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BANQUE ET MAGASINS GÉNÉRAUX

effet de commerce ordinaire, ce qui est plus pratique pour les banques, et permet le retour plus rapide de l’argent aux établissements financiers d'Extrême Orient. La diminution des garanties est largement compensée par l’honorabilité des vieillès maisons lyonnaises. Quant à la fraite libre, qui ne laisse à la banque, comme assurance, que la signature du tireur, elles est beaucoup moins employée.

Avec la traite D/A le mécanisme est à peu près le même que pour la traite D/P, mais à l’arrivée des documents à Lyon, le connaissement est remis au tiré, contre simple acceptation. Avec la traite documentaire la banque ne donne la marchandise, soit en totalité, soit en partie, que contre le solde de la valeur. Autrement elle conserve la soie en dépôt, et si par hasard le remboursement devient impossible, elle met en vente COCons ou grèges pour son propre compte.

Les banques ont également pris l’habitude de pratiquer . les avances sur marchandises. Le taux pouvait atteindre avant la guerre 75 % de la valeur des soies; en raison des prix énormes et instables d’aujourd’hui, il ne dépasse plus 50 %. Ici encore, pour se couvrir, les banques prennent les balles en dépôt, et quand le montant des avances n'est pas remboursé, elles agissent comme dans le cas de la traite documentaire.

La plupart des marchands, surtout depuis la guerre, étant en possession de capitaux considérables, n’ont pas besoin de recourir aux emprunts et travaillent par leurs propres moyens. D’autres au contraire, surtout dans les périodes précédentes, étaient obligés de solliciter les banques et même de tomber en leur pouvoir. Ils finissaient par devenir de simples placiers au service des établissements de crédit, qui les commanditaient, et dont les entrepôts emmagasinaient toute la soie, objet des transactions.

Dans toutes les situations qui précèdent, les marchands apparaissent comme clients des banques. Mais on sait que certains sont officiellement banquiers. Enfin on peut dire que tous les autres sont eux-mêmes plus ou moins banquiers, sans en avoir le titre. A l’achat ils commanditent souvent, comme on sait, des filateurs et des mouliniers, qui ne pourraient pas travailler sans ces avances et que les banques ne consentiraient pas toujours à aider. A la vente, ils sont en quelque sorte commanditaires des fabricants, -leurs clients, car les

paiements sont à longue échéance et sans garantie, de telle sorte que des crises dans la fabrique peuvent avoir des conséquences graves dans le milieu commercial.

La Banque de France ne pratique pas la méthode des avances sur marchandises, sauf négociation de Warrants. Le marché de Lyon, comme tout grand marché de matière première, a ses Magasins Généraux, installés place Michel-Servet, au pied de la Croix-Rousse. Ces magasins ont été fondés à Lyon en 1859 par une société anonyme pour recevoir les cocons, les déchets, les soies de toute nature et toutes les matières textiles nécessaires à la fabrique lyonnaise. Deux succursales avaient été créées à Marseille et à Avignon, plus spécialement en vue des cocons et de la production de la garance, mais cette culture ayant disparu du Comtat Venaissin, la succursale d'Avignon a été supprimée. La société fondatrice a été transformée et adaptée aux termes de la loi du 24 juillet 1867. Ses statuts ont été remaniés en 1889 (1). Son capital social est de 1.800.000 francs. Elle est administrée par un conseil et surveillée par des censeurs. Admipistrateurs et censeurs se recrutent parmi les actionnaires, c’est-à-dire non seulement dans le commerce de la soie, mais dans la banque, l’industrie et le commerce en général.

Le rôle de ces magasins est triple : d’abord magasinage et entrepôt simple, avec paiement d’un droit de location et d’une assurance ; ensuite entrepôt réel et succursale de la douane, pour les soies ouvrées ou les tissus étrangers, qui viennent en franchise temporaire et repartent ensuite avec ou sans transformation ; enfin dépôt avec récépissé et warrant, négociables à la Banque de France, comme des effets de commerce ordinaires. La Société s’interdit expressément toute opération de commerce ou de spéculation sur les soies ou autres marchandises, toute vente privée de gré à gré et toute avance à découvert.

