ARRESTATIONS
« Elles n'ont commencé que plusieurs jours après l'arrivée du commissaire du gouvernement. Mais elles excitèrent les plus vives alarmes, surtout par le rang que tenoient dans l'opinion, relativement à leur moralité, les personnes frappées de mandats d'arrêt.
C'étoit !e citoyen Dareste, père, ancien receveur de la capitation ; c'était le citoyen Joseph Delhorme, ju^e actuel du tribunal civil; c'était M™"^ Bertrand, pronriétiiire de l'hôtel du Parc; etc. Les alarmes redoublèrent lorsque le motif de leur arrestation fut connu. Les mandats d'arrêt portoient : pour fait de conspiration. Chacun craignoit de se trouver conspirateur, sans avoir jamais conspiré. Une émigration plus considérable encore que celle qu'avoit occasionnée l'entrée de Reverchon fut l'effet de ces mesures inattendues. Au reste, les arrestations n'ont duré que quelques jours et n'ont pas été nombreuses. Je dois dire qu'aucun mandat d'arrêt n'a été exécuté la nuit, et que sur ce point la constitution a été scrupuleusement observée. Je dois dire encore que Thumanité, les égards même ont présidé aux arrestations, et n'ont jamais abandonné les prévenus dans leur détention. Ils sont partis pour Paris depuis quelques jours.
CERNEMENS
Ils ont eu lieu autour des cafés, des auberges, surtout de celles des Brotteaux. II paroît qu'ils ont eu pour objet l'arrestation des étrangers et des jeunes gens de la réquisuion. En effet, on en a arrêté un grand nombre On leur a donné la chasse aussi dans les rues. Bien des personnes que l'erreur ou la suspicion avoient enveloppées dans cette mesure, ont été rendues incontinent à la liberté.