‹ Lyon de 1778 au Directoire, notes et documents;Chapitre 5 sur 10 · LES GENS TENANT LE PRÉSIDIAL DE LYON · texte numérisé non relu

LES GENS TENANT LE PRÉSIDIAL DE LYON

Savoir faisons ;

Vu par la Chambre criminelle du dit présidial, le réquisitoire du Procureur du Roi au dit siège, contenant que Monseigneur le garde des sceaux lui a adressé des lettres patentes portant amnistie générale au sujet de la sédition du mois d'août ; que la douce satisfaction qu'il éprouve à se trouver chargé d'annoncer ce nouveau monument des bontés paternelles de notre auguste monarque naît de la persuasion que la reconnoissance et le repentir des coupables étoufferont à jamais dans leur cœur ces sentiments d'inquiétude et d'insubordination dont l'exemple contagieux égare la multitude et la rend trop souvent la malheureuse victime de son ignorance et de sa crédulité ; qu'il se félicite également de pouvoir offrir aux magistrats le dédommagement du sacrifice de leurs sentiments particuliers à la sainte rigueur des lois, en devenant auprès du peuple les organes de la bienfiiisance du souverain, après avoir été les ministres de

sa justice et vu leur zèle à ce titre honoré de son approbation; qu'il croit enfin qu'il est de son devoir, pour ne laisser rien ignorer au public du concours des différentes autorités dans cette circonstance, de rappeler les propres expressions de Monsieur le garde des sceaux, que c'est principalement à la prière de thConseigneur î' Jrchei'êqiie de Lyon que le roi a bien voulu se porter à cet acte de clémence.

A ces causes :

Requiert le dit procureur que les dites lettres patentes soient enregistrées, publiées, etc. Lyon, 13 septembre 1786.

Signé : Baron du Soleil

Ouï le rapport de M. François Perret, faisant les fonctions de lieutenant général criminel,

Il est dit par jugement présidial et au dernier ressort que les lettres patentes accordées par Sa Majesté, portant amnistie générale, seront exécutées suivant leur forme et teneur

Fait à Lyon en la Chambre criminelle du Conseil du présidial, le 13 septembre 1736.

Signé : Perret, Ponthus, Camyer, Jacob, Berger, Rey, Chirat, Bollet, Grassot, Loyer.

29 décembre

Le roi ayant déclaré que son intention était de convoquer une assemblée composée de personnes des diverses conditions et des plus qualifiées de son état pour leur communiquer ses vues sur les moyens les plus propres à rétablir l'ordre dans les finances de son royaume, à corriger les abus et à procurer à ses peuples un vrai soulagement, une liste de personnes fut faite par Sa Majesté elle-même et remise aux secrétaires d'Etat chargés du département des provinces, afin qu'ils expédiassent les lettres de convocation. Les notables personnes portées sur cette liste étaient au nombre de cent Quarante quatre, dont sept princes du sang, neuf ducs et pairs, huit maréchaux de France, vingt-deux lieutenants ou maréchaux de camp, douze conseillers d'état,, onze archevêques ou évêques^ trente trois magistrats de cours souveraines, deux officiers de la cour des comptes, deux de la cour des aides, douze députés des pays d'Etat, un lieutenant civil, celui de la prévôté et comté de Paris, enfin vingt-cinq chefs municipaux des principales villes du royaume : Paris, Lyon, etc.

Louis Tolozan de Montfort, prévôt des marchands de Lyon, reçut du roi la lettre suivante :

Cher et bien aimé, ayant résolu de communiquer à une assemblée de personnes de diverses conditions

de notre royaume les vues que nous avons pour le soulagement de nos peuples, l'ordre de nos finances, et la réformation de plusieurs abus, notre intention est que vous vous rendiez à Versailles pour le 29 de janvier prochain 1787, jour auquel nous avons fixe l'ouverture de ladite assemblée pour y assister et entendre ce qui sera proposé de notre part, et nous sommes assuré que vous nous y donnerez de nouvelles preu\ es de votre fidélité et de votre zèle pour notre ser\'ice.

Donné à Versailles, le 24 décembre 1786.

Signé : Louis.

Vers la fin de l'année 1786 le célèbre naturaliste Dombey vient se fixer à Lyon pour y rétablir sa santé délabrée par les fatigues qu'il avait éprouvées à l'occasion de son voyage au Pérou. Il y demeura jusqu'après le siège, époque à laquelle il partit pour les Etats-Unis.

