LAINES ÊT COTONS
À l’étranger, la soie artificielle est assimilée généralement aux soies grèges et ouvrées. Sauf dans certains pays comme l'Amérique, les droits sont faibles. Par exemple, en Italie, le tarif provisoire de 1910 admet en franchise la soie artificielle, simple, moulinée ou torse, pourvu qu’elle ne soit pas teinte. Dans ce dernier cas seulement elle est frappée d’une taxe de lires 50 par quintal. Le tarif de 1921 n’impose aux diverses catégories de fils artificiels qu’un droit de lire 1 par kilo, avec le coefficient 0,5. Ainsi les Italiens redoutaient moins que nous la concurrence que ces produits pouvaient faire à leurs récoltes, cependant plus abondantes et d’un intérêt plus national que les nôtres.
L’allure des importations et exportations a beaucoup varié en France depuis une dizaine d’années. Avant la guerre, les importations étaient faibles: 2.000 kilos en 1913, contre 360.000 kilos aux exportations. Aujourd’hui au contraire les importations l’emportent, en raison de l’activité de la demande intérieure et de l’abaissement des droits de douane : 430.000 kilos aux importations en 1921 contre 292.300 kilos aux exportations, soit 140.000 kilos, qui ont profité à la consommation intérieure.
Par suite de l’insuffisance de la production française, il a même fallu en 1921, surtout à la demande des industriels du nord et de l’est, autoriser l’admission temporaire des soies artificielles belges pour les tissus destinés à l’exportation, afin d'éviter l’arrêt de certains tissages. Ces mesures, indispensables, ont cependant rencontré l’opposition, non seulement des fabricants de soie artificielle, mais des représentants au Parlement des régions séricicoles, qui s’imaginent qu’en entravant l’emploi de ces matières premières annexes ils arrèteront le déclin de la sériciculture française.