PENSEES BROCART FOND SATIN
Maison DEFAVX & TiACHELARD
L EXPOSITION LYONNAISE DE SOIERIES
F'i- 9- ~ Gros de Tour broché du xvn= siècle.
(Dessin de Revel, élève de Lebrun).
; Musée d'Art et d'Industrie de Lyon).
t;|. LYON A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1 889
l'auteur de la chronique imprimée par le consulat. Après les corporations de la ville, venaient les Florentins, les Milanais, les Lucquois, les Allemands, puis les corps constitués, suivis des notables bourgeois. Jamais une telle profusion d'or, de soie et de velours ne s'était vue auparavant. De même que les couleurs avaient leur symbolique, les tissus connaissaient entre eux une certaine hiérarchie : le satin venait après les draps d'or et d'argent et les velours ; dans les cérémonies où figurait le Parlement, le président était habillé de velours, les conseillers et maîtres de satin ; le damas était laissé aux greniers et le taffetas aux huissiers.
« Les rubaniers forment à cette époque un corps particulier ; des lettres patentes leur sont accordées le 2 février 1 542.
« Une déclaration du 15 mars 1581 érige les teinturiers en corps de maîtrise ; on lit dans un mémoire du temps ces lignes naïves : « Il n'y a ville en ce « rovaume à qui Dieu ait imparty autant de grâce qu'à la ville de Lyon pour ci faire vivement réussir la soye, en toute sorte de coleurs. » Cette surprenante habileté avait même fait croire que les eaux du Rhône et surtout de la Saône possédaient des vertus intrinsèques particulières.
« L'époque est arrivée où la fabrique lyonnaise touche vraiment à l'âge adulte; elle est en voie de contrebalancer la prééminence des manufactures italiennes, du moins en ce qui concerne \e plein, le satin, les tissus simples. Les métiers envahissent tous les quartiers de la ville, qui n'est plus assez grande pour les contenir, au dire d'un érudit. Il faut construire de nouveaux étapes aux maisons; la navette a changé la physionomie de la cité. Où loger tous ces tissotiers, ces veloutiers, ces mouliniers, ces tireurs d'or, ces taffetatiers, ces vireurs de moulin, ces passementiers, ces batteurs d'or, ces plieurs de velours, etc.1... L'art de tisser a définitivement triomphé.
« A mesure que l'industrie indigène prend plus d'essor, l'importance et le chiffre des maisons italiennes tend à diminuer ; plusieurs cessent leurs opérations. La constitution économique de la cité se modifie ; elle n'est plus seulement commerciale, elle devient industrielle.
« Parallèlement, près des métiers qui se multiplient, le nombre des mûriers s'accroît. Une déclaration d'Henri II, du 14 juillet 1 5 5 1 , en vue « d'amplifier « l'art de la soie pour la décoration du royaume, » règle la plantation en tous lieux des arbres propres à la nourriture des maignaç (magnans, vers à soie). Sous Henri IV (1601), le jardin des Tuileries, transformé en pépinière, ren-
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ferme 20,000 pieds de mûriers; à sa demande, Olivier de Serres détache de son Théâtre d'Agriculture le chapitre de la cueillette de la soie. L'élan est donné, la sériciculture française est constituée.
« Les inclinations natives de l'esprit lyonnais, ingénieux et patient, vont se donner maintenant librement carrière. Chaque jour amènera ses découvertes, ses innovations pour la transformation des tissus, la combinaison des armures et des dispositions. Dans la patrie de Jacquard, l'aptitude aux applications mécaniques fut, du reste, toujours comme une qualité de terroir. En 1608, Dangon invente une étoffe tramée laine ou fil, mélangée d'or ou d'argent; à la même époque, avec Antoine Bourget, la guimperie en gazes, crêpes, toiles d'or et d'argent, prend naissance. En 1630 apparaissent les Ferrandines, qui doivent leur nom à Ferrand, leur inventeur. En 1655, Ottavio Mey trouve le lustrage des taffetas blancs. La fabrique des bas de soie est importée d'Angleterre par James Fournier. Charlier, un simple ouvrier, imagine une étoffe qui imite le point de tapisserie des Gobelins. Le père Sébastien perfectionne les procédés d'affinage et d'étirage de l'or. Dans toutes les branches de la production circule et se manifeste une sève féconde d'émulation.
« L'Italie garde encore, il est vrai, le monopole des étoffes grands dessins, tels qu'on les retrouve dans les tableaux des maîtres de la Renaissance. Lyon s'attache plutôt à fabriquer à meilleur marché, grâce aux moyens nouveaux de production qu'il a découverts. Pourtant, le dessin de ses façonnés s'inspire déjà du goût national ; sous Louis XIV, il prend cet air correct qui est propre au siècle. Le luxe des fêtes royales stimule la fabrication des tentures, des vêtements riches, des ornements d'église, et agrandit leur style.
« L'étranger est devenu à son tour tributaire de nos fabriques. Au lieu de lui demander des tissus de soie pour 4 millions d'écus d'or, comme l'estimaient de leur temps Henri IV et Olivier de Serres, c'est-à-dire pour 40 millions de francs en monnaie actuelle, c'est la France qui en fournit même à l'Italie.
<< Ici, le cours de cette prospérité brillante s'interrompt tout à coup. Certes, les guerres religieuses, les pertes, les fausses mesures politiques et économiques, avaient bien souvent ébranlé la fabrique ; mais la révocation de l'édit de Nantes (1685) creuse sous ses pieds un fossé où elle risque un moment de s'abîmer tout entière. A cette date le nombre des métiers qui était de 10,000, est réduit presque subitement des deux tiers; il ne restait plus à Lyon que 2,000 métiers quelques années après le fatal édit.
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jRf. 10. — Etoffe façonnée, type à dentelles. (Musée d'Art et d'Industrie de Lyon).
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(2 panneaux >ic- 2 m. de haut, pour traîne
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Maisoti J. M. PIOTF.T & J. 'KOOUh:
Tissé avec mécanique Verdoie en 1800 crochets 44.000 cartons
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