L'EUROPE OCCIDENTALE
La décadence, qui atteint l’ensemble de la production française, est également très sensible en Espagne. De lanti-
que sériciculture espagnole il ne subsiste plus que quelques débris, échelonnés le long des côtes méditerranéennes. Le principal centre actuel est la plaine de Murcie et d’Orihuela, qui donne les trois quarts de la récolte. Ensuite on peut à peine citer celles de Valence et de lAragon. Les régions d’Alméria, Grenade et Séville ont abandonné à peu près complètement le ver à soie. Comme dans notre vallée du Rhône, les éducations cèdent le pas aux cultures intensives des huertas. La production est tombée de 1.015.000 kilos de cocons frais (1) en 1908 (75.000 kilos de grège) à 880.000 en 1919 (70.000 kilos) et 755.000 en 1921 (60.000). Les prix ont subi une hausse, qui serait moins sensible qu’en France, s’il ne fallait pas faire intervenir le change. De 3 pesetas avant la guerre, ils étaient montés à 6,25 et 6,75 en 1922, mais avec un change moyen de 173 francs pour 100 pesetas. La plus grande partie de ces cocons est filée sur place dans des filatures, où dominent les intérêts français. La plupart des graines viennent de France. Elles appartiennent à nos races jaunes (2).
En 1913 l'Espagne expédiait à Marseille et à Lyon 52.900 kilos de cocons et 51.500 kilos de soie grège. En 1915 la guerre abaissait ces chiffres à 34.300 et 32.400. L’impdrtation des cocons remontait à 66.000 kilos en 1919 et à 74,400 en 1922, mais les quantités de soie grège se maintenaient aux environs de 35.000 kilos, les industries catalanes absorbant aujourd’hui des stocks de matières premières, qui passaient précédemment en France (3).
L'Italie (4) a beaucoup mieux résisté. Contrairement à ce qui se passait en France et en Espagne, elle a réalisé le tour de force de revenir dans la période d’avant-guerre aux chifres qui avaient caractérisé la belle époque de prospérité, antérieure à la pébrine, et même de les dépasser : 57 millions de kilos de cocons frais en 1907 contre 53 millions. Puis la guerre a contrarié comme partout les éducations, En 1917 elle a provoqué l'invasion des provinces séricicoles de
(1) Les chiffres de cocons, donnés sans autre indication, au cours de ce chapitre, se rapportent à des cocons frais.
(2) Tous ces chiffres sont empruntés à l’Union des Marchands.
(3) Tous les chiffres d'importation ou d'exportation sont empruntés aux statistiques des douanes,
(4) D’après les statistiques de l’Union des Marchands et Columbo : Tecnologia dei bozzoli e della seta.