LA NUIT ÉTAIT DÉLICIEUSE
Et pourtant c’est encore une ponctuation rythmique que d’avoir effacé aussi l’autre virgule, que la grammaire ne condamnait pas : «... je ne sais quelle harmonie lointaine, qui régnait. » Il ne veut pas qu’on s’autorise, pour séparer en vers, d’une ponctuation incomplète ; et alors il préfère n’en mettre pas du tout.
Ceci semble confirmé par la correction de la 2° strophe : « flottait » est remplacé j'ar « descendait »; mais une virgule rythmique, qui était avant « flottait », a maintenant disparu. Cette petite correction, rythmiquement une syllabe ajoutée, ne change pas le caractère de la strophe, d’être formée de 3 vers : avec ou sans virgule les indiquant au lecteur. De même, la strophe 3, après suppression des deux virgules, est restée formée de 5 vers.
Seulement, dans la deuxième strophe, où finit maintenant le deuxième vers? Dans la première rédaction, on avait le type ternaire fréquent, d’une masse moindre (8 syllabes) contenue entre deux masses lourdes, 14 et 13 syllabes.
Maintenant, il semble bien qu’un nouveau type rythmique a prévalu. « Descendait » est attiré vers le deuxième vers, par la possibilité d'y former un troisième pied égal à ceux qu'il y avait déjà, la virgule métrique devrait être mise ainsi :
«et sa lumière gris de perle descendait, sur la cime indéterminée des forêts » : cf. O : «perle, flottait sur. ».
La est la césure qui peint : grâce à laquelle « descendait » est bien meilleur que « flottait ». Sans le déplacement du silence, la substitution du mot eût changé
peu de chose; et en mal, plutôt : « et sa lumière gris de perle, descendait sur la cime... » A un mot flou, aérien, le peintre eût substitué ce mot, inefficace dans cette position, disant un mouvement sans le signifier. :
Et alors, si les virgules rythmique ont disparu, ce n’est pas parce que les strophes ont moins de vers; c’est pour éviter une ponctuation indiscrètement rythmique, dans un endroit où elle n’eût pas été aussi facilement escamotée qu'ailleurs. Ces silences s’imposent d’eux-mémes à tout lecteur attentif; et alors, il y a même avantage à ne pas couper ces strophes pures et continues de silences trop remarqués.
Nous examinerons D, état définitif du texte de O, très peu remanié, presque pas du tout dans les deux dernières strophes; et partout, rythmiquemerit.
Fixs pes vers. Voici les fins de vers :
1) Délicieuse, bleue, pins, ambre, fleuve : on remarque les trois terminaisons féminines assonancées en eu; et les deux autres vers, en in, an.
2) Tache, descendait, forêts : les deux vers masculins assonancés en é.
3) Entendre, lointaine, bois, solitude, désert. Peutêtre peut-on rapprocher les deux premiers : endre, aine.
On voit que, au pied final près, La deuxième strophe reprend l'alternance des vers masculins et féminins de la première :
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