‹ Lyrisme et Structures Sonores: Nouvelles méthodes d'analyse des rythmes appliquées à Atala de ChateaubriandChapitre 47 sur 77 · L'AURORE PARAISSANT · texte numérisé non relu

L'AURORE PARAISSANT

(1) L’aurore paraissant derrière les montagnes, les on des répétaient les feux colorés du ciel.

(H) L’astre annoncé par tant de splendeur, sortit enfin d’un abîme de lumière, et son premier rayon rencontra l’hostie consacrée

(IV) Non, je ne doute point qu'au moment on nous [tombâmes la face contre terre, et que Dieu ne descendît sur toutes les forêts, car je le sentis descendre dans mon cœur.

(1) (0 GE (HS AA CE CAURIUR= Ur æ LA SU eV CS AT AE EAU AIS

(1) : Don ee LOL TN ELA 19,8 LOL EME SE

KLAUS CUP CHU = Cy= KIMI

(IV) a CACACRCrEe COR E Le GAUEUrIE= AIO CSC CC COACLUE= CL CACHE CACICSAUSLæ UFIE (ARE ES

Il semble qu’il y ait une évolution dans un thème de la forme vuu- vu- uuu-, précédé ou non d’un pied d’anacrouse; évolution d’ailleurs prudente, qui ne déforme le thème en un point qu’en le conservant strictement en un autre

Une autre continuité semble consister dans le fait que 16 vers sur 20 se groupent par deux, par trois vers égaux entre eux.

EqQuiciBre DES PARTIES. Elles ont respectivement 65, 49, 52, 53 syllabes; les trois dernières sensiblement

égales. C’est aussi dans la première que l'écrivain fera le plus de corrections.

Les deux premières parties équilibrent les deux dernières, avec 114 syllabes contrebalancées par 105.

Mes nuits étoient arides.

Mes nuits étoicnt arides et pleines de fantômes, mes jours étoient désolés ;

la rosée du soir séchoit en tombant sur ma peau brü- [(lante ‘;

j'entr'ouvrois mes lèvres aux brises,

et les brises, loin de m'apporter la fraîcheur, s'embrasoient du feu de mon soufile.

Correcrions dans D : Aucune. (1,;)

ANALYSE

Tout l’alinéa contenant ce passage, a été très peu

corrigé : rythmiquement, une seule correction qui

compte et deux insignifiantes. Quand Atala échappe tout à fait à l’histoire d’Atala, pour devenir l’Amante-Phèdre, qu’elle rappelle, Symèthe-alors ce qu’elle dit prend une force de vision et une valeur de chant. Le passage choisi est si parfait du premier moment, qu'il est des très rares où il n’y a aucune retouche. C’est un centre de rythmes. Avant et après, c’est l’histoire d’Atala. Ici, une vision humaine, un état pur; saisi en une phrase unique. C'est une description encore, mais au lieu des forêts lunaires, au lieu de « la voûte du ciel au-dessus de la tête », « la loi morale au fond du cœur ».

Un point-virgule, dans O, est devenu une virgule, dans D : afin de ne laisser aucun doute sur la séparation en strophes.

Elle est de la forme ternaire long-bref-long, avec la dernière masse très alourdie : 19, 15, 27 syllabes.

Les masses en position symétrique se ressemblent, comme essentiellement formées l’une et l’autre de trois vers à la fois égaux et semblables entre eux.

On voit iei comment les vers blancs égaux ne sont pas enfilés, pour leur vertu propre, comme chez Vauvenargues ou Joubert, qui avaient de curieuses idées sur la poésie; ainsi, dans la première strophe, on a deux vers de Ü syllabes, puis un de 7 : mais cela est expliqué, ou est amené, par la structure tonique : u-vuuu-, CU UC LS,

Égaux entre eux, ces trois vers seraient immodestes. C'est cette pseudo-égalité, qui masque un mouvement croissant, qui seule peut séduire l'oreille. Ce mouve-

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