‹ Lyon et le Commerce de la SoieChapitre 44 sur 55 · MARCHÉS ÉTRANGERS PAG · texte numérisé non relu

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cher ce qu’elles ne peuvent pas trouver ailleurs, des soies italiennes.

C’est à cet article, à peu près unique, que le marché de Milan est aujourd’hui réduit. Il y a donc restriction dans les ‘variétés de soies plus encore que dans les quantités exportées. Ce phénomène est à souligner. Déjà, avant la guerre, les soies asiatiques tenaient peu de place dans le commerce milanais. Pendant la première décade du présent siècle, on comptait seulement 36.000 balles de soies asiatiques, y compris les tussah, contre 2.700 balles de soies du Levant et 64.000 balles de soies européennes, surtout italiennes. Depuis la guerre, les importations de soies étrangères sont tombées à des chiffres insignifiants. Par suite de la faiblesse de ses moyens financiers, Milan a dû renoncer à faire des affaires avec l’Extrême Orient, où la hausse exorbitante des changes exigeait la mise en œuvre de capitaux toujours plus élevés. ai a dû, comme autrefois, recourir à la collaboration du commerce lyonnais. Les tentatives d’émancipation, qui avaient marqué la période d’avant-guerre, ont pris fin.

Cette pauvreté des espèces se reflète dans la Cote officielle de Milan. A la place d'honneur, on voit toute la série des soies italiennes, grèges, organsins, trames à deux bouts. Les soies étrangères sont assez mal représentées par quelques échantillons du Levant, de Canton, de Chine, du Japon, ou par quelques Tussah. A cette liste s’ajoutent des variétés plus nombreuses de cocons : cocons jaunes d'Italie, jaunes ou blancs des Balkans, du Levant ou du Turkestan. En somme ce que l’on trouve, c’est essentiellement la production locale. Sur ce point, le marché de Milan n’a pas grand mérite à maintenir ses positions. Il est à classer maintenant parmi les centres de production, plus encore que parmi les centres de répartition. Il est à cet égard, plus voisin des marchés japonais et chinois que des marchés français. Ici encore son évolution actuelle est inverse de Lyon. Il n’est pas exagéré de dire que sans la sériciculture italienne, il aurait presque cessé d’exister. Il a donc été éprouvé par la guerre autant que le marché de Lyon.

En dehors de Lyon et de Milan, les autres marchés européens ont aujourd’hui moins d’importance que jamais. Les marchés autrichien et allemand sont à négliger depuis la

guerre. Le marché suisse est lui-même très affaibli, comme le prouvent les chiffres qui suivent :

En mille kilos : 1913 1919 1921

Conditionnement à Bâle et à Zurich. 2.231 sait 1.310

THDOrTATION RAS AN EE RARES 2,819: 11.800 2"1:009 EXDOLATION EEE PAPER CN CRE 847 400 325 Consommation ..... Re er 1.972 1.400 684

Ces chiffres reflètent la décadence des industries suisses. D’autre part, bien que des organisations suisses importantes existent aujourd’hui, même en Extrême Orient, le marché de Zurich reste tributaire en grande partie de Lyon et de Milan.

En Angleterre, les docks de Londres sont bien déchus (1). I1 fut un temps, vers 1860, où ils réunirent jusqu’à 65 et 70.000 balles, chiffres extraordinaires pour l’époque et qui représentaient le double du trafic lyonnais. Mais après l’ouverture du canal de Suez le trafic tombait déjà au-dessous de 50.000 balles. Au début du siècle actuel il n’arrivait plus qu’à 7 ou 8.000. En 1921 les importations étaient seulement de 200.000 kilos de soies grèges et 175.000 kilos d’ouvrées, avec des exportations insignifiantes de 35.000 kilos au total. Si les docks de Londres reçoivent encore directement des maisons anglaises d’Extrême Orient quelques soies de Chine et du Japon, ils sont tributaires de l’étranger pour tout le reste.

On voit ainsi combien la part de l’Europe devient faible dans le commerce mondial de la soie. Le temps n’est plus où les deux marchés de Lyon et de Milan rassemblaient à eux seuls les trois quarts des soies livrées au transit ou à la consommation. En 1913 ils ne recevaient déjà plus que 15 millions de kilos sur 27. En 1919 les quantités s’abaissaient à 10 millions de kilos sur 27, en 1921 à 7 millions sur 29,

Hors de l’Europe, épuisée par une guerre de quatre ans, les choses changent d’aspect avec le marché de New-York, ‘dont l’activité se résume dans les chiffres déjà connus de la consommation américaine, jusqu’à dépasser 20 millions de kilos en 1921. Ce sont des données formidables, qui écrasent

(1) Cf. Marius MoranD, op. cit.

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