21 mars 1787

Un prospectus mis en distribution dans Lyon annonce dans ces termes l'ouverture d'une souscription pour l'établissement de 300 lits de plus à l'Hôtel-Dieu, afin que tous les malades soient couchés seuls.

« Si la capitale a sur toutes les villes des provinces

une prééminence qu'on ne peut lui disputer, notre ville, la seconde du royaume, a quelquefois sur la capitale même, des avantages que nos citoyens ne sauroient sentir trop vivement, parce que le meilleur moyen de les conserver toujours et de les multiplier, s'il se peut, est de les connoître et de s'en occuper. Parmi ces avantages, nos hôpitaux tiennent sans doute un rang distingué.

Dans tous les temps, le zèle, le désintéressement, la générosité, le dévouement patriotique de leurs administrateurs ont été proposés comme un exemple. Aujourd'hui que le célèbre rapport des commissaires de l'Académie royale des Sciences vient de fixer tous les yeux sur cet objet, on a dû voir avec satisfaction dans notre ville que son Hôtel-Dieu étoit cité honorablement dans ce rapport, et qu'on y démontroit qu'il n'y en avoit aucun dans le royaume où il mourût à proportion moins de malades. Le prospectus de la souscription que nous annonçons nous en fournit- encore de nouvelles preuves.

En 1785, il est entré à l'Hôtel-Dieu 15,821 malades

Il en est mort i>343

Le nombre des guéris a donc été de 14,478

En 1786, il est entré I5>747 malades

Il en est mort 1,230

Le nombre des guéris a donc été de 14,5 17

Dans ces deux années, tandis qu'on voit mourir à l'Hôtel-Dieu de Paris plus de dix-sept malades sur cent, il n'en est donc mort à Lyon que huit.

Ce succès si consolant pour l'humanité est certainement dû à l'excellence du régime de notre Hôtel- Dieu, et surtout à l'attention qu'on y a toujours eue de faire coucher, autant qu'il étoit possible, les malades seuls; et tandis qu'à l'Hôtel-Dieu de Paris, on en entassoit quelquefois jusqu'à sept ou huit dans un même lit, on avoit grand soin à Lyon de n'en réunir jamais plus de deux.

Mais plus on approche de la perfection, plus vivement on éprouve le désir d'y atteindre : « Le zèle et la sensibilité des administrateurs de l'Hôtel-Dieu supportoient impatiemment, (disent-ils dans le prospectus de souscription qu'ils viennent de répandre) les obstacles que le défaut d'espace dans les anciens bàtimens et la construction sagement suspendue des nouveaux, présentoient à l'exécution si désirée du projet de coucher les malades seuls. Mais de nouvelles dispositions dans les différens départemens ayant laissé libre un assez grand local, le bureau s'est empressé d'en profiter pour diviser les infirmeries, de manière à séparer dans tous les temps les maladies contagieuses des maladies ordinaires, éloigner les varioles des fébricitans, les pulmoniques des blessés, les convalescens des malades en danger, et y multiplier les lits en les rétrécissant assez pour qu'il soit impossible d'y coucher deux, et cependant les laisser d'une grandeur suffisante pour que le malade y soit à l'aise, et qu'il reste entre les lits un espace convenable.

Mais l'établissement de ces nouvelles infîrnieries a

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forcé Tadministration à des dépenses extraordinaires, outre celles que lui ont encore occasionnées les grands changemens faits dans la pharmacie : le renouvellement des drogues, le complément des plus rares et le choix des premières qualités, la création d'une place de directeur pour un pharmacien dont les études et l'expérience assurent toujours la meilleure composition des remèdes, (et soumis d'ailleurs à l'inspection quatre médecins titulaires) et répondant à la confiance du public empressé de s'y pourvoir; l'entretien d'un élève indépendamment des soeurs hospitalières attachées à ce département, et d'un frère chargé d'y tenir en ordre les livres de débit et de recette.

