BROCART MOYEN-AGE DE
Pour manteau de Cour
M a i s o h BÈRARD & FERR A .Y D
Tissé sur mécanique Jacquard de i.ioo crochets
Fond gros grain avec ettets de fleurs broderie
Dessin des palmes en lamé or ou argent
sur fonà satin
BROCART MOYEN-AGE pour MANTEAU DE COUR
Maison BÉRARD & FERRAXD
L EXPOSITION LYONNAISE DE SOIERIES 69
y contempler, dans des galeries abandonnées, les plans indéchiffrables au public et aux critiques patentés, sur lesquels les architectes tracent les linéaments de leurs conceptions. Quant aux bâtiments eux-mêmes, ils n'étaient guère pour ravir public, initiés ni critiques.
En 1889, la construction des bâtiments de l'Exposition avait été dirigée par des architectes ; et, à côté des Formigé et des Dutert, auteurs des constructions officielles, s'émancipait toute une pléïade de très jeunes artistes fraîchement sortis de l'école des Beaux-Arts, et qui, surpris et heureux de pouvoir réaliser en plein soleil les rêves de leurs jours d'esquisses, avaient, au lieu d'exposer seulement de tristes châssis, peuplé le Champ de Mars et les Invalides de leurs ingénieuses et brillantes compositions.
C'était la joie de l'œil. Le bon public se mouvait au milieu de toutes ces créations improvisées, point étonné du tout, un peu charmé même, et ne se doutant pas qu'il circulait au milieu des débordements de cette Architecture Polychrome qu'il conspuait si vivement jusque-là dans les exemples isolés qui lui étaient timidement soumis.
Tout étant coloré, rien ne le choquait plus; seules deux constructions, qu'on n'avait pas eu le temps de peindre, juraient avec les bariolages voisins par la nudité inattendue et blessante de leur blancheur.
Dans ce mode nouveau de présenter ses œuvres, un Lyonnais avait aussi exposé. M. Pascalon avait été chargé d'encadrer les produits de la soierie lyonnaise et nous nous reprocherions de ne pas rappeler ici avec quel talent délicat, et quel sentiment rare de la mesure, cet artiste avait secondé les intentions de notre Chambre de Commerce.
Les soieries Lyonnaises, rarement aussi favorisées jusqu'ici, avaient été mises en pleine valeur par ses soins. La porte monumentale ouvrant sur la galerie de trente mètres, avait belle tournure, dans sa sobriété voulue de lignes et de tons, au milieu des décorations pimpantes des entrées des autres produits.
Ce cadre solide et fier, d'un caractère bien lyonnais, au lieu de lutter avec les fraîcheurs éclatantes des produits exposés, qu'il annonçait dignement, les faisait parfaitement ressortir.
Mais de même que le public s'égayait en circulant, sans y prendre garde, au milieu d'une architecture polychrome nouvelle pour lui, de même bon nombre de nos compatriotes ont peut-être admiré nos soieries sans faire attention à leur cadre.
Nous croyons devoir le leur signaler aujourd'hui et reporter une partie du succès populaire de la fabrique lyonnaise à l'architecte de mérite chargé de son installation.
Derrière cette porte, se développe une des galeries de 25 mètres. D'après le plan général, elle aurait dû être traversée par un passage de 5 mètres.
Cette disposition eût été regrettable pour certaines étoffes, notamment les façonnés pour ameublement dont l'effet n'est bien apprécié qu'à une distance assez grande. La Chambre de Commerce, qui a pris la direction de l'installation des produits de la fabrique lyonnaise, a veillé à ce qu'ils soient présentés en pleine valeur ; et, avec sa haute compétence et son zèle infatigable, a admirablement rempli son programme .
Le passage que nous mentionnons a été supprimé, et des salons communiquant entre eux ont été substitués à l'étalage en vitrines parallèles. Le plan indique cette disposition, renouvelée de l'Exposition de 1878 et dont on n'avait eu qu'à se féliciter. Aucune place, ainsi, n'était sacrifiée, aucune vitrine laissée dans l'ombre.
