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LA BANQUE ET LES MAGASINS GENERAUX

Dans toutes ces opérations d’achat et de vente, le concours de la banque est presque indispensable. Il en a toujours été ainsi. Dès les origines du commerce de la soie à Lyon, la banque intervenait et son organisation était déjà très perfectionnée, car, par suite de l’importance des foires, le change des monnaies se transforma très vite en Payements périodiques, avec compensation des lettres de change.

Aujourd’hui encore les interventions des banques sont nombreuses. D’abord les banquiers sont des intermédiaires obligés dans les opérations d’Extrême Orient, entre négociants qui opèrent presque aux antipodes les uns des autres. Les achats, dans ces régions lointaines, ont généralement pour base ce qu’on appelle la traite documentaire (D/P). Les transactions se faisant en monnaie indigène, les banques locales se substituent aux importateurs européens et fournissent toutes les sommes nécessaires, contre négociation de traites sur les maisons européennes, traites accompagnées de deux documents en garantie, le connaissement de la C'° de navigation, qui embarque la marchandise, et le certificat d’assurances maritimes. La soie voyage donc pour le compte de la banque, qui a avancé les fonds. Ces banques d’Extrême Orient sont pour la plupart étrangères. La France n’était représentée jusqu’à présent que par la Banque Industrielle

dition des soies avait synthétisé, sous forme de leçons de choses, toutes les industries qui précèdent la fabrication des tissus : élevage du ver à soie, filature des cocons, dévidage et moulinage.

Au centre se dressait, comme symbole, l’Arbre d’or, le Müûrier. Autour étaient disposés les bustes des quatre plus grands bienfaiteurs de ces industries : Olivier de Serres (1539-1619), père de la sériciculture française ; Philippe de Lasalle (1723-1804), qui rénova l’art de la décoration des étoffes ; J.-M. Jacquard (1752-1834), inventeur de la mécanique, qui porte son nom ; L. Pasteur (1822-1895), dont les travaux sur la maladie du ver ont sauvé la sériciculture.

Des tableaux, des plans, des photographies, des moulages instruisaient les visiteurs sur tout ce qui concerne la soie. Enfin, pour compléter cet enseignement par les yeux, un cinéma faisait défiler toutes les phases principales de la production dans des pays d’inégale civilisation, France, Italie, Japon, Cambodge.

La Foire de Lyon concerne plus directement les fabricants. Par exemple ils ont profité de la réunion de printemps 1923 pour organiser une très belle exposition et même une grande fête de la soie,

de Chine et par la Banque d’Indo-Chine. Françaises ou étrangères, ces banques expédient les traites documentaires à leurs correspondants de Lyon ou plus simplement encore à leurs succursales, puisqu'on sait que la banque anglaise Hong Kong and Shanghaï banking corporation et la banque japonaise Yokohama Specie bank, par exemple, ont des comptoirs à Lyon. Les traîtes sont alors présentées aux marchands lyonnais. Ceux-ci, en payant les sommes dues, rentrent en possession des connaissements, qui leur permettront de retirer la marchandise auprès des Compagnies de navigation, ces connaissements étant généralement au porteur. La traite documentaire est à quatre mois, à dater du jour où elle parvient à l’acheteur européen. Quand celui-ci se libère avant l'échéance, on lui fait l’escompte de ce qui reste à courir, au taux de la Banque de France.

Une autre méthode, le transfert télégraphique, a été très employée depuis la guerre, car elle permet de bénéficier dans une certaine mesure de la hausse croissante des changes asiatiques. Les marchands de Lyon ont acquis des quantités plus ou moins considérables de taëls et de yens. Pour tout achat que leurs agents signalent par télégramme, ils peuvent payer immédiatement en devises étrangères, et les banques de Lyon transmettent également par télégramme aux établissements financiers d’Extrèême Orient l’ordre de verser aux vendeurs les mêmes quantités de taëls et de yens. Le mécanisme est donc inverse, Les banques de Lyon donnent des ordres au lieu d’en recevoir. Si dans l’intervalle, entre l’achat des devises asiatiques et les paiements à Shanghaï ou à Yokohama, le change à subi une hausse, c’est autant de gagné pour le négociant lyonnais.

La traite documentaire n’est pas uniquement réservée à l’Extrême Orient. Mais dans les régions moins lointaines on se contente le plus souvent de la traite contre acceptation (D. A.). La banque, qui sert d’'intermédiaire, consent à abandonner au destinataire les documents qui couvrent la marchandise. Elle n’a plus alors, comme garantie, que la sighature du tireur, c’est-à-dire de l’exportateur, et celle du tiré, c’est-à-dire de l’importateur lyonnais. La traite D. A. est employée aussi en Extrême Orient, concurremment avec la traite D. P. Elle présente en effet certains avantages. Elle peut immédiatement être mise en cireulation comme un

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