La loi que l'administration s'est imposée et qu'elle suit rigoureusement, de ne se livrer à aucune dépense nouvelle, quelque intéressant qu'en soit l'objet, sans en avoir les fonds; la douce satisfaction qu'elle éprouve à voir rapprocher chaque jour l'époque de son entière Hbération ; la crainte que son silence ne fût-mal interprété, dans un moment où tous les ordres de l'état se réunissent pour mulciplier et perfectionner les établissemens de bienfaisance; son honneur intéressé a prévenir les reproches du public sur les délais que la situation de ses finances la force de prendre pour opérer une réforme dont elle sent toute l'importance, et qu'elle désire avec toutes les âmes sensibles; jalouse tout à la fois d'exécuter scrupuleusement le plan d'économie qu'elle s'est fait pour se libérer avec ses propres forces, et de travailler sans cesse à porter au

plus haut point de perfection toutes les parties du service des pauvres, elle a pensé qu'il étoit de sa sagesse et de son devoir de communiquer au public ses vœux, ses efforts et l'insuffisance de ses moyens, persuadée qu'elle trouvera dans la charité des citoyens les secours extraordinaires dont elle a nécessairement besoin en ce moment pour être en état de faire coucher les malades seuls. »

Après avoir ainsi exposé leurs motifs avec autant de sagesse que de sensibilité et d'éloquence, les administrateurs présentent le détail des lits qui existent actuellement dans Thôpital. Ceux qui sent destinés aux fiévreux, tant hommes que femmes sont au nombre de 588, et pour que ces malades puisent toujours coucher seuls, il faudro't 500 lits. Il n'y a que 218 lits destinés aux blessés, et il en faudroit 316. Les autres maladies exigeroient environ 300 lits, et ce nombre n'est pas complet.

Il résulte de toutes ces données que, pour compléter à l'Hôtel-Dieu le nombre de iioo à 1200 lits nécessaires pour que tous les malades soient couchés seuls et pour les réduire à la largueur de trois pieds qu'on regarde comme la plus convenable pour que les malades soient bien couchés et ser\-is commodément, il faut recouper 436 grands Hts et en faire 300 nouveaux.

La dépense de chaque lit en fer avec toutes ses garnitures monte à 290 liv. 5 s. selon le tableau détaillé donné dans le prospectus; et en y ajoutant

les frais nécessaires pour recouper les grands lits, la dépense totale montera à 91.435 liv.

Animé par l'exemple de notre auguste monarque, dont la bonté paternelle assure le soulagement des malheureux de la capitale par l'établissement de quatre hôpitaux placés et disposés suivant les principes des commissaires de l'Académie des Sciences, plein de confiance dans la protection du ministre bienfaisant, dont la sagesse a préparé cette heureuse révolution, et qui, pour le bonheur de nos pauvres, veille sur les intérêts particuliers de cette ville; encouragé par les grands exemples de patriotisme et d'humanité qui dans tous les temps en ont distingué les citoyens; rassuré par le tendre intérêt qu'ils ont toujours pris au soutien et à la célébrité des hôpitaux, leur ouvrage, le bureau de THôtel-Dieu croit pouvoir concilier l'esprit d'ordre et d'économie qui le force à mettre des bornes à son zèle avec le désir unanime de voir les malades couchés seuls, en proposant une souscription dont les fonds seront entièrement et uniquement consacrés à cet objet. »

L'exemple et le succès de la souscription autorisée par Sa Majesté pour la construction des quatre Hôtels- Dieu de Paris a confirmé les administrateurs dans l'idée d'adopter ce moyen, à l'aide duquel l'hôpital de Londres se soutient depuis 1740 et fournit aux besoins de plus de 1200 malades par jour.

Les personnes qui désireront souscrire sont priées d'adresser au frère commis à la recette dans le bureau

des écritures de l'Hôtel-Dieu, les sommes qu'elles voudront donner, uu leur soumission par écrit pour le montant de la contribution qu'elles voudront bien s'imposer.

Elles seront libres de partager leur souscription en quatre paiements égaux, à réaliser dans le cours de l'année nécessaire à l'entier achèvement des 300 lits et les sommes seront versées dans une caisse séparée des autres.

On pourra de même s'adresser à M. Jourdan, quai St-Clair, trésorier, ou à tel autre de MM. les administrateurs de l'Hôtel-Dieu.

Les noms des personnes qui souscriront pour la somme de 300 liv. nécessaire pour le payement de chaque lit, seront inscrits sur le devant de la couchette, si elles veulent bien y consentir. On les invite avec instance à sacrifier leur modestie à l'intérêt des pauvres, et à donner ce consentement pour le bien de l'exemple.

Les noms de ceux qui auront souscrit pour une somme de 3.000 liv. seront inscrits sur une table de marbre placée à la tête des grandes infirmeries.

Le bureau de l'Hôtel-Dieu publiera de mois en mois la liste des souscripteurs, date par date, et il en sera formé un registre particulier qui sera déposé à demeure dans les archives de l'Hotel-Dieu, comme un nouveau monument de la charité des citoyens. »

L'archevêque de Lyon auquel avait été envoyé tout d'abord le prospectus de la souscription, y répondit

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aussitôt par une offrande généreuse de lo.ooo francs accompagnée de la lettre suivante :

Paris, ce 26 mars 1787.

