cavalier combattant (Statuette de
(Musée de Xaples.)
ajoutons que rien, ni dans l'attitude ni dans le rythme, n'es! en désaccord avec ce que nous savons du style de Lysippe, il paraîtra fort séduisant de demander au bronze du Louvre les lignes générales de la célèbre statue.
Nous n'avons pas épuisé lalistedes portraits d'Alexandre que les textes attribuent au maître de Sicyone. En 334, Alexandre commençait ses longues campagnes d'Asie, et livrait aux Perses un premier combat, sur les bords du Granique. Vingt-cinq cavaliers de son escadron d'hétaires y étaient tués dans une charge. A cette occasion, Lysippe, sur l'ordre du roi, exécuta une série de statues équestres représentant les cavaliers morts sur le champ de bataille et il y ajouta la statue d'Alexandre. Érigé à Dion, en face de la côte d'Asie, le groupe fut plus tard enlevé par Métellus le Macédonique, et transporté à Rome pour orner le portique d'Octavie. Il est fort possible que la figure d'Alexandre nous ait été conservée, en réduction, dans une statuette de bronze du musée de Naples, trouvée à Herculanum (fig. 11). Si l'identification est exacte, Lysippe aurait représenté le roi, non point chargeant à la tête de son escadron, comme dans la célèbre mosaïque de Naples, mais serré de près par les Perses, et se défendant l'épée à la main. Il est revêtu de son armure de guerre ; son casque est tombé dans la lutte, laissant libre la chevelure ceinte du bandeau royal. L'épée haute, à demi tourné sur sa monture, il s'apprête à frapper. On a contesté que la statuette fût vraiment une image d'Alexandre. MM. Arndt et Schreiber n'y reconnaissent point les traits du roi, et proposent
il'v voir plutôl l'un des cavaliers qui composaient la troupe d'élite des hétaïres. Mais si la ressemblance esl médiocre, faut-il être bien exigeant pour une œuvre industrielle, exécutée à l'époque romaine? D'autres éruditsont proposé d'attribuer l'original, non pas à Lysippe, mais à son fils Euthycratès, auteur d'un Combat de cavalerie ■, qui représentai! un combat d'Alexandre. A coup sur. les grandes batailles d'Asie ont fourni à la sculpture des sujets souvent traités. I! nous suffira de rappeler la scène de la bataille d'A ihèles. qui décore une des faces du grand sarcophage trouvé à Sidon et conservé au Musée ottoman de Constantinople. L'exemple même de ce bas-relief, où la figure du roi rappelle le type de la tête d'Héraclès des monnaies d'Alexandre, nous prouve que les artistes lie se préoccupaient pas toujours d'une exactitude rigoureuse dans la ressemblance. Mais pourquoi songer ici à Euthycratès plutôt qu'à Lysippe? Les statues du groupe de Dion se trouvaient à Rome au début de l'Empire. Elles .étaient célèbres. Quoi de surprenant si un bronzier romain sYsl inspiré d'une des figures pour exécuter un de ces « bronzes d'art » dont Les' riches bourgeois d'Herculanum ainiaienl à orner leurs villas?
Pendant la période où Lysippe occupe à la cour de Macédoine les fonctions (Je sculpteur officiel, il a sans doute l'occasion de travailler pour l'entourage du roi. Jl est l'auteur d'un portrait d'Héphestion, L'ami d'Alexandre. Un autre familier du roi. Cratéros, lui commande pour Delphes un groupe de bronze que le sculpteur exécute en
collaboration avec le maître athénien Léocharès. Celle œuvre était un ex-voto commémoratif ; elle rappelait un incident qui avait mis en danger la vie d'Alexandre. Pendant une de ces chasses au fauve dont le conquérant de l'Asie se donnait le divertissement dans le parc royal de Suse, il s'était trouvé aux prises avec un lion, et Cratéros lui avait porté secours fort à propos. Le groupe de bronze représentait l'épisode. On y voyait Cratéros, le roi, ses chiens, et le lion. Les fouilles de Delpbes nous ont fait connaître remplacement où il se trouvait, et rendu tout au moins l'inscription dédicatoire, composéede dix vers. Celle-ci nous apprend que le vœu fut fait par Cratéros; mais le groupe ne put être consacré qu'après sa mort, c'est-à-dire après l'année 320. Les statues se dressaient dans une grande chambre quadrangulaire, située entre le temple et le théâtre. A en juger par la forme du socle, elles étaient disposées sur une seule ligne, se détachant sur le fond comme des figures de bas-relief.
Existe-t-il des monuments qui nous rendent les lignes générales du groupe de Delphes ? Une pierre gravée de la collection de M. A. -J. Evans, à Oxford, montre un homme nu, imberbe, tombé sur un genou et attaqué par un lion, tandis qu'un cavalier en eblamyde, la lance à la main, court sus à l'animal. Est-ce là, comme l'ont pensé plusieurs critiques, une imitation du monument dédié par Cratéros? On hésite à croire que celui-ci se fût aussi manifestement donné le beau rôle, en faisant prêter au roi une aussi fâcheuse posture. Nous sommes tenté de considérer
avec plus de confiance un bas-relief du Louvre, provenait!
de Messène, et dont M. G. Loeschcke a le premier signalé Pintérêt (fig. 12). ("es! le même sujet, mais traité différemment. Debout, la double hache levée, escorté de ses chiens, le chasseur tienl vaillamment tête au lion qui tourne la tête vers un cavalier accourant à la rescousse. La composition, objectent certains érudits, est celle (Tune frise, et non d'un groupe. Mais les fouilles de Delphes ne nous ont-elles pas appris que telle était bien la disposition des figures de bronze, alignées sur une base ? 11 reste donc fort possible que l'auteur du bas-relief s'en soit inspiré, fort librement d'ailleurs, e1 en reprenant le sujet à sa convenance.
Nous avons essayé de grouper les œuvres de Lysippc qui, par leur nature, leur date vraisemblable, appartiennent au temps où il réside à Pella et partage avec Apelle et Pyrgotèle la faveur d'Alexandre. Notre énumération serait incomplète, si nous négligions d'en mentionne]* une qui a son histoire et même sa légende. Il semble que Lysippe ait été assez bien en cour pour pouvoir offrir au roi, h titre decadeaù personnel, un petit bronzeauquel Alexandre attachait un grand prix. C'était une statuette d'Héraclès assis, mesurant un pied de hauteur. Deux poètes latins, Martial et Stace, en ont conté l'histoire. UHercules epitrapesios, comme rappelle Stace, devait son surnom à la place qu'il occupait sur la table royale, dont il faisait l'ornement habituel. Alexandre ne s'en séparait pas: c'était pour lui une sorte de fétiche inumeri). \\ l'emportait dans