SOIE ARTIFICIELLE
tions de guerre. Cinq usines sur sept furent d’abord fermées. Seuls les deux centres d’Izieux et de Saint-Chamond travaillaient avec une main-d'œuvre très réduite. Puis la consommation devenant intense, la plupart des fabriques ont repris le travail. En 1916 la production était inférieure de moitié à celle de 1913. En 1920 seulement on est arrivé à égalité. En 1921 le chiffre de 2 millions et demi était atteint. Il était très inférieur aux besoins toujours croissants de la consommation, Certains tissages ont manqué de soie artificielle. I1 a fallu faire appel aux usines étrangères. Après avoir eu l'initiative de la fabrication, cette industrie française n’occupe actuellement dans le monde qu’un rang secondaire et n’est plus en rapport avec l’importance de nos industries textiles (1).
Aujourd’hui toutes les grandes puissances ont une production plus ou moins considérable de soie artificielle. L’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique, la Suisse, ont été les premières à concurrencer et à distancer la France. Puis, la Hollande, l’Autriche, l'Italie, l'Espagne, l’Amérique et même le Japon ont suivi, empruntant l’une ou l’autre des trois méthodes principales de fabrication, surtout la seconde et la iroisième. Avant la guerre la production de l’Angleterre était évaluée à plus de 5 millions de kilos et celle de l’Allemagne à plus de 2 millions. Ces deux nations, en raison de leur forte organisation industrielle, nous avaient rapidement dépassés. Actuellement l’Allemagne,. à défaut de la soie naturelle, qu’elle ne peut plus acheter qu’à des prix exorbitants, aurait atteint le chiffre de 3 millions et demi de kilos. En Belgique, les usines de Tubize, annihilées pendant la guerre, font un gros effort et par le cumul des différents modes de fabrication, portent leur production à 6.000 kilos par jour. En Amérique les progrès sont rapides : 700.000 kilos en 1913, 2 millions en 1916, 3.600.000 en 1919, 6.750.000 en 1921.
La production totale de soie artificielle dans le monde, qui était avant la guerre d’une dizaine de millions de kilos, serait aujourd’hui de 30 millions, chiffre égal à celui de la soie naturelle, mais avec un volume inférieur, la fibre artificielle étant plus lourde que la fibre naturelle. C’est un renfort énorme qui dépasse en quantité les déchets de soie et qui tend à dépasser la soie du bombyx elle-même.
(1) Cf. les comptes rendus de la Chambre de Commerce.
-Ces fabriques forment des groupements nationaux ou internationaux. Des communautés de brevets facilitent les ententes, destinées en principe à régler la production et en pratique à soutenir les prix, En France un Comptoir des Textiles artificiels unit les usines, qui emploient le procédé cuproammoniacal. ;
Dans la vente aux fabricants de soieries, les industries de la soie artificielle peuvent employer deux procédés. Ou bien elles ont recours à l’intermédiaire de marchands de soie, qui sont leurs représentants. Certains marchands de Lyon représentent ainsi des marques françaises ou étrangères. Ou bien elles ont des agents et des comptoirs qui opèrent directement. C'est le cas du Comptoir des Textiles artificiels. Le trafic échappe alors complètement au commerce de la soie.
En France la soie artificielle a valu jusqu’à 34 francs le kilo. À la veille de la guerre, elle valait de 9 à 15 francs, suivant les catégories. Depuis cette époque, si l’on prend comme type la viscose 1°’ choix, titre 150, on constate des fluctuations sensiblement analogues à celles de la soie. Une hausse continue a fait monter les prix à 125 francs en marsavril 1920, puis en août 1921 ils retombaient à 40 francs, pour revenir aux environs de 70 francs à la fin de l’année 1922. Ce sont des taux, inférieurs même à ceux de la schappe, ce qui explique la vogue de la soie artificielle,
Au point de vue douanier, ce textile présente cette particularité en France, qu’il n’est pas considéré comme une matière première. Les droits, établis en 1892, approchaient 10 francs par kilo. C’était une protection qui atteignait le tiers de la valeur et qui arrêtait toute importation. Ils ont été réduits, dans les années qui ont précédé la guerre, à 7 fr. 50 (tarif général) et 5 francs (tarif minimum). Depuis 1914, il y a eu des fluctuations. D’abord augmentation. Le coefficient 4,7 a même été appliqué à toutes les catégories de fils artificiels. Ensuite diminution, avec le décret du 5 avril 1922 :
Tarif général Tarif minimum Coefficient
Fils purs simples écrus. 2.000 fr. par 100 kg. 500 fr. 2,5 — : — — teints. 2.600 » —— 650 » 3 — — moulinés .... 2.600 » — | 65055 — mélangés : régime et coefficients de la partie du mélange
la plus imposée,