J'applaudis de tout mon cœur. Messieurs, au dessein que vous avez formé d'avoir désormais autant de lits que de malades; j'attache même tant de valeur à cette œuvre de charité, que je ne perds pas un moment à vous envoyer une somme de 10.000 francs pour contribuer à son exécution. J'espère que toutes les personnes aisées s'empresseront aussi d'y concourir suivant leurs moyens ; mais si la totalité des fonds se faisoit attendre un peu trop longtemps, vous penserez comme moi qu'il faut toujours selon l'intention des bienfaiteurs appliquer à la destination annoncée les sommes qui vous seront parvenues.

J'ai l'honneur d'être avec une parfaite considération, Messieurs,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

L'archevèq.ue DE Lyon.

MM. les Comtes de Lyon donnent 5.000 liv; M. et M™e Terray, 3.000 liv.; l'ordre de MM. les avocats, 3.000 liv.; MM. les notaires, 3.000 liv.; MM. les procureurs, 3.000 liv ; le bureau des collèges de Lyon, 1200 liv. ; les R. P. Chartreux, 1.200 liv.; la société connue sous le nom de la Sagesse, 600 liv. ;

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celle du Patriotisme, 600 liv.; chacun de MM. les administrateurs a donné un lit, etc. etc. Les principaux de nos citoyens et des étrangers même, qu'aucun lien ne sembloit attacher à notre ville, ont suivi cet exemple avec un empressement et un zèle dont on ne peut être témoin sans verser des larmes d'attendrissement et d'admiration. Enfin, en quinze jours, le montant des souscriptions dont le tableau sera distribué avec les petites affiches de ce jour, est déjà de 72184 liv. L'adjudication des 50 premiers lits en 1er a été donnée dimanche dernier au rabais, et ce rabais a mis les administrateurs à portée d'ajouter un second matelas à ces Hts. L'adjudication de 60 autres lits est indiquée pour dimanche 1 5 avril, et l'on verra, sans doute, bientôt se reniphr l'une des souscriptions les plus intéressantes qui aient jamais été proposées et s'accomplir une des réformes qui peuvent faire le plus d'honneur à l'humanité et au zèle de nos citoyens.

Journal de Lyon, 4 avril («0 7) lySj, p. 104-112.

La souscription pour l'établissement de nouveaux lits à l'Hôtel-Dieu ayant été définitivement close, et les fonds ainsi recueillis une fois employés à l'usage auquel ils avaient été destinés, les administrateurs tinrent à rendre compte des sommes qui leur avaient été confiées. Le Journal de Lyon se fait leur organe à cette occasion et dans les termes suivants :

« Nous avions annoncé dans ce journal en 1787

la souscription patriotique proposée par les administrateurs de notre Hôtel-Dieu pour l'établissement de 300 lits de plus, afin que tous les malades fussent couchés seuls.

Le prospectus de cette souscription rédigé par le magistrat éloquent et sensible qui préside à cette administration, M. Barou du Soleil, lui fît le plus grand honneur. Feu M. Montazet, archevêque, s'empressa de souscrire pour 10.000 liv. Les corps et les particuliers suivirent à l'envi cet exemple et en moins de six semaines (du 14 mars au 27 avril 1787), le zèle et la libéralité de nos concitoyens mirent les administrateurs en état d'aller au delà de ce qu'ils avoient d'abord projeté. Selon leur prospectus, la dépense de 300 lits en fer étoit estimée à 91.435 liv. Les souscriptions montant à 155.243 liv., 4 s. ont permis de porter le nombre des nouveaux lits à 434 au lieu de 300. Cet accroissement des lits a exigé de nouvelles constructions. « Quatre nouvelles infirmeries ont été ajoutées à celles qui existoient déjà; des déplacemens assez considérables ont occasionné des réparations utiles; les constructions nouvelles ont servi à pertectionner les anciennes, à rendre plus salubres, plus commodes, plus vastes, les infirmeries auxquelles elles confinoient. Ce travail exécuté par adjudication, conduit sans faste, uniquembat adapté aux besoins et à la commodité des malades,- est devenu un objet de dépense considérable. » Les administrateurs offrent au public le compte le plus satisfaisant de cette

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dépense, et nous nous contentons d'en consigner ici les résultats.

