‹ LysippeChapitre 9 sur 20 · Alexandre (Statuettes <le bronze (Musée du Louvre · texte numérisé non relu

Alexandre (Statuettes <le bronze (Musée du Louvre

son visage hautain tourné vers le ciel, Alexandre semblait converser avec Zeus, et revendiquer l'empire de la terre.

Les difficultés commencent lorsqu'il s'agit de désigner, parmi tant de monuments classés sous le nom d'Alexandre, ceux qui peuvent tout au moins nous révéler le mouvement, l'attitude et les lignes maîtresses du grand bronze de Lysippe. Le problème n'a encore reçu que des solutions provisoires. Pour les examiner en détail, il nous faudrait ouvrir une discussion critique, et elle ne serait point ici à sa place. Bornons-nous à signaler les documents qui ont droit à une sérieuse attention. Ce sont deux statuettes de bronze, de types fort, différents, entre lesquelles il faut choisir, et (jui ont Tune et l'autre trouvé de savants défenseurs. La première, en faveur de laquelle M. Oscar Wulff a fait valoir des arguments assez spécieux, appartient à la collection de M. de Nélidow, ambassadeur de Russie à Paris, et a été achetée à Constantinople. Le personnage est nu. 11 a la tête tournée vers sa gauche et, bien qu'un peu effacés, les traits rappellent, de loin il est vrai, ceux d'Alexandre. Le bras gauche, relevé fort haut, s'appuyait sans aucun doute sur la hampe d'une lance. L'autre main est posée sur la hanche, et ce geste donne à la figure un air d'assurance, presque de défi ; la musculature accusée avec fermeté souligne le caractère de force et d'énergie qui en est le trait dominant. Est-ce là une réplique du célèbre bronze? Les raisons ne manquent pas pour soutenir cette théorie. Le musée des Thermes, à Rome, possède une

superbe statue de bronze, où l'on s'accorde à reconnaître l'image d'un roi de Syrie, Alexandre Balas qui, en 149, usurpa le trône des Séleucides.Il est aisé d'y retrouver les lignes générales du bronze Nélidow, el l'analogie s'expliquerait sans peine par une sorte de filiation, les successeurs d'Alexandre affectant volontiers d'imiter ses gestes, son port de tête el ses attitudes. Toutefois le rythme a un caractère hellénistique, plutôt que lysippéen, cl l'identification proposée resté douteuse. Avec M. Schreiber, nous donnerions volontiers la préférence à une statuette du Louvre qui a l'avantage de posséder un état civil bien en règle, car «die provient de la Basse-Egypte ; un autre bronze du même musée, trouvé à Alexandrie, nous donne d'ailleurs une réplique du même type (fig. 10). Alexandre est représenté debout, la jambe droite ramenée eu arrière, le bras gauche relevé pour s'appuyer sur la lance. L'autre bras s'abaisse avec un geste de la main qui permel de lui donner pour support un bouclier. La tête n'esl pas sans ressemblance avec celle du buste Azara. Quant à l'attitude, elle accuse la force sûre d'elle-même, cl commente assez bien l'épigramme de Y Anthologie qui loue Lysippe d'avoir heureusement rendu « l'audace » d Alexandre (ToX^av). Une autre épigramme., composée par Posidippe, mérite d'être citée : « Jl ne faut point mépriser les Perses: on pardonne aux bœufs de fuir devant le lion. » C'est bien, en effet, la majesté royale que traduisent l'ampleur du geste et le port de Ja tète, où l'on retrouve cet aspecl léonin auquel le poète l'ail allusion. Si nous

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