L'emplacement attribué à la classe 33
comportait une surface totale de 2 340m 75e dont 1,676™ 81e, ont été réservés à la collectivité lyonnaise (1).
A côté de ces expositions individuelles, la Chambre a, pour la première fois, pris une part directe et en quelque sorte personnelle, en organisant au centre du grand salon de la collectivité lyonnaise une exposition de ses propres services.
Cette exposition spéciale était représentée:
1° Par une collection des principales publications faites depuis 20 ans. (Comptes-rendus annuels de ses travaux et publications diverses);
2° Par une courte Notice, exposant, sous la forme d'un tableau statistique, les ressources financières mises à sa disposition par l'impôt spécial des patentes et par l'exploitation des divers service de la Condition des soies, ainsi que la destination donnée par elle à ces divers éléments de recettes.
30 Par des publications et des tableaux destinés à faire connaître l'organisation des diverses institutions, qu'elle dirige ou qu'elle a prises sous son patronage, et les services rendus par ces institutions à l'industrie de la soie : savoir:
(1) Grand salon de Lyon.
Pavillon de la grande avenue.
Salon des soies teintes.
Total. 1,67611 81
La surface occupée par le1; vitrines a été de 641™ 45, savoir:
Etoffes de soie.
Soies écrues grèges et ouvrées.
Soies teintes.
Total. 641° 45
Ces vitrines occupaient un développement total linéaire de 465™ 60
Etoffes de soie.
Soies écrues.
Soies teintes, soieries teintes et apprêtées.
Total. 465m 60
La Condition des soies;
Le Laboratoire d'études de la soie;
La Société de secours mutuels et la caisse de retraites des ouvriers en soie;
L'Ecole supérieure de commerce et de tissage ;
L'Ecole centrale lyonnaise ;
Et enfin l'Ecole de chimie industrielle près la Faculté des sciences.
De plus, une exposition de toutes les provenances de soie qui font l'objet de transactions sur le marché lyonnais représentée par des types soigneusement catalogués, a été organisée par les soins de M. L.-J. Testenoire, directeur de la Condition, avec le concours des principaux marchands de soie de notre ville qui ont bien voulu rendre cette collection anonyme aussi complète et aussi intéressante que possible.
Des cartes géographiques, accompagnées de documents statistiques placées au-dessus des vitrines de cette exposition spéciale, indiquaient aux visiteurs, par des teintes graduées, l'importance relative des divers pays séricicoles et les principaux centres de production soyeuse.
Enfin, une Notice historique sur la fabrique lyonnaise de soieries et d'industrie de la soie en France a été publiée en deux éditions. La première tirée à 1 5,000 exemplaires a été distribuée gratuitement aux visiteurs des salons lyonnais ; la seconde, plus luxueuse comme impression, tirée à 500 exemplaires seulement sous un format plus grand et accompagnée de nombreuses statistiques destinées à faire connaître les forces productrices de l'industrie de la soie en France, a été distribuée aux membres du Jury des récompenses et aux exposants.
Telle a été dans son ensemble l'exposition de la collectivité lyonnaise.
La Chambre de Commerce, en assumant la responsabilité de l'organisation avait d'ailleurs justement revendiqué la plus grande liberté d'action.
Par dérogation aux règles générales, elle a été considérée en quelque sorte, de même qu'aux Expositions précédentes, comme un exposant unique, pour tout ce qui concernait l'occupation de l'espace attribué à la collectivité lyonnaise, la distribution des salons occupés par elle, la construction des vitrines, etc. Nous avons vu qu'elle a même obtenu le privilège de confier ses travaux à un architecte lyonnais, M. Pascalon, qui a été en même temps agréé par le Comité d'installation comme architecte delà classe 33. C'est aussi par des entrepreneurs et des artistes lyonnais : M. Denat pour la menuiserie, MM. Guer et Blanc pour la serrurerie, M. Bardey et MM. Flachat et Cochet