434 lits de fer pesant ensemble 136742 livres à 37 liv. if> s. 6 d. le cent, pesant prix commun des diverses adjudications '^i.'jiô 1. 16 s. 3 d.

Matelas, couvertures, plaques pour les lits, chaises d'aisance, etc 74.364 1. 13 s. 9 d.

Impressions relatives à la souscription et à cette réforme 682

Constructions et réparations 40.406

Total. . . 167. 169 1. 10 s.

Montant des souscriptions 153.243 1. 4s.

L'Hôtel-Dieu a fourni. . . 11.926 1. 6 s.

L'excellente idée de faire coucher tous les malades seuls dans l'hôpital le mieux administré qu'il y ait dans le royaume, le zèle avec lequel cette souscription a été proposée et remplie, l'intelligence et la sagesse qui ont présidé à l'emploi des fonds, nous paroissent, dans l'histoire de notre ville, une époque mémorable qu'on ne se rappellera jamais qu'avec attendrissement et admiration.

L'inscription suivante rappelant les noms des souscripteurs les plus importans fut placée au grand dôme de l'hôpital dans l'infirmerie des hommes blessés.

0 Le bureau ayant projeté en 1787 de procurer aux malades l'avantage d'être couchés seuls et proposé une souscription pour subvenir à la dépense des lits et de la construction de deux infirmeries, la libéralité des citoyens a fait monter le produit à . . . 1 5 5243 1.

Les pauvres comptent au nombre de leurs bienfaiteurs :

Mgr Malvin de Montazet, archevêque... 10.000 1.

MM. les Comtes de Lyon 3 . 000

M. Masso de la Perrière, sénéchal 3 .000

M. Terray, intendant 3.000

M. Tolozan de Montfort, prévôt des marchands 3 . 600

L'ordre des avocats 3 . 000

La compagnie des notaires 3 .000

La communauté des procureurs 3 .000

Les marchands drapiers 4.000

Les marchands chapeliers 3 .000

Jùurnal de Lyon, année 1789 {S février) n" 4 pp. 54-59-

30 Avril

D'après l'ordonnance du roi en date de ce jour, la compagnie du guet reçoit une nouvelle organisation. Elle est composée ; 1° D'un capitaine, commandant

SOUS les ordres du gouverneur et des prévôt des marchands et échevins, ayant le titre comme anciennement de chez'alier du guet ; 2" D'un lieutenant et de deux sous-lieutenants ; 3° D'un corps d'infanterie de cent hommes, y compris les sous-officiers, deux tambours et un fifre ; 4° D'un corps de cavalerie de nente-un hommes, savoir : un maréchal des logis, six brigadiers et vingt-quatre cavaliers.

Le roi se réserve pour toujours la nomination du chevalier du guet, sur la présentation du gouverneur d'après les propositions des prévôt des marchands et échevins. La volonté du roi est encore qu'à l'avenir le chevalier du guet soit un ancien capitaine, ayant servi dans ses troupes au moins vingt-cinq ans.

Le Consulat nomme les autres officiers, et le chevalier nomme aux grades de sous-officiers.

Tout soldat du guet doit avoir servi huit ans au moins dans les troupes du roi et avoir un congé absolu en bonne forme, avoir moins de quarante ans et ne pas être marié.

La solde de la compagnie du guet est à la charge de la ville ; le chevalier a un appointement de 3,000 livres par an et chaque soldat d'infanterie a douze sous par jour, chaque cavalier vingt sous.

L'uniforme consiste en un habit de drap bleu à revers et parements blancs garnis d'un passe-poil rouge, collet droit rouge garni d'un passe-poil blanc, la patte des poches placée en long garnie de trois gros boutons et d'un passe-poil blanc. Des boutons

en métal blanc, timbrés d'une étoile dans le milieu et couronnés d'un collier d'ordre garni de cinq fleurs de lys ; la veste et culotte blanche, le chapeau uni, une houppe de laine blanche pour l'infanterie, de laine rouge pour la cavalerie.

i8 Mai

Une ordonnance du roi en date de ce jour, fixe comme il suit l'uniforme de la garde et milice bourgoise de Lyon.

L'habillement des capitaines, lieutenants, sergents, caporaux, enseignes et gardes de vingt-sept quartiers est composé d'un habit bleu de roi, doublure, veste et culottes blanches, boutons surdorés, timbrés de trois fleurs de lys surmontées par un lion couronné. Le vingt-huitième quartier a un habit écarlate.

