‹ Lyrisme et Structures Sonores: Nouvelles méthodes d'analyse des rythmes appliquées à Atala de ChateaubriandChapitre 21 sur 77 · U — UUU- UU- UU- UU · texte numérisé non relu

U — UUU- UU- UU- UU

MOUVEMENT DE L'ENSEMBLE. Après les corrections, le mouvement suivant s'est conservé (à un détail insignifiant près, dans la partie du milieu) :

Si l’on regarde la structure tonique des pieds, on rencontre la succession suivante de vers semblables :

1) un vers; deux semblables; un vers; deux semblables ; un vers.

2) un vers; trois semblables ; un vers; deux semblables (deux dissemblables, dans D).

3) un vers; deux semblables ; un vers; deux semblables; un vers.

1 et 3 ont, à ce point de vue, même structure; et chacune de ces structures est symétrique.

Ces deux structures symétriques, images l’une de l’autre, occupent donc le commencement et la fin de l’ensemble. On peut encore noter que le premier vers et le dernier vers de l’ensemble se répondent aussi dans cette symétrie ; ils sont semblables (six pieds chacun) et ious deux féminins :

Si tout est silence et repos dans les savanes de l’autre

[côté du fleuve, à ceux qui n'ont point parcouru ces champs primitifs

[de la nature.

Je dépérissais à vue d'œil OST SET (D 936 ID:

.…. ‘je dépérissois à vue d'œil ?.

Tantôt je demeurois immobile des heures entières, à contempler la cîme des lointaines forêts;

tantôt on ne trouvoit assis au bord d’une onde :, que je regardois tristement couler ÿ :

je me peignois les bois à travers lesquels cette onde avait et mon âme était tout entière à la solitude. (passé,

CorrecTions I. Je dépérissais 2: tantôt 3 pendant des heures,, 4 d'un fleuve 5. Je 4 et 3 ne changent rien à la métrique, 3 y change peu de chose; mais 1 et 2 forment ensemble une correction rythmique des plus remarquables, comme on va voir. Examinons le texte de O, avec la ponctuation de D. D en diffère d’ailleurs tout à fait peu.

ANALYSE

Devant cette remarquable symétrie ternaire, qui n'est guère modifiée dans l'édition définitive, nous notions à un moment où nous n’avions pas en mains le texte de l’originale :

« La petite phrase d'introduction, collée à un ensemble dont elle fait maintenant réellement partie : cf. Beethoven. »

On sait que l’Adagio Sostenuto, Son. Op. 106, commençait sans les deux mesures, cette espèce d'anacrouse, qu'on ÿ voit maintenant.

La sonate était déja envoyée à Londres, pour être publiée, quand Beethoven ajouta ces deux mesures, qui viennent se coller aux régularités préexistantes.

Il est en effet arrivé quelque chose d’analogue ici. Dans l'édition originale, la partie symétrique forme une seule phrase. Le rythme exact ne s’est établi que là. Cette perfection du rythme détache ce bref poème de l’ensemble ; comme nous verrons plus tard se détacher, pour la même raison, des chant d'Atala.

Mais, en D, Chateaubriand s’aperçoit que l'intuition a commencé un peu avant. Il détache ce fragment de la phrase précédente, et trouve meilleur de le coller ici en anacrouse.

Page 1