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PRIMES A LA PRODUCTION

90.000 francs pour la surveillance et le contrôle du grainage. Les mêmes lois ont donné à la filature des avantages identiques. Maïs ici, le mécanisme législatif est beaucoup plus complexe, car ces primes ne sont plus de simples droits compensateurs ; elles ont la prétention d’être des encouragements à la transformation du matériel, 4 Des primes horaires de 0 fr. 1333 ont été accordées aux bassines à 2 bouts et plus, en 1892 ; à plus de 3 bouts, en 1898 ; à 6 bouts au moins, en 1909. En réalité, ces avantages étant basés sur le temps de travail et non sur les quantités produites, les filatures avaient intérêt à ne pas dépasser respectivement, aux dates indiquées, 3, 4 et 6 bouts, car leur production horaire devenant alors plus forte, le taux de la prime était diminué d’autant. Avec le régime de 1892, on a cité des filateurs qui, ralentissant le plus possible le travail de leurs bassines à 2 bouts, touchaient jusqu’à 13 franes de gratification au kilo de soie, pour une production journalière de 100 grammes à la bassine, alors que des appareils plus perfectionnés auraient donné 500 grammes. Même avec le régime de 1909, on a démontré qu’il est moins avantageux de travailler avec une bassine à 8 bouts qu'avec une bassine à 5 bouts, car avec la première le filateur encaisse une prime de 2 fr. 76 au kilo, pour un prix de revient de 2 fr. 75, soit un bénéfice de 0 fr. 01 seulement, tandis qu'avec la seconde, il encaisse 3 fr. 36, pour un prix de revient de 3 fr. 10 (), soit un bénéfice de 0 fr. 16. Ce système législatif est donc en réalité un encouragement au mauvais matériel et à l’exploitation de la prime.

Il y a plus. Par suite de phénomènes d’incidence, la prime a profité non pas aux filateurs, mais à leurs clients, les marchands de soie. Pour lutter contre la concurrence des soies asiatiques, les filateurs, surtout dans la période d’avantguerre étaient obligés de faire des sacrifices. Alors, ils déduisaient de leurs factures le montant des gratifications d’état. Avec la hausse énorme du prix des cocons et de la soie filée, qui a suivi la guerre, toutes ces primes à la production sont devenues manifestement inutiles. En janvier 1921 le gouvernement prétendit les supprimer immédiatement, ce

(1) L’exposé très documenté et très convaincant de M. Antonelli : Les primes à la filature de la soie en France.

qui était une violation manifeste des promesses faites en 1909. Sur les, protestations des filateurs et des sériciculteurs, de nouveaux crédits ont été prévus : 1.300.000 francs en 1923 pour la filature et 18.500 francs de frais accessoires, mais il est peu probable qu’en 1929 cette politique soit continuée, A supposer que des primes à la filature redeviennent nécessaires, une seule base serait rationnelle : le rendement en quantité et non pas le temps de travail.

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