L'habit des ofiîciers est entouré d'une riche broderie en or, les sergents portent un double rang de galons en or sur les parements, et les caporaux un seul rang. Le capitaine de la compagnie de la place Confort qui est la compagnie colonelle est autorisé à porter deux épaulettes en forme de trèfles, sans franges, brodées or en paillettes et bouillons. Tous les autres officiers portent sur l'épaule gauche une seule épaulette pareille à celle de la colonelle, et sur l'épaule droite une contreépaulette. Les sergents et caporaux ont deux contreépaulettes or et soie blanche, sans franges.

Chaque compagnie conserve la couleur particulière de son drapeau, laquelle était commune aux cocardes et aux plumets. La compagnie colonelle était la seule dont le drapeau, les plumets et les cocardes fussent de couleur blanche. Dans toutes les autres compagnies, le drapeau présentait le plus souvent un mélange de plusieurs couleurs. Chaque drapeau portait une devise en latin. Ainsi sur celui des Terreaux, on lisait « Pro hostibus ferox, pro amicis mitis ». Il était violet et blanc, et avait une croix blanche gardée par un lion. Le drapeau cfti quartier Saint-Jean était blanc et cramoisi, et il portait pour devise ; « Mars Jhemidis auxilium » ; sur celui de la place Neuve on lisait : « Jiiri et annis titinistrat. »

'E^eviie du Lyonnais VI, iij.

19 Juillet

L'année 1787 fut très malheureuse pour l'industrie lyonnaise et pour les ouvriers de la fabrique de soieries.

C'est ce qui ressort notamment de la délibération prise le 19 juillet par le Consulat pour porter remède à cette situation :

a Les Prévôt des marchands et cchevins de la ville de Lyon très particulièrement instruits que la

dernière récolte des soies a presque totalement manqué dans le royaume, dans le Piémont et dans l'Italie, que la cherté excessive de cette matière première, qui est la suite inévitable de la disette, ôte aux marchands fabricants en étoffes de soies la possibilité de s'en pourvoir et va les mettre incessamment dans la nécessité de diminuer une grande partie de leur fabrication, que déjà une grande partie d'entre eux «nt considérablement réduit le nombre de leurs ouvriers, et que bientôt ils se verront forcés de n'en employer qu'un petit nombre.

Alarmés des suites d'un événement aussi malheureux, qui ne peut manquer de plonger dans une inaction totale et dans la plus affreuse misère une multitude d'individus qui ne subsistent que par le travail de cette manufacture, nous ne saurions trop tôt prendre des précautions pour conserver dans l'enceinte de nos murs des bras aussi précieux et leur procurer les moyens d'y subsister jusqu'au temps où une récolte abondante ou une diminution de prix des soies permettra de rendre à la fabrication toute son activité. Mais en même temps, nous ne devons pas perdre un instant pour nous occuper des moyens de faire subsister ceux de ces ouvriers que les circonstances laissent absolument sans travail. Il n'est pas moins intéressant d'examiner s'il ne seroit pas possible de les occuper à un autre genre de travail, qui, s'il ne leur procure pas le même salaire, les garantira au moins de l'oisiveté. Si l'état des finances de la ville

pouvoit supporter des sacrifices considérables, l'administration n'hésiteroit pas de les faire, mais forcée ellemême à la plus sévère économie, elle ne peut espérer de trouver ce secours, que les circonstances pressantes exigent, que dans le zèle et les bonnes dispositions des citoyens de tous les ordres de cette ville, dans les bontés du gouverneur en leur présentant le tableau touchant de la calamité qui menace cette ville.

En conséquence, il fut arrêté que les maîtres gardes-syndics de la communauté des fabricants en étoffes de soie seroient priés et autorisés à convoquer une assemblée de tous les maîtres marchands de cette communauté pour y délibérer d'ouvrir une souscription en faveur des ouvriers sans travail.

Cette souscription fut ouverte dans le courant de septembre. Les syndics et maîtres gardes de la fabrique et MM. Fromental, frères, notaires reçurent les souscriptions. Les deniers étaient versés entre les mains de M. Degraix, conseiller de ville.

Les secours furent nombreux ; le prévôt des marchands, M. Tolozan, ne négligea rien pour exciter le zèle des cœurs bienfaisants. Deux fois, à l'ouverture de la loge des changes, il prit la parole en faveur des malheureux ouvriers, exposa le tableau de leur affreuse détresse et sa voix généreuse ne se fit pas entendre en vain.

Revue du Lyonnais. FI, 12^.

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