CHAPITRE V
Les marchands de soie ont dû chercher au dehors ce qu’ils ne trouvaient plus en France. D’ailleurs on sait que la fabrique de Lyon n’est pas de celles qui se contentent de quelques types déterminés et uniformes de tissus. Il faut à ses innombrables variétés d’étoffes des catégories de soies multiples, empruntées à tous les pays du monde. La presque totalité des matières soyeuses du marché de Lyon est aujourd’hui d’origine étrangère. s
La soie, qui s’entasse dans les magasins lyonnais, ne vient pas seulement des pentes languedociennes, où l'olivier se mêle à la vigne, elle vient aussi de loin, de très loin. « Elle est née en Syrie ou à Brousse, dans les champs turcs hérissés de minarets blancs et de cyprès noirs, — ou dans la Perse ceinte de. falaises à pic, — ou dans le Turkestan nomade, — ou dans le Kouang toung chinois, tout parfumé de menthe sauvage, — ou sur les rives plates du Fleuve Bleu grouillant de jonques, — ou parmi les vallons japonais, harmonieusement coupés de gaves et de lacs. » (Claude Farrère.)