus que quelques fleurettes sur les derniers gilets de soie, quelques semis ingrats sur les robes de mousseline plissée et couvrait de fleurs criardes et de lamés sans goût les gazes que lui demandait cet Orient, si longtemps notre maître, mais qui déjà ne savait plus produire.

LYON A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE l88q

Tout cela régulier, froid et plat. La main devait s'effacer et lutter de régularité insipide avec la machine, toute fantaisie était bannie et pour aplatir toute saillie on cylindrait!

En sortant de l'école des dames Saint-Charles, aux Brotteaux, où elle aidait dans leurs travaux d'aiguille toutes ses petites amies et remportait tous les prix de couture, Mn,e Leroudier, dont la vocation était dès lors décidée, eut grand peine à se plier à ces fâcheuses exigences. Sa nature primesautiôre et artiste se révoltait, sa bonne volonté était mise en défaut et, souvent tancée par sa maîtresse d'apprentissage, elle eut la mortification de se voir refuser le premier travail qu'on devait lui payer.

Mais aussi quelle envie de réagir lorsqu'elle se « mit à son compte », quel plaisir de pouvoir satisfaire sa curiosité bridée jusque-là, quel bonheur d'apprendre lorsque, mariée à l'un de nos meilleurs dessinateurs de fabrique, elle put, dirigée par lui, fouiller dans le passé et commencer la belle collection qu'elle a réunie. Dessinant déjà quelque peu, elle ne craignait pas alors d'aller s'asseoir dans les cours de M"e Aillaud, auprès de toute jeunes filles, sentant bien que tout progrès en dessin était un grand progrès dans son art.

Dès lors, de plus en plus convaincue ; se dégageant de plus en plus de méthodes surannées ; ressaisissant les vieilles traditions oubliées ; aidée, soutenue par les chefs intelligents des maisons qui relevaient, elles aussi, les traditions des vieux arts lyonnais (les Tassinari, lesChàtel, les Henry...), Mme Leroudier entrait dans la voie des progrès continus...

Que d'efforts et de constance!... Les anciennes ouvrières regimbaient, les plus habiles étaient les plus rebelles.

Il fallait former tout un personnel nouveau, être sans cesse en éveil et lutter avec la clientèle jusqu'à refuser des commandes. Mais ces efforts n'étaient pas inutiles ; le succès arrivait peu à peu, sa réputation s'établissait; on racontait au

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