De ces trois fonctions, la dernière devait être en principe la plus importante. Mais si l’on excepte certaines périodes exceptionnelles, comme celle des débuts de la guerre, on constate que les avances faites ainsi sur warrants ont toujours été faibles. Les habitudes de discrétion, chères au commerce lyonnais, ne permettent pas au prêt public de se

(1) Ges statuts ont été imprimés, de même que ceux de l’Union des Marchands de soie,

développer. Personne ne veut avoir l'air d'emprunter pour faire ses affaires. On conserve une défiance instinctive à l'égard de toutes les institutions officielles. Etant donné que les autres Banques pratiquent, ,en cas de besoin, des opérations analogues, l'intervention de la Banque de France n’est pas indispensable et la vie des Magasins Généraux est assez difficile. On avait pensé aussi que, la pratique du magasinage simple étant entrée dans les mœurs, de véritables stocks s’accumuleraient, classés par origine et catégorie, ce qui permettrait d’avoir une idée plus nette des disponibilités et une impression plus concrète du marché (1). C’est peutêtre justement pour ces raisons que la méthode a paru dangereuse, bien qu’elle présente en elle-même des avantages et qu’elle soit pratiquée sur d’autres places.

Les stocks, entreposés aux Magasins Généraux, n’ont jamais été nombreux dans ces dernières années. De 3.266 balles seulement au 30 juin 1914, ils passaient à 5.208 balles au 30 juin 1915, par suite de l’arrêt des fabriques et de la mévente, qui obligeait à chercher des capitaux. Puis, une nouvelle dépression correspondait à la reprise des affaires, et, sauf quelques fluctuations, ne cessait de s’accentuer. Les stocks tombaient très au-dessous de 1.000 balles, en 1921 et 1922, les dates de juin étant d’ailleurs des minima, à la veille des grandes récoltes mondiales.

En raison même des caractères physiques et chimiques de la soie, les transactions ne peuvent offrir de garanties, comme on sait, que si elles s’accompagnent d’un contrôle technique sérieux.

A vrai dire, les marchands de soie, dans leurs opérations d'achat, sont souvent obligés de n’être pas très exigeants sur la qualité des matières premières. Dans les périodes où le commerce est actif, ils acceptent, à des prix d’ailleurs

(1) Albert Ronpor : Essai sur le commerce de la soie en France, p. 67,

plus ou moins réduits, tout ce qu’on leur apporte. Un contrôle rigoureux sur l’état hygrométrique de la soie, est impossible dans certaines régions, faute d’installations spéciales.

Même en Extrême Orient, l’usage du conditionnement est

récent. Il vient à peine de s’introduire en Chine. Il est peu répandu au Japon, ce qui explique les chiffres extraordinairement faibles de la Condition de Yokohama, dont le mouvement, en 1921, ne représentait que 3.243.210 kilos. La vérification se fait d'ordinaire dans les maisons d’exportation, et ce service s'appelle inspection. Ce contrôle est indiqué par des lettres sur les balles de soie (M. F. C. : Madier frères et Cie, inspection française. — J. M. C. : Jardine, Matheson and C°, inspection anglaise. — $S. R. C. : Sulzer, Rudolph et Cie, inspection suisse.) Tel client d'Europe donne la préférence à telle marque, plutôt qu’aux autres. .. Ces inspections ont souvent fort à faire en Chine, car beaucoup de soies arrivent par jonques, en tas, ou mêlées à d’autres objets. Cependant, l’outillage de vérification est quelquefois des plus sommaires. Il est vrai que les Orientaux,. avec le seul secours des sens, arrivent à reconnaitre les défauts d’une fibre, simplement d’après l’aspect qu’elle à à l'œil, les vibrations qu’elle donne à loreilie, et même la saveur. qu’elle présente à la bouche, A Canton, par suite de l’humidité du climat, les grèges passent, avant l’achat, dans des chambres de séchage. Il est également d’usage d’accorder une déduction de 3 % sur le poids net des balles. Le déficit atteint rarement cette proportion. Même au Japon, on ne recourt au conditionnement que dans les cas les plus suspects.

A la vente, dans les marchés de consommation, le contrôle est beaucoup plus rigoureux ou du moins il l’est devenu, car, autrefois, il laissait encore plus à désirer qu'aujourd'hui dans les centres de production. À Lyon, le conditionnement des soies est passé par trois phases essentielles.

D'abord, jusqu’au milieu du xvirr° siècle, c’est le néant à peu près complet. Cet état de choses est d’autant plus extraordinaire que le marché lyonnais est, déjà à cette époque, le plus important de l’Europe et que le climat de Lyon présente des inconvénients incontestables pour la manipulation des soies, En hiver, l’atmosphère, obscurcie par le brouillard,

imprègne d’eau les vêtements, à plus forte raison la soie. En été, les chaleurs sont souvent extrêmes.

Les matières soyeuses, qui arrivaient en été des pays méditerranéens ou du Levant, prenaient une plus-value intéressante rien qu'en attendant l'hiver, On se bornait à vendre la soie au poids brut, en livres, onces, deniers, comme une autre marchandise. Depuis la fin du xvrr° siècle, un poids public de la soie garantissait l'acheteur sur le poids brut, mais pas sur le poids réel. L'usage italien du « don » corrigeait à peine cet abus. Le vendeur consentait à l’acheteur un rabais, qui représentait l’excédent possible d’eau. Alors on chicanait sur le don. L’acheteur le trouvait toujours trop faible et le vendeur toujours trop fort. Ce n’était pas une base rationnelle de discussion. On employait aussi les chambres d’aération et de séchage, c’est-àdire que la soie restait étendue sur le carreau d’une chambre bien aérée, avant de passer au poids public. Mais les conditions hygrométriques variaient suivant le temps, et les contestations restaient vives.

Le titrage n’était pas regardé comme moins nécessaire. C’est une opération plus aisée, mais que l’on réalisait alors d’une manière assez gauche, On enroulait sur l’ourdissoir une portée de 80 fils de 120 aunes de longueur, soit 9.600 aunes. La grosseur du fil était calculée d’après le poids en deniers (1 gr. 2747).

Dans la seconde moitié du xvirr° siècle, une nouvelle phase commence, Des procédés mécaniques, plus satisfaisants, apparaissent à Lyon, importés d’Italie. Dans le titrage, on employa désormais des éprouvettes, d’un diamètre déterminé, qui tournaient en enroulant le fil de soie, Un compteur enregistrait le nombre de tours. Les longueurs de fils devenaient 24 fois plus petites, soit 400 aunes ou 476 m., et les poids 24 fois plus légers, c’est-à-dire que l’on prit comme unité le grain (0 gr. 531), au lieu du denier. C’est un mécanicien de Turin, Mathey, qui aurait apporté cette méthode à Lyon, en 1775.

A peu près à la même époque, un riche marchand de Lyon, qui s’intéressait aux sciences physiques et naturelles, comme beaucoup de ses contemporains, Jean-Louis Rast-Maupas, apportait en France des procédés moins empiriques de conditionnement. Au retour d’une exploration scientifique au

Vésuve, il visita la Condition publique des soies de Turin, qui, remarquons-le, fonctionnait à titre privé, depuis 1684, et à titre officiel, depuis 1724. La soie passait par des chambres de séchage, puis des chambres de refroidissement, où elle était censée revenir à son état normal. La méthode était rudimentaire et ne servait que pour les ouvrées, car on craignait de détériorer les fils de grège en les accrochant dans ces salles de conditionnement.

Rast-Maupas imagina quelques améliorations. Au lieu d’accrocher les soies, il les étendait dans des tiroirs grillagés, disposés eux-mêmes à l’intérieur d’armoires grillagées, où l'air circulait librement et sur lesquelles les déposants pouvaient apposer leur sceau pour plus de sécurité. Mais on ne parut pas, à Lyon, attacher beaucoup d’importance à ces nouveautés. Rast-Maupas ne put fonder qu’une Condition privée, qui rencontra des concurrents et fonctionna mal. Alors, à la demande de la Chambre de Commerce, le décret du 23 germinal an XIII (5 avril 1805), décida qu’il n’y aurait plus, à Lyon, qu’une seule Condition ; que l’entreprise, assimilée aux bureaux des poids et mesures, ne pourrait être une industrie privée, mais fonctionnerait sous la direction et la surveillance de la Chambre. ;

Celle-ci mit au concours la construction d’un édifice spécial, où les architectes devraient assurer un état hygrométrique aussi constant que possible, en réduisant au minimum ie péril d’incendie et les possibilités d’effraction. Comme emplacement, on crut nécessaire de choisir le centre du quartier soyeux de ce temps-là, c’est-à-dire le quartier des Capucins, sur les pentes de la Croix-Rousse, dans la rue de l’Oratoire, aujourd’hui Saint-Polycarpe. Ce furent les plans de l’architecte lyonnais, Joseph Gay, qui furent adoptés. La première pierre était posée le 6 juin 1809. La construction ne fut achevée qu’en 1814.

Dans l’ensemble, la Condition de Lyon copie visiblement la redoutable architecture du palais Strozzi, de Florence. Mèmes murailles énormes, percées de rares fenêtres ; même lourde corniche. A ces caractères, qui s’adaptent assez bien à la destination du bâtiment, s'ajoutent des éléments de décoration, qui symbolisent aussi les origines italiennes et toscanes de la soierie lyonnaise et s’inspirent des motifs de l « Arte della Seta », que Donatello et Andrea della Robbia

ont popularisés et que l’on retrouve au palais Carpaccio, ainsi qu’à l’église Saint-Michel. Cette construction symbolique fut vraiment la forteresse de la soie, abritant ses trésors contre les variations de température et d'humidité, contre les incendies ou même les perturbations politiques.

! La méthode de conditionnement, suivie d’abord, fut celle de Rast-Maupas. Mais elle était loin de donner toute satisfaction, en raison de l’humidité du climat lyonnais. C’est seulement vers 1842 que l’on arrive à la phase décisive et vraiment scientifique, avec la méthode de l'ingénieur Léon Talabot, ou méthode à l’absolu, qui consiste à ramener, grâce à des appareils spéciaux, par une dessication absolue, les textiles à l’état anhydre, puis à leur restituer la quantité d’eau considérée comme normale et qui s'appelle taux de reprise : 11 % avec la soie, la schappe et les fils de tussah ; 18 % % avec la laine; 8 % % avec le coton. Ainsi toute sécurité est assurée, quel que soit le textile employé et quel que soit le temps. Au lieu de procéder sur l’ensemble des écheveaux, comme précédemment, on se borne à prélever trois lots d'échantillons par balle.

Désormais, l’usage du conditionnement devient général et se complique d’autres services, destinés au contrôle des divers textiles ou des diverses opérations de filature, d’ouvraison, de teinture, de dévidage: en 1855, conditionnement de la laine; en 1888, conditionnement du coton (1); décreusage de la soie,

en 1855 ; titrage, en 1856 ; laboratoire de chimie, en 1876. La Condition n’est concurrencée aujourd’hui que pour lé titrage. Lyon conserve, en effet, quelques essayeurs privés (2). Enfin, depuis l’année 1884, fonctionne un laboratoire d’études de la soie, doté d’un matériel d’expériences, d’une bibliothèque et d’un remarquable Musée sérique. Les savants, attachés à ce service, ont entrepris des recherches scientifiques, d'ordre théorique et pratique, sur les insectes séricigènes, les maladies qui les menacent et les matières textiles qu’ils pro-

(1) Un service analogue a été créé à Roanne, dans la région cotonnière.

(2) Marchands de soie et fabricants de soieries avaient même créé une entreprise commune : l’Essai de soie des Fabricants et des Marchands réunis, qui devait abandonner ses profits aux deux syndicats et à leur caisse de secours, et qui rapporta ainsi à l’Union des Marchands la somme de 110.000 francs pendant la période 1890-1907. Mais la décadence fut rapide. L’organisation à disparu. ;

duisent, de manière à contribuer aux progrès de la sériciculture et des industries annexes. Leurs travaux sont consignés dans une collection de mémoires, qui atteint déjà son quinzième volume. C’est donc, dans la mesure du possible, un petit Institut lyonnais de la soie.

On attribue généralement une grande importance aux chiffres de conditionnement et de pesage. On les considère comme le baromètre du marché de Lyon. Il y a, toutefois, des restrictions à faire. Le conditionnement n’est pas obligatoire à Lyon, même pour les soies, qui partent à l’étranger. Souvent celles-ci sont conditionnéés à Milan, Zurich ou Bâle. D’autre part, les soies de la consommation locale, qui vont à la Condition, n’y figurent qu’une fois, si elles sont employées en grèges. Mais, si elles sont transformées en ouvrées, elles passent une seconde fois. Ainsi, dans les périodes où le moulinage est actif, les chiffres de la Condition augmentent : dans le cas contraire, ils diminuent sans que la consommation ait suivi les mêmes fluctuations. La pratique du conditionnement, bien que très répandue à Lyon, l’est cependant moins qu'à Milan, mais beaucoup plus qu’à New-York. Ici, les achats portent sur. des types de soie plus uniformes et sur des quantités plus considérables, 50 balles au moins (1). Le seul véritable baromètre d’un marché, c’est, comme on le verra, la balance des importations et des exportations (2).

Avant le procédé Talabot, les chiffres de conditionnement à Lyon étaient faibles et ne dépassaient pas sensiblement une moyenne de 700.000 kilos, dans les années 1836-1840. Avec le procédé Talabot, ils s'élèvent presque immédiatement à plus de 1.200.000 kilos, et les soies grèges apparaissent à côté des ouvrées. Dans les années 1876-1880, les grèges passent au premier plan et, dès lors, ne cessent pas d’accroître leur supériorité, de même que les chiffres d’ensemble ne cessent pas de grandir. Dans la période tout à fait actuelle, les résultats sont les suivants :

Années Grèges Ouvrées \ Diverses Total

(1) Cf. Léo Duran : Raw Silk.

(2) Gf. Chapitre VII $ 1. Marchés français et marchés étrangers.

Il y aurait ainsi deux maxima, l’un avant la guerre, l’autre après, avec deux périodes de dépression. Ces fluctuations correspondent à peu près à l’allure générale du marché de Lyon.

En dehors de ces chiffres globaux, la Condition donne des indications intéressantes sur l’origine des matières premières. La proportion centésimale en poids des diverses provenan-

ces, s'établit ainsi, à certaines dates caractéristiques :

1985004021 1913 1921 France .... . .. 6.90 8.19 | Bengale... ... 0.92 0.44 Espagne ...... 0:83", 0:5611 Cachemire +: 451! 0:77 Piémonte.: ci. 0.80 0 76 | Indo-Chine..... n. 0 32 | PET CN Re Sr 2328191492 MChiness Fa. 19 52 27.74 Hongricsese 21025, 10:20 Canton. 1. RTL Brousse ...... 002 122 |MJapon.. 72 CM 03 DYTIS roy ter D LOT Tussah 5.1.4" 8.55 4.69

On retrouve entre ces chiffres et le rendement des diverses : productions séricicoles du monde, un certain parallélisme. Le détail des autres opérations a moins d’importance. Dans l’ensemble, l’activité de la Condition a diminué, car l’action extérieure du marché lyonnais a faibli, comme on le verra. Au contraire, les dépenses ont augmenté. Il a donc fallu relever les tarifs. Pour le conditionnement de la soie, on est passé de 0 fr. 10 par kilo à 0 fr. 14, puis à 0 fr. 20. Dans les contrats, ces frais se partagent entre acheteurs et vendeurs.

Si la Condition de Lyon a été la première à employer certains procédés scientifiques, comme le procédé Talabot, il y a longtemps que ces méthodes ont été imitées et quelquefois perfectionnées à l’étranger Il règne aujourd’hui une grande uniformité entre les principaux marchés de la soie. Pour accroître encore cette uniformité, des congrès internationaux ont été convoqués. Celui de Paris, en 1900, s’est occupé du titrage et du numérotage. Mais alors qu’il aurait été plus rationnel de se conformer au système métrique, c’est le titre italien, qui est devenu titre international de la soie, à dater du 1‘ janvier 1903, avec les unités suivantes : 450 m. et 0 gr. 05. De même, les directeurs des principales conditions européennes des soies, laines et cotons, ont formé une association internationale et décidé de se réunir chaque

année (1). Ils étudient en commun les perfectionnements à apporter, soit au conditionnement lui-même, soit aux opérations annexes (2). En même temps, ils prennent contact avec les marchands de soie et les fabricants de soieries de chaque pays. Ces discussions professionnelles ont permis de simplifier le commerce de la soie, de réaliser, pour le plus grand profit des transactions soyeuses internationales, une véritable unification des méthodes et règlements, plus ou moins comparable à celle des poids et mesures. Ces réunions, que la guerre avait interrompues, ont été reprises à Brünnen (Suisse), en 1922.

Ainsi, la Condition de Lyon ne travaille pas dans des conditions différentes des autres établissements du même genre, et le marché local ne peut trouver là aucune cause de supériorité. Ce qu’il faut dire, au contraire, c’est que des transformations radicales s'imposent. La Condition de Lyon ne peut plus rester sur les pentes de la Croix-Rousse, où semble la retenir le respect exagéré d’une longue tradition historique. C’est un monument incommode et insuffisant, où des ser-' vices trop nombreux s’accumulent, où la place et la lumière font défaut, où les camions n’accèdent des Terreaux que par des rampes difficiles.

L’émigration est devenue nécessaire. Elle a été longtemps différée. C’est seulement en 1913 que la Chambre de Commerce a acheté, aux Brotteaux, à proximité du Rhône, sur territoire des Hospices, deux vastes emplacements complémentaires, de chaque côté de la rue de Créqui. Ce ne fut pas, d’ailleurs, sans résistances. L’opinion était hostile à ce transfert du temple de la soie au delà du Rhône, dans les faubourgs du nouveau Lyon, hors du quartier traditionnel. En attendant que la nouvelle Condition fût construite, une annexe était établie, en 1913, quai de Retz, à l’angle de la place Tolozan, en plein quartier soyeux, spécialement à l'usage des grèges asiatiques. Mais la guerre a eu le résultat fâcheux de remettre à une date indéterminée l’aménagement

(1) Soit dans un centre soyèux : Elberfeld 1898, Milan 1899, Lyon 1900, Zurich 1901. soit dans des localités quelconques : Montreux, Interlaken.

(2) Depuis l’année 1914 le décreusage est pratiqué dans toutes les Conditions à l’eau distillée, pour éviter les différences provens ce la composition variable des eaux naturelles dans chaque

ocalité. : ,

de la nouvelle Condition. Il est à souhaiter cependant qu’elle soit installée le plus tôt possible, moins florentine et moins artistique peut-être d’aspect, mais plus en rapport avec l’importance du marché lyonnais, et plus capable de soutenir la comparaison avec les aménagements grandioses des Italiens à Milan. Le local du quai de Retz servirait de lien entre la nouvelle installation, un peu excentrique, et la clientèle du vieux